The Charge of the Light Brigade Peinture de Richard Caton Woodville (1894) Source : Palacio Real de Madrid

The Charge of the Light Brigade
Photo anonyme d’une peinture de Richard Caton Woodville datant de 1894 et conservée au Palacio Real de Madrid (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     Durant la première moitié du XIXᵉ siècle, le tsar Nicolas 1ᵉʳ de Russie pratique une politique expansionniste au détriment de l’Empire ottoman en déclin. En 1853, les Russes prennent prétexte de défendre les lieux saints du christianisme pour occuper deux principautés roumaines, la Moldavie et la Valachie. Le sultan ottoman Abdülmecit I, suzerain de ces deux principautés à majorité chrétienne, réagit en déclarant la guerre à la Russie.

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Sultan Abdulmecid I
Photo d’une huile sur toile anonyme (ca1850)
Source : Suna and İnan Kıraç Foundation Collection, Pera Museum

     La France et le Royaume-Uni s’inquiètent des visées impérialistes du tsar. Le 12 mars 1854, ces deux pays s’allient à l’Empire ottoman. Deux jours plus tard, la Russie est sommée de se retirer des territoires roumains. L’ultimatum reste sans réponse. Le 27 mars 1854, les Français et les Anglais entrent officiellement en conflit avec la Russie. À l’automne suivant, cette situation mène au siège de Sébastopol et à la guerre de Crimée.

   Pour plusieurs historiens, la guerre de Crimée est le première conflit moderne. Pour la première fois, du matériel industriel est utilisé. C’est l’apparition des guerres de tranchées, du matériel lourd et des bateaux cuirassés. Durant certaines batailles, l’usage de la cavalerie légère tourne au massacre. Un demi million de combattants perdent la vie en quelques mois en raison de problématiques tant sur les champs de batailles qu’à l’extérieur. Le 8 septembre 1855, Sébastopol tombe aux mains de la coalition. Les Russes sont vaincus. La guerre de Crimée se termine par le traité de Paris le 30 mars 1856.

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«Les reliques de sainte Anne au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré»
Photo : Rabbitwmn (2009)
Source : www.fotothing.com

     C’est au XVIIᵉ siècle que le chapitre de Carcassonne en France offre à Mᵍʳ François de Laval une relique de sainte Anne. Celle-ci aurait été amenée en Nouvelle-France par le père Henri Nouvel. Le 12 mars 1670, Mᵍʳ François de Laval amène cette première relique, une partie d’os d’un doigt de la grand-mère du Jésus Christ, au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, près de Québec. Les pèlerinages vers ce lieu sont alors en pleine expansion.

     D’autres reliques de sainte Anne se trouvent également au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. Le 26 juillet 1892, Mᵍʳ Joseph-Calixte Canac-Marquis y apporte un fragment de quatre pouces de l’avant-bras de sainte Anne. Cette relique est un don du pape Léon XIII et provient de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome. Une autre grande relique provenant aussi de l’avant-bras de sainte Anne s’ajoute aux deux autres le 3 juillet 1960. Provenant également de Saint-Paul-hors-les-Murs, cette dernière relique est un don du pape Jean XXIII.

     Cette présence de reliques de la mère de la Vierge Marie au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré s’inscrit dans le culte de sainte Anne à travers le monde.  Cette dévotion commence en Orient avec la diffusion du Protoévangile de Jacques au IIᵉ siècle. Elle se répand ensuite en Occident durant le Moyen Âge, à la faveur des croisades et du développement du christianisme. Importée de France, ce culte apparaît en Amérique du Nord à Sainte-Anne-de-Beaupré à l’époque de François de Laval et se répand par après un peu partout sur le continent.

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«Face à face entre le soldat Patrick Cloutier, du Royal 22ᵉ Régiment, et Brad « Freddy Krueger » Larocque, un guerrier anishinaabe»
Photo : Shaney Komulainen (1990)
Source : Wikimedia Commons

     Le 11 mars 1990, des barrages sont érigés à Oka afin d’empêcher l’agrandissement du terrain de golf.  Ces barricades sont érigées par des Autochtones, principalement des membres de la nation mohawk. Le conflit entre les Amérindiens et la municipalité d’Oka est latent depuis plusieurs années. La ville veut faire respecter sa juridiction, notamment en matière de zonage. Les Mohawks, eux, ne reconnaissent pas ce pouvoir. Dans l’année qui précède l’érection des barricades, un projet de centre de désintoxication autochtone est bloqué par un groupe de citoyens. De plus, la police doit faire plusieurs interventions dans la communauté mohawk.

     Mais les racines du problème remonte au XVIIIᵉ siècle. Les Mohwaks réclament depuis l’époque coloniale la reconnaissance de leur droit foncier sur des terres dites ancestrales. En 1961, un terrain de golf de neuf trous est aménagé sur un espace de la pinède d’Oka que les Mohawks de la réserve indienne de Kanasatake revendiquent comme terres communes. En 1989, le maire d’Oka, Jean Ouellette, dévoile un projet d’agrandissement du golf associé à la construction de 60 logements de luxe dans la pinède. Les Mohawks protestent et soutiennent que le développement va se faire sur un cimetière amérindien. Le gouvernement du Québec, par ses ministères de l’Environnement et des Affaires autochtones, critique aussi le projet qui, malgré tout, va de l’avant.

     La crise d’Oka va durer jusqu’en septembre 1990.  Le 11 juillet, la Sûreté du Québec tente de prendre d’assaut les barricades pour faire respecter des injonctions obligeant la levée des barrages routiers. Durant l’affrontement, le caporal Marcel Lemay est abattu par balles. La tension est à son comble et le conflit s’envenime. Des Autochtones de partout au Canada viennent appuyer les Mohawks de Kanasatake tandis que les Mohawks de Kahnawake bloque le pont Mercier. L’armée canadienne doit alors intervenir pour faire tenter de résoudre le problème. À l’issue de longues négociations, les barricades sont finalement levées le 26 septembre.  La crise d’Oka laisse une lourde cicatrice dans le tissu social des communautés concernées et dans les relations entre les Autochtones et les autorités gouvernementales.

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