Archive pour la ‘Au XIXe siècle’ Catégorie

«Reproduction photographique certifiée en 1886 d’un portrait de Louis Riel propriété d’Abraham Guay» Photo anonyme (s.d.) Source : Archives de l’université du Manitoba

 

     La rébellion du Nord-Ouest en 1885 est de courte durée. Contrairement à 1869, il n’y a pas formation d’un gouvernement provisoire insurrectionnel. Rapidement, le gouvernement du Canada expédie des militaires par chemin de fer pour mater les insurgés. Malgré quelques gains en début de campagne, les Métis et leurs alliés pieds-noirs sont défaits à Batoche. Le 15 mai 1885, Louis Riel, leur leader, «est fait prisonnier et livré à la justice des vainqueurs». Pour les orangistes de l’Ontario, Riel est l’homme à abattre afin de venger la mort de Thomas Scott en 1869.

     L’écrasement du soulèvement métis est inévitable pour permettre de compléter le chemin de fer à travers les Prairies et de finaliser l’expansion canadienne jusqu’au Pacifique. De plus, l’arrestation de Riel est l’occasion pour plusieurs Canadiens anglais de manifester leur rejet du fait français au Canada. Par exemple, le News de Toronto écrit que Riel devrait être étranglé avec le drapeau français et qu’il s’agirait de la seule utilité que ce torchon aurait pour le Canada…C’est dans ce climat que Riel est emprisonné à Regina et qu’il est accusé de haute trahison le 6 juillet 1885. Son procès débute le 20 juillet et se conclut le 1ᵉʳ août : un juré de six hommes blancs le trouve coupable. Le juge prononce alors la sentence de mort.

     Le condamné fait d’abord appel du jugement devant la Cour du banc de la reine du Manitoba puis devant le comité judiciaire du Conseil privé à Londres. Ces demandes sont toutes deux rejetées. Malgré des pétitions contenant des milliers de signatures, le gouvernement de John A. Macdonald refuse de commuer la condamnation à mort. Macdonald accepte toutefois qu’un nouvel examen médical de la santé mentale de Riel soit fait le 31 octobre 1885. Un rapport adopté sur division y affirme que Riel est sain d’esprit. Le 16 novembre 1885, Louis Riel est pendu haut et court au quartier général de la Police à cheval du Nord-Ouest à Regina.

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Plan de partie de l’isle de Monreal Reproduction d’un plan anonyme datant probablement du XVIIIᵉ siècle (s.d.) Source : Bibliothèque nationale de France

     Les rapides menant au lac Saint-Louis à partir de Montréal forment un obstacle naturel à la navigation. Dès l’époque de Jacques Cartier, ces rapides empêchent de remonter facilement le fleuve Saint-Laurent en amont de l’île de Montréal. Au XVIIᵉ siècle, les sulpiciens proposent d’aménager un canal entre Ville-Marie et le lac à la Loutre pour permettre aux canots de rejoindre Lachine, point de départ pour les expédition dans les Pays-d’en-Haut. Le projet n’est cependant pas complété. Il faut attendre la fin du XVIIIᵉ siècle pour que l’armée anglaise s’intéresse à ce projet de canalisation afin de mieux protéger le Haut-Saint-Laurent face à la menace militaire américaine après la guerre d’Indépendance. Malgré tout, après la guerre de 1812, les travaux de canalisation ne sont toujours pas complétés.

     En décembre 1818, un groupe d’hommes d’affaires de Montréal entreprend de construire le canal de Lachine. Ils adressent une pétition à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada demandant d’adopter une loi leur permettant de construire un canal sur le Saint-Laurent pour contourner le courant Sainte-Marie et les rapides de Lachine. Le 26 juillet 1819, les actionnaires de la Compagnie des propriétaires du canal Lachine élisent un comité de gestion chargé de faire aboutir le projet. Le comité est présidé par John Richardson. Il comprend aussi sept autres membres, dont François Desrivières, particulièrement actif dans ce projet. Rapidement, le comité constate son incapacité à réunir les fonds nécessaires aux travaux. En janvier 1821, la compagnie fait appel à l’aide du gouvernement qui refuse d’investir dans le projet mais le reprend son compte en mai suivant.

     Dix commissaires, dont Desrivières sont désignés pour mener à bien les travaux. John Richardson est à nouveau nommé président de la commission de surveillance des travaux. Le 17 juillet 1821, il procède à la première pelletée de terre. Les travaux de canalisation débutent. Ils sont supervisés par l’ingénieur britannique Thomas Burnett. La main d’oeuvre est principalement recrutée auprès des immigrants, irlandais pour la plupart. En quatre ans, à raison de six jours par semaine, ils creusent à force de bras un canal de 48 pieds de large par 5 pieds de profondeur sur une distance de plus de 8 milles et demi. Sept écluses permettent de franchir la dénivellation entre le lac Saint-Louis et le port de Montréal. Le canal de Lachine est inauguré le 24 août 1824 et il est ouvert à la navigation le 6 octobre 1825.

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Vingt shillings. La Banque du Peuple Reproduction anonyme d’un papier-monnaie datant de 1854 (s.d.) Source : Musée McCord

     La Banque du Peuple débute ses opérations en 1835.  Elle porte d’abord le nom de banque Viger, De Witt et Compagnie mais change son nom l’année suivante. Devenue la Banque du Peuple, cette institution financière est la première à regrouper des intérêts provenant principalement des Canadiens de langue française. Proche des leaders patriotes, elle poursuit ses opérations malgré les événements de 1837 et de 1838. En 1844, la Banque du Peuple obtient sa première charte. Ses activités seront florissantes jusqu’aux années 1880.

     Dans un secteur financier dominé par les Anglais et les Écossais, la Banque du Peuple devient le symbole de la réussite de la bourgeoisie canadienne-française dont elle stimule l’implication dans le commerce, dans les manufactures et dans l’agriculture. En 1872, la Banque du Peuple installe son siège social sur la rue Saint-Jacques à Montréal. En 1875, elle absorbe les activités de la banque Jacques-Cartier. Mais elle ne réussit pas à maintenir sa rentabilité par la suite. En 1885, l’arrivée de Jacques Grenier comme président, et en 1887, celle de Joseph-Stanislas Bousquet comme caissier général, relancent le développement de la banque. En 1895, ce dernier s’enfuit aux États-Unis lorsque les dirigeants de la Banque du Peuple sont accusés d’avoir consenti des prêts sans provision. Cette nouvelle provoque la panique des épargnants qui se ruent sur la rue Saint-Jacques pour retirer leurs épargnes. Faute de liquidités, la Banque du Peuple déclare faillite le 15 juillet 1895.

     Cette faillite survient après l’agrandissement du siège social de l’entreprise en 1893-1894. L’édifice original de 1872 est démoli sauf sa façade pour faire place à un bel immeuble de sept étages doté à l’intérieur d’un puits de lumière éclairant un grand atrium entouré de bureaux. La Banque du Peuple occupe le rez-de-chaussée et le sous-sol. Aux étages, on retrouve des cabinets d’avocats, d’architectes et de notaires ainsi que le consulat de France. Après la faillite, l’édifice est vendu pour loger la Banque d’Hochelaga. Au XXᵉ siècle, diverses transformations sont faites au bâtiment classé monument historique en 1975.

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