Archive pour la ‘Au XIXe siècle’ Catégorie

«Les délégués à la Conférence de Québec»

Photo : Jules-Isaïe Livernois (1864)

Source : BAC

 

     Lorsque Jules-Isaï Livernois prend en photo les délégués à la Conférence de Québec le 27 octobre 1864 devant un des murs de l’Hôtel du Parlement, il est loin de se douter qu’il immortalise les «Pères de la Confédération». Il est également loin de se douter que les délibérations qu’ont tenues à huis clos les délégués durant la conférence vont aboutir moins de trois ans plus tard à la constitution d’un nouveau pays : la Puissance ou Dominion du Canada.

     Le titre original de la photo évoque le climat dans lequel elle est prise. Ce portrait de groupe s’intitule «International Convention at Quebec, of Delegates of the Legislatures of Canada, Nova Scotia, New Brunswick, Prince Edward’s Island and Newfoundland, to Settle the Basis of a Union of the British North American Provinces». En français, cet intitulé se traduit par «Conférence internationale à Québec des délégués des législatures du Canada, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve, pour déterminer les bases d’une union des provinces britanniques d’Amérique du Nord».

     En fait, Livernois prend cette photo à l’issue de la conférence.  Il nous laisse une image des délégués de plusieurs législatures qui ont participé à une conférence qualifiée d’internationale.  À l’époque, dans l’est de l’Amérique, la couronne britannique règne sur cinq provinces.  Son autorité y est représentée par des gouverneurs qui partagent le pouvoir avec des législatures dont une partie est élue par la population.  Dans la Province du Canada qui regroupe, depuis l’Union Act de 1840, les anciennes colonies du Bas-Canada et du Haut-Canada, l’exercice du pouvoir est devenu problématique.

Pour plus d’informations, voir «La Conférence de Québec de 1864».

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Junot protégeant la cité de Lisbonne

Photo anonyme d’une huile sur toile de Domingos Sequeira datant de 1808 et conservée au Musée national Soares dos Reis (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

     Napoléon renonce en 1806 à envahir l’Angleterre. Il décrète le Blocus continental. Le Portugal, allié des Anglais, refuse d’appliquer le blocus. Napoléon n’admet pas cette «entorse à son système». Il décide d’assurer la fermeture des ports portugais par la force militaire.

      Le 27 octobre 1807, la France et l’Espagne signent un traité à Fontainebleau pour condamner la maison de Bragance au Portugal. Ce traité secret partage en trois zones d’influence les différentes provinces portugaises. L’entente permet de déclencher l’expédition de Jean-Anoche Junot au Portugal.

    Ces évènements provoquent le début de la Guerre d’indépendance espagnole. Les troupes françaises y sont mal préparées et manquent de leadership. Les erreurs successives de l’armée française durant cette campagne mènent à la défaite de Napoléon au Portugal.

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Bataille de Châteauguay, 1813

Reproduction d’une lithographie d’Henri Julien datant de 1884 (s.d.)

Source : Le Journal de Dimanche

 

     Trois jours après la bataille de Châteauguay, Charles-Michel de Salaberry écrit à son père pour lui relater les événements : «Mon cher père, le 26 a été pour moi un jour glorieux et ceux de mes soldats qui ont combattu l’armée américaine commandée par le général Wade Hampton & un autre Général qui a été repoussée par une poignée d’hommes, tous des Canadiens & hier cette armée a commencé à se retirer ou essayera de pénétrer dans notre pays par un autre chemin. L’armée ennemie était composée de tous ses effectifs, environ 7 000 hommes et 5 pièces d’artillerie, et 300 cavaliers».

     L’escarmouche dure quatre heures. Salaberry choisit son terrain et repousse cette tentative des Américains de marcher vers Montréal. En fait, les soldats américains sont plutôt au nombre de 3 000 ; ils tentent de faire jonction avec les hommes de James Wilkinson qui tente de descendre le long du Saint-Laurent en amont. À Châteauguay, la stratégie américaine est un échec. En voulant prendre les troupes canadiennes à revers, les Américains s’égarent dans les bois. Lorsque vient le moment d’attaquer la barricade défendue par Salaberry, «leurs armes utilisent des munitions composées d’une balle et de chevrotines, célèbres pour leur imprécision». La bataille n’est pas sanglante mais laisse néanmoins 23 morts, 33 blessés et 29 disparus chez les Américains tandis que les troupes de Salaberry rapportent 2 morts, 16 blessés et 4 disparus.

     Vers 15 heures, le 26, Hampton ordonne la retraite. Les Américains rentrent chez eux dans les jours qui suivent. La victoire de Châteauguay est une grande source de fierté pour la milice du Bas-Canada et leurs alliés amérindiens, les Mohawks de Kahnawá:ke. Montréal est sauvée d’une attaque plus importante. L’engagement passe immédiatement dans la légende et Salaberry devient le héros qui a sauvé la colonie face à l’envahisseur !

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