«Saint Constantin et sainte Hélène»Icône bulgare du XIXᵉ siècle inspirée de l’oeuvre de Zahari Zograf et photographiée par Brosen (2004)Source : Wikimedia Commons

     Hélène est la mère de l’empereur Constantin. C’est lui qui proclame le christianisme comme religion officielle de l’Empire romain. En 326, elle se rend en pèlerinage en Palestine. Elle fait faire des fouilles sur les lieux du Calvaire afin de trouver la Vraie Croix.

     Cette relique est finalement retrouvée et divers miracles y sont immédiatement associés. Le 14 septembre 335, les Pères de l’Église réunis à Jérusalem décrètent que cette journée servira désormais de fête annuelle d’exaltation de la Croix.

     La fête se répand peu a peu. Elle prend finalement de l’ampleur en 627, suite au périple d’Héraclius Iᵉʳ, après le retour de la Croix prise à Jérusalem par les Perses au début du VIIᵉ siècle. Plusieurs fragments de la Croix se retrouvent ensuite à travers la chrétienté.

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The Death of General WolfeHuile sur toile de Benjamin West datée de 1770 et photographiée par The Yorck Project (vers 1995-2004)Source : Wikimedia Commons

     Au XVIIIᵉ siècle, l’expansion britannique au coeur de l’Amérique du Nord heurte les intérêts mercantilistes de la France sur ce continent. Le conflit est vif, principalement dans la vallée de l’Ohio. La lutte pour le contrôle des pêcheries dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent est également une importante source de friction. En 1754, la guerre de la Conquête débute pour déterminer qui de la France ou de la Grande-Bretagne contrôlera le territoire nord-américain.

     Dans ce contexte, le siège de Québec s’amorce et dure tout l’été 1759. Dès la mi-juillet, la capitale de la Nouvelle-France subit un bombardement en règle qui réduit une partie de la ville en ruine. Le 31 juillet, les troupes françaises repoussent victorieusement une tentative de débarquement à Montmorency, près de Beauport. Le 13 septembre 1759, les troupes anglaises prennent les Français par surprise en escaladant les hauteurs de Québec à partir de l’Anse-au-Foulon. Vers 10 h AM, un bref combat est engagé. Les deux commandants, James Wolfe et Louis-Joseph de Montcalm, sont blessés mortellement. Désorganisées, les troupes françaises reculent et se réfugient dans la ville. Québec capitule le 18 septembre suivant.

     En prenant Québec, les Anglais capture la clé de voûte de la Nouvelle-France. Le traité de Paris en 1763 vient sceller cette défaite. La bataille de plaines d’Abraham entre dans l’Histoire. Elle prend ensuite des proportions mythiques, selon les différents courants de l’historiographie. Encore récemment, son récit donne lieu à des publications qui permettent de mieux comprendre cet événement et les interprétations qui en sont données.

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Portrait de Sir James Henry Craig, vers 1806-1807Photo anonyme d’une huile sur toile de Thomas Lawrence datant de 1806-1807 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

 

     Le gouverneur James Henry Craig préconise l’assimilation des Canadiens : ils parlent français et ne sont pas de culture britannique; ils représentent donc un danger pour l’Angleterre, surtout en cette époque de guerre napoléonienne. Il propose à Londres d’unir le Bas-Canada et le Haut-Canada; de plus, il souhaite une sur-représentation des Cantons de l’Est à la Chambre d’assemblée afin d’y assurer la suprématie de la représentation britannique. Il est même prêt à abolir cette assemblée et à constituer un conseil aristocratique et britannique pour diriger la colonie.

     Le 12 septembre 1810, Londres rejette sa proposition. Sa Majesté juge inopportun d’abroger la constitution en vigueur depuis 1791 ; rejet également de l’idée d’unir les deux Canada ou de procéder à une nouvelle division des districts électoraux. Le gouvernement britannique reconnaît les défauts de la loi de 1791 mais refuse de la changer pour plusieurs raisons : maladie du roi George III, conjoncture politique internationale et divergence de vues des hauts fonctionnaires sur les solutions à appliquer. La menace de guerre avec les États-Unis pèse aussi lourd sans la balance.

     Dans la lettre confidentielle que Craig reçoit, les instructions sont claires. Le gouverneur doit mettre en lumière les bienfaits des pratiques libérales britanniques et il doit chercher à se concilier la Chambre d’assemblée. On lui recommande de chercher à s’allier avec les députés de langue française les plus modérés tout en se ménageant l’appui de tous les députés anglophones. Cette approche vise à mettre les mécontents en minorité et à favoriser la prospérité du Bas-Canada. Le projet d’union des Canada est reporté à plus tard.

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