Architecture. Civic Library
Photo : Conrad Poirier (1937)
Source : BANQ

 

     Les travaux de construction de la bibliothèque municipale à Montréal débutent en 1915. Deux ans plus tard, le bâtiment est complété. Il a coûté 550 000 $ et permet un accès à 23 000 livres. Le 13 mai 1917, la Bibliothèque de Montréal est inaugurée lors d’une cérémonie fastueuse. La porte principale est ouverte avec une clé en or par le maréchal français Joseph Joffre, vainqueur de la bataille de la Marne et en visite à Montréal à ce moment. La bibliothèque est située sur la rue Sherbrooke, en face du parc La Fontaine.

     Cette inauguration s’inscrit dans mouvement nord-américain qui voit les grandes villes se doter d’une bibliothèque municipale. Il y a dans l’air une tendance à la démocratisation de la culture et du savoir. La Bibliothèque de Montréal participe à cette tendance: son premier conservateur en chef, Hector Garneau, la qualifie de «temple du livre». Toutefois l’inauguration du 13 mai 1917 reste un moment de grande visibilité pour l’élite: outre le maréchal Joffre, le maire de Montréal, Médéric Martin, est présent tout comme le premier ministre Lomer Gouin, le lieutenant-gouverneur Pierre-Ernest Leblanc et plusieurs membres importants du clergé québécois.

     Avec la venue de la Grande Bibliothèque du Québec en 2005, cette bibliothèque change de vocation et prend le nom d’édifice Gaston-Miron. Le Conseil des arts de Montréal et le Conseil du patrimoine de Montréal y ont leur locaux depuis 2009 tout comme d’autres organismes à vocation culturelle. L’immeuble est l’oeuvre de l’architecte Eugène Payette. Avec ses colonnades monumentales, il s’agit d’un joyau de style beaux-arts. Sa localisation lui donne une forte visibilité et l’ancienne Bibliothèque de Montréal est toujours considérée comme un emblème de la vie culturelle montréalaise.

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École Normale Laval à Québec
Photo : Neuville Bazin (1943)
Source : BANQ

 

     Dans une lettre de 1856, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau annonce à l’abbé Louis-Jacques Casault, recteur de l’Université Laval, que le Vieux-Château est mis à la disposition de l’École normale Laval. Cette institution est créée par une loi de l’Assemblée législative de la province du Canada et par un règlement du surintendant de l’instruction publique.  Cette école est destinée à la formation des enseignants. Son inauguration a lieu le 12 mai 1857.

     L’École va rester à cet endroit jusqu’en 1892 sauf entre 1859 et 1866 alors que l’édifice sert au besoin de l’administration coloniale. La clientèle est exclusivement masculine; les femmes, elles, étudient au monastères des Ursulines. Avec la destruction du Vieux-Château pour faire place au Château Frontenac, l’École normale Laval déménage. Elle se retrouve d’abord hébergée par la Séminaire de Québec sur la rue de l’Université puis, après 1900, sur le chemin Sainte-Foy dans l’ancienne villa de l’homme d’affaires Guillaume-Eugène Chinic, rénovée et agrandie aux frais du gouvernement québécois. Pour leur part, les femmes déménagent à Mérici en 1930.

     Vers 1959, l’École déménage à nouveau dans des locaux plus modernes, sur le boulevard de l’Entente. La réforme de l’éducation durant la Révolution tranquille bouleverse cette façon de faire. «En 1970, dans la foulée qui entraîne la création des cégeps, l’École normale Laval de Mérici (secteur féminin) devient le Collège Mérici. Quant à l’École normale Laval (secteur masculin), elle cesse également d’exister comme telle en 1970, lorsque la formation des maîtres passe sous la responsabilité des universités». Les locaux de l’École normale Laval du boulevard de l’Entente deviennent alors ceux du Cégep François-Xavier-Garneau.

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A sketch of the environs of Charleston in South Carolina (détails) Dessin de Charles Sproule (1780).

A sketch of the environs of
Charleston in South Carolina

Détails d’un dessin de Charles Sproule (1780)
Source : Library of Congress, Geography and Map Division

     Le 12 mai 1780, l’armée continentale dirigée par le major-général Benjamin Lincoln se rend sans condition aux forces britanniques du lieutenant-général Henry Clinton. Cette reddition survient après six semaines de siège à Charleston. La bataille fait suite au changement de stratégie des Britanniques: plutôt que de continuer d’attendre les mouvements des troupes de Georges Washington, l’armée anglaise décide d’attaquer les colonies les plus au Sud.

     Les Américains subissent à Charleston leur pire défaite de la guerre d’Indépendance. Plus de de 3 000 Patriotes sont faits prisonniers. Les Américains perdent aussi beaucoup d’équipements et de munitions. En contre-partie, les pertes britanniques ne dépassent guère 250 hommes, tués et blessés inclus.

     La campagne de Charleston est bien connue: Lincoln en a laissé un récit détaillé. Confiant de la supériorité de leur stratégie après la victoire de Charleston, les Anglais dirigés par Clinton laissent une partie de leurs troupes au Sud sous la gouverne de Charles Cornwallis. Clinton retourne à New York pour superviser les opérations militaires. Les Patriotes américains réagissent en pratiquant la guérilla pour repousser Cornwallis et ses hommes en Virginie. En octobre 1781, le vent a tourné: Lincoln est au côté de Washington pour accepter la reddition de Cornwallis à Yorktown.

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