Page titre de la première édition de Frankenstein Londres, Lackington, Hughes, Harding, Mavor & Jones, 1818

Page titre de la première édition de Frankenstein
Londres : Lackington, Hughes, Harding, Mavor & Jones, 1818

     Mary Wollstonecraft Godwin passe l’été 1816 avec son amant, le poète Percy Shelley, à Cologny, sur le bord du lac Léman près de Genève. Elle a 18 ans. Ils fréquentent l’écrivain romantique George Gordon Byron, mieux connu comme Lord Byron. Byron est en couple avec la demi-soeur de Mary, Claire Clairmont. Le temps estival est pluvieux et inclément. Byron suggère alors à chacun d’écrire une histoire gothique de fantômes. Mary, d’abord réticente, laisse aller sa plume. Elle termine le roman en 1817. Frankenstein ; or, the Modern Prometheus est publié à titre anonyme le 11 mars 1818 par un éditeur de Shelley dont Mary est devenue l’épouse légitime en décembre 1816.

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«Frontispice de la seconde édition de Frankenstein»
Photo anonyme d’une gravure sur métal de Theodore Von Holst publiée dans Mary Shelley, Frankenstein : Londres, Colborn & Bentley, 1831.
Source : Wikimedia Commons

     Frankenstein est un texte puisant son inspiration dans les nouvelles gothiques et dans la littérature romantique. Certains y voient l’origine de la science-fiction. Le récit de Mary Shelley est articulé autour de Victor Frankenstein, un scientifique qui donne la vie à un être créé à partir de corps démembrés. Intelligente et douce, la créature est dotée d’un physique hideux. Rejetée par son créateur, la créature devient ensuite de plus en plus brutale à force d’errer à la recherche d’une compagne.

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«Boris Karloff personnifiant le monstre de Frankenstein»
Photo promotionnelle anonyme du film
The Bride of Frankenstein (1935)
Source : Universal Studios

    Mary Shelley perfectionne son texte avec l’aide de son mari. Elle en livre une version révisée en 1831. Dès sa publication, Frankenstein est bien accueilli par la critique. Le texte devient un classique de la littérature d’horreur au XIXᵉ et au XXᵉ siècle. Frankenstein sert ensuite d’inspiration à plusieurs pièces de théâtre et à plusieurs films très populaires.

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La Police provinciale en poste à Louiseville Photo anonyme (1952) Source : Archives de la CSN

«La Police provinciale en poste à Louiseville»
Photo anonyme (1952)
Source : Archives de la CSN

     Après la Seconde Guerre mondiale, l’usine de textile de Louiseville est un des importants employeurs de cette région. Plusieurs centaines de tisserands travaillent pour l’Associated Textile Co., une filiale d’une compagnie américaine.  En février 1952, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada négocie avec l’employeur depuis plusieurs mois afin de signer une convention collective de travail. Malgré une entente sur les clauses salariales, la négociation se bute à un désaccord sur les clauses normatives. Le 10 mars 1952, un vote est pris : 700 des 716 travailleurs choisissent la grève.

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Associated Textiles +- 1905-2003
Photo anonyme (2010)
Source : explorationurbaine.ca

     Un long et douloureux conflit de travail s’amorce. Après quatre mois de grève, l’employeur engage des briseurs de grève. De violents affrontements se déroulent alors sur les piquets de grève. Des injonctions sont émises et la Police provinciale doit intervenir. Le 10 décembre 1952, lors d’une manifestation de solidarité envers les travailleurs, l’Acte d’émeute est lu. Les matraques et les gaz lacrymogènes sont utilisés. Des coups de feu sont aussi tirés.

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Hon. Maurice Duplessis speaking during the Quebec Legislative Assembly Election campaign
Photo anonyme (1952)
Source : BAC

     Même si les ouvriers de l’époque travaillaient dans la misère, l’employeur reste intransigeant. Les grévistes, à bout de souffle, doivent cesser leurs moyens de pression et reprennent le travail en février 1953. Le parti pris du gouvernement de Duplessis envers l’employeur y est aussi pour beaucoup. La CTCC considère que la grève de Louiseville est perdue. Le conflit marque ensuite la mémoire collective. Il reste le symbole de l’oppression des travailleurs par l’employeur et le pouvoir politique.

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Frederick Rogers, 1er baron de Blachford Photo anonyme (XIXe siècle)

Lord Blachford
Photo anonyme publiée dans Algernon West, Contemporary Portraits. Men of my Day in Public Life : Londres, T. Fisher Unwind Ltée, 1920 (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     Dès décembre 1867, le Parlement canadien s’adresse à la reine Victoria afin de réunir la Terre de Rupert et les Territoires du Nord-Ouest au nouveau dominion canadien. L’adresse est transmise à la souveraine par le gouverneur général Charles Stanley Monck. En avril 1868, le ministère des Colonies à Londres informe les parlementaires canadiens que la couronne britannique est d’accord avec le principe du transfert mais qu’elle doit d’abord modifier la charte de la Compagnie de la Baie d’Hudson en conséquence. Une négociation s’amorce alors entre la compagnie et le gouvernement du Canada.

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Hon. William McDougall, Member of the Executive Council and Commissioner of Crown Lands
Photo : William Ellison (ca1862-1864)
Source : BAC

     George-Étienne Cartier et William McDougall sont mandatés pour se rendre en Angleterre et pour parvenir à une entente sur le transfert de souveraineté de ces territoires. Mais les pourparlers achoppent. Londres doit trancher. Le 9 mars 1869, Frederick Rogers, sous-secrétaire d’État aux Colonies et futur baron Blackford, rédige dans une lettre les termes qui permettront au Canada d’acquérir la Terre de Rupert et les Territoires du Nord-Ouest.

     L’immense territoire est vendu pour 300 000 £. Une seconde adresse est faite en 1869 pour compléter le processus. L’acceptation finale est cependant retardée par la rébellion des métis de la rivière Rouge. Finalement, en juin 1870, les deux territoires sont admis dans le Canada. La Terre de Rupert qui datait de la fin du XVIIᵉ siècle est chose du passé.

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