Allégorie sur le thème de la paix d'Utrecht en 1713 Huile sur toile d'Antoine Rivalz (ca1714) Source : MMA

An Allegory, Probably of the Peace of Utrecht of 1713
Photo anonyme d’une huile sur toile
d’Antoine Rivalz d’environ 1714 (s.d.)
Source : MMA

     Le traité d’Utrecht met fin à la guerre de Succession d’Autriche. Un premier traité est signé le 11 avril 1713 entre la France et la Grande-Bretagne. Un second traité est signé le 13 juillet suivant entre la Grande-Bretagne et l’Espagne. Ces accords avantagent d’abord la Grande-Bretagne. L’Espagne est la grande perdante. La France, elle, conserve sa domination en Europe mais perd une partie de ses possessions en Amérique du Nord.

«Animation historique à la forteresse de Louisbourg»
Photo anonyme (s.d.)
Source : Cap-aux-Diamants, fonds Brün-Bouchard.

     Par ce traité, le roi Louis XIV renonce à plusieurs parties de l’empire français en Amérique. La baie d’Hudson devient exclusivement anglaise et la Compagnie de la baie d’Hudson est dédommagée de ses pertes. L’Acadie est également remise à la reine Anne de Grande-Bretagne tout comme la majeure partie de Terre-Neuve. La France conserve cependant ses possessions sur la côte est de Terre-Neuve ainsi que l’île du Cap-Breton et la forteresse de Louisbourg.

     Le traité d’Utrecht est signé après quatorze mois de négociations. Essentiellement, il met fin à une guerre européenne. La carte politique de l’Europe est cependant modifiée. L’Espagne cesse alors de jouer un rôle de premier plan tandis que la Grande-Bretagne  jette les bases de son empire colonial planétaire au détriment des Provinces-Unies.

     Dans les faits, les traités d’Utrecht amorcent le rétrécissement du territoire de la Nouvelle-France et marquent ainsi le début de l’effritement de l’Empire français en Amérique du Nord. Amputé de l’Acadie et de la baie d’Hudson, l’expansion du fait français passe désormais par les Pays-d’en-Haut et la Louisiane, deux territoires qui tarderont à devenir d’importants foyers de peuplement français. Après 1713, la Nouvelle-France est encerclée au nord, à l’est et au sud par la présence anglaise.

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His Excellency Sir James Henry Craig, Captain-General and Governor in Chief Lower Canada, Upper Canada. Aquatinte et eau-forte colorées à la main de Gerrit Schipper (ca1810-1811) Source : BAC

His Excellency Sir James Henry Craig, Captain-General and Governor in Chief Lower Canada, Upper Canada.
Reproduction d’une aquateinte et eau-forte colorées à la main de Gerrit Schipper (v. 1810-1811)
Source : BAC

     Le 10 avril 1809, la cinquième législature du Bas-Canada débute. Elle est de courte durée. L’unique session se termine le 18 mai suivant. Cinq lois seulement sont approuvées, la plupart sont des renouvellements. Les débats sont plutôt accaparés par deux questions qui opposent la Chambre d’assemblée au gouverneur de la colonie, James H. Craig.

     Une majorité de députés ne veut pas que les juges siègent à l’assemblée. Un projet de loi en ce sens est présenté pour la seconde fois lors de cette législature. La résistance du juge Pierre-Amable De Bonne face à ce projet force la tenue d’une enquête sur les élections. Le comité remet alors un rapport accablant contre ce juge-candidat. La polémique dure jusqu’à la prorogation surprise de la chambre par le gouverneur Craig. Ce dernier appuie la position du juge De Bonne.

     La présence du juif Ezéchiel Hart à l’assemblée est un autre sujet de litige entre la Chambre et le gouverneur. Réélu en 1808, Hart est expulsé de la Chambre sous prétexte qu’il ne prête pas un serment adéquat. Le gouverneur utilise finalement cet événement pour dissoudre l’assemblée. Il espère démontrer son pouvoir sur les élus. La crise sous Craig va durer jusqu’au rappel du gouverneur en 1811.

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Major-General The Hon. Julian Byng, C.B., M.V.O.
Photo : Bassane (1915)
Source : The County Gentleman and Land & Water, vol. LXV, no. 2783, (11 septembre 1915).

     La crête de Vimy se trouve dans le Pas-de-Calais et domine la plaine de Lens. Les Allemands s’en empare dès le début de la Première Guerre mondiale, en octobre 1914. Site stratégique, la crête est fortifiée par les Allemands qui repoussent de nombreux assauts français et britanniques. De solides ouvrages de fortifications bâtis au cours de plus de deux ans d’occupation laissent croire en 1917 que la place est imprenable.  Pour s’emparer de la crête de Vimy, le major-général Julian Byng, futur gouverneur général du Canada, organise un plan très élaboré pour réussir à remporter la victoire rapidement après l’assaut initial. Son objectif est de réduire les pertes de vies dans la conquête de Vimy, cette «butte de la mort».

Tank advancing with Infantry at Vimy. April 1917
Photo anonyme (1917)
Source : BAC

     Byng dirige alors le Corps canadien pour cette bataille qui vise à faire diversion avant que les troupes françaises n’attaquent Arras. Les bombardements d’artillerie débutent le 20 mars 1917 et s’avère très efficace en raison de leur excellente préparation et de la forte concentration des tirs. Le pilonnage s’intensifie à partir du 2 avril et inflige «une semaine de souffrance» aux Allemands selon les récits recueillis par les survivants.  Le 9 avril, lundi de Pâques, par un temps neigeux et venteux, l’assaut est donné. Quatre divisions de soldats s’élancent dès 5 h30 du matin en suivant un barrage roulant d’artillerie forçant les Allemands à rester retranchés dans leurs abris. Leur avancée est rapide malgré les tirs d’obus et de féroces combats à la baïonnette à divers endroits.

     Au milieu de l’après-midi, presque tous les objectifs fixés par Byng sont atteints.  Il faudra cependant trois autres jours pour finalement réussir à capturer la «Côte 145» et le plateau dit «le Bourgeon» et s’assurer de la victoire. La journée du 9 avril 1917 à Vimy est resté gravé dans la mémoire des combattants. Par exemple, le caporal suppléant Withfield Thomas Ganong écrit dans son journal : «Ce fut toute une journée. Une journée que je ne voudrais jamais revivre».

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