«Le maire Lucien Borne, le général de Gaulle et le docteur André Simard à la sortie de l’hôtel de ville de Québec» Photo anonyme (1944) Source : Archives de Marthe Simard

 

      Après le débarquement de Normandie en juin 1944 et son retour sur le territoire français, le général de Gaulle visite les États-Unis et le Canada. Il se rend d’abord à la Maison-Blanche en juillet avant de faire une tournée éclair à Ottawa, Québec et Montréal. Le 11 juillet 1944, il est reçu par le gouvernement canadien et séjourne un soir à Ottawa. Le lendemain, il quitte tôt le matin en avion pour Québec où il est accueilli sous la pluie par le maire Borne et le docteur Simard, président du Comité France libre de Québec. Les Québécois accueillent avec enthousiasme le chef du gouvernement provisoire de la République française. Seule ombre au tableau, le cardinal Jean-Marie Villeneuve brille par son absence, probablement pour ménager la susceptibilité du clergé canadien qui a appuyé le gouvernement de Vichy.

     Rapidement, de Gaulle reprend l’avion vers Montréal. Le maire Adhémar Rayneault le reçoit immédiatement et des aviateurs lui rendent un hommage militaire. Le général se rend au parc La Fontaine et en profite pour déposer une couronne de fleurs au pied d’un cénotaphe érigé en mémoire des soldats français morts lors de la Première Guerre mondiale. Plusieurs dignitaires sont ensuite réunis pour une réception en son honneur tenue à l’hôtel Windsor.  À cette occasion, de Gaulle rencontre le premier ministre du Québec, Adélard Godbout.

     Le général de Gaulle quitte promptement Montréal en avion, en direction d’Alger. Il a passé une demi journée au Québec. Il en garde un souvenir émouvant : «Le 12 juillet, je gagne Montréal qui fait la démonstration du plus émouvant enthousiasme. Après réception à l’Hôtel de Ville et salut aux deux monuments consacrés respectivement aux morts canadiens et français, je m’adresse à une foule énorme, rassemblée sur le square Dominion et dans les avenues avoisinantes. Le maire, Adhémar Raynault, crie à ses concitoyens : «Montrez au général de Gaulle que Montréal est la deuxième ville française du monde !». Rien ne peut donner une idée du tonnerre des vivats qui, de tous ces cœurs, montent de toutes ces bouches».

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ExodusPhoto anonyme (1947)Source : Wikimedia Commons

      Le President Warfield est un navire de passager américain lancé en 1928. Ce bateau opère dans la baie de la Cheasapeake jusqu’à son transfert en Europe lors du débarquement de Normandie. De retour aux États-Unis, le bateau est acheté par l’Hagana, une organisation militaire juive secrète. L’Hagana met sur pied le plan de l’utiliser afin de faire entrer illégalement en Palestine 4 500 survivants de la Shoah.

     Le 11 juillet 1947, le President Warfield quitte le port de Sete en France, supposément à destination de la Colombie. Sous les ordres de Youssi Harel, commandant du Mossad en charge de l’opération, le capitaine Ike Aronowick change rapidement de cap. Le navire renommé Exodus 47  se dirige alors vers la Palestine, encore sous protectorat britannique. La traversée se fait sous la surveillance de la marine et de l’aviation anglaise. Dès son arrivée dans les eaux territoriales de la Palestine, l’Exodus 47 est arraisonné. Les passagers sont alors contraints par les forces britanniques de retourner dans des camps de réfugiés en Allemagne.     

     Plusieurs réfugiés font alors une grève de la faim pour dénoncer la répression anglaise. L’opinion publique mondiale désapprouve la diplomatie britannique. La sympathie générale pour les Juifs qui en résulte devient alors un facteur dans la reconnaissance mondiale d’Israël l’année suivante.

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Plaque : Guy Chabot, Baron de Jarnac  Reproduction anonyme d’un détail d’un émail sur cuivre du XVIᵉ siècle attribué à Léonard Limousin (s.d.) Source : Frick Collection

     Une affaire d’honneur conjugal oppose Guy Chabot, baron de Jarnac, au roi François 1ᵉʳ. Jarnac demande réparation de son honneur en duel, ce que le roi refuse toute sa vie. Son fils et successeur, Henri II acquiesce à cette demande après son couronnement. Il désigne François Vivonne, seigneur de La Châteigneraie et un des meilleurs escrimeurs du royaume, pour le représenter.

     Le duel a lieu le 10 juillet 1547 sur l’esplanade du Château de Saint-Germain-en-Laye. Toute la cour est présente. Jarnac a pris soin au préalable de prendre des cours d’un spadassin italien, le capitaine Caize, qui lui enseigne un coup de revers peu connu à l’époque.  Au début, le violent combat tourne à l’avantage de La Châteigneraie. Mais, à la surprise générale, Jarnac réussit à asséner sa botte au genou de son adversaire pour lui trancher le jarret. Vainqueur, Jarnac voit son honneur lavé au grand déplaisir du roi qui interdit les futurs duels. La Châteigneraie se laisse alors mourir d’hémorragie dans les heures qui suivent.

     L’expression «coup de Jarnac» est d’abord utilisée pour désigner un coup violent, habile et imprévu. Après la publication du Dictionnaire de Trévoux au XVIIIᵉ siècle, on utilise ensuite l’expression pour décrire un coup déloyal.  Cet usage est décrié par Émile Littré dans son Dictionnaire de la langue française qui rétablit les faits quant aux règles de l’honneur.

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