Soldats de l'Union au palais de justice d'Appotomax Photo : Timothy H. O'Sullivan (1865)

Appomattox Court House, Va. Federal soldiers at the courthouse
Photo : Timothy H. O’Sullivan (1865)
Source : Wikimedia Commons

     Le 9 avril 1865, le général sudiste Robert E. Lee et ses troupes tentent d’échapper à l’étau militaire des forces de l’Union en formant une ligne de combat au palais de justice d’Appotomax en Virginie. La tactique semble d’abord porter fruit devant la cavalerie des nordistes.  L’arrivée de renfort met cependant fin au progrès des troupes de Lee qui se retrouvent encerclées.  L’armée confédérée doit finalement capituler face aux soldats dirigés par le lieutenant-général Ulysses S. Grant

   Cette bataille est la dernière de la campagne d’Appotomax. Même si ce n’est pas le dernier combat de la guerre de Sécession, la bataille du palais de justice d’Appotomax entraîne sa conclusion. Quelques foyers de résistance à l’Union sont ensuite éteints plus au sud. Les sudistes sont désarmés et ils doivent retourner à leur résidence respective. Ordre est donné aux troupes de l’Union de ne pas célébrer la victoire. Il n’y aura jamais de traité de paix.

  Appotomax marque la fin de la guerre de Sécession. Le 3 avril précédent, Grant s’était emparé de Richmond, la capitale confédérée. Abraham Lincoln y entre ensuite en triomphe. Lorsqu’il capitule le 9 avril, Lee n’a plus que 26 000 hommes sans provisions. Le président sudiste, Jefferson Davis, est en fuite. Il est finalement capturé et emprisonné en mai 1865.

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La danse de Britannia et Marianne Carte postale anonyme (1904) Source : Wikimedia commmons

«La danse de Britannia et Marianne»
Carte postale anonyme (1904)
Source : Wikimedia Commmons

    Le 8 avril 1904, le Royaume-Uni et la France s’entendent pour régler leurs différends coloniaux. Quatre articles composent l’Entente cordiale. Une première déclaration concerne l’Égypte et le Maroc. Une convention touche Terre-Neuve et l’Afrique centrale et de l’Ouest. Des arrangements sont pris pour l’échange de diplomates entre Terre-Neuve et Saint-Pierre-et-Miquelon. Enfin, une seconde déclaration règle les problèmes relatifs au Siam, au Madagascar et aux Nouvelles-Hébrides.

     L’Entente cordiale a comme objectif la paix. La France et l’Angleterre se lient d’amitié et mettent fin à des siècles de querelles. Le contexte international s’y prête avec la situation tendue à l’époque en Europe. Les forces y sont déséquilibrées avec la signature de la Triple-Alliance entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie. L’Entente cordiale rétablit partiellement cette équilibre et sera suive par la Triple-Entente avec la Russie.

«La fontaine de Tourny à Québec»
Photo : Gilbert Bochenek (2007)
Source : Wikimedia Commons

   La menace en Europe explique la conclusion de l’entente. Anglais et Français veulent sortir de leur isolement et rétablir un rapport de forces face à l’Allemagne. L’intérêt du roi Édouard VII pour la France y est aussi pour beaucoup. L’accord est signé à Londres. Cette amitié se renforce dans la décennie qui suit. L’Entente cordiale débouche sur une alliance pleine et entière au début de  la Première Guerre mondiale.

     À Québec, l’entente cordiale de 1904 devient l’occasion de perpétuer une tradition. Durant une partie du XIXᵉ siècle, la langue anglaise est celle de la majorité à Québec. Malgré le déclin de la population anglophone dans la Cité de Champlain au XXᵉ siècle, une certaine collaboration entre les deux communautés linguistiques demeure présente dans des secteurs aussi variés que le commerce, les relations entre catholiques et anglicans ou le tourisme.  Cette entente cordiale à la québécoise est d’ailleurs visible dans la fontaine de Tourny, don de Peter Simons, aux origines écossaises et président-directeur-général de la mercerie du même nom, à la Ville de Québec pour son 400ᵉ anniversaire en 2007.

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Frontenac en route pour Cataraqui Aquarelle de John Henry de Rinzy Source : BAC

Frontenac en route pour Cataracoui
Reproduction d’une aquarelle de John Henry de Rinzy (v. 1897-1930)
Source : BAC

     Le 7 avril 1672, Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau devient gouverneur de la Nouvelle-France pour la première fois. Il quitte La Rochelle à destination de Québec à la fin de juin. Son mandat de gouverneur lui donne le pouvoir de mener les affaires militaires et diplomatiques dans la colonie. Frontenac constate rapidement les possibilités économiques de développement du commerce des fourrures. Son premier gouvernement est d’ailleurs marqué par la découverte de la route vers le Mississippi.

     Dès 1674, il fait construire un fort à la tête du lac Ontario, près de l’embouchure de la rivière Cataracoui. Le fort Frontenac devient une importante tête de pont pour la traite des pelleteries. De plus, le gouverneur s’assure de bonnes relations avec les Autochtones, facilitant ainsi la traite. Malheureusement, les actions de Frontenac dans ce domaine portent ombrage à plusieurs intérêts.

     En fait, le premier mandat de Frontenac est caractérisé par une expansion du territoire de la Nouvelle-France. Le gouverneur charge aussi René-Robert Cavelier de La Salle d’explorer le lac Michigan et de poursuivre la recherche de l’embouchure du Mississippi. Ce travail où se mêle ses intérêts personnels dans le commerce des fourrurres le met en conflit avec les marchands de Montréal et mène à son rappel en 1682.

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