«Publicité électorale de Claire Kirkland-Casgrain». Photo anonyme (1961). Source : Musée québécois de culture populaire

 

 

     En 1961, Claire Kirkland-Casgrain est élue députée de Marguerite-Bourgeoys. Elle devient la première femme à siéger au Parlement du Québec. Rapidement, elle consacre ses efforts à faire adopter une projet de loi pour modifier le statut juridique des femmes mariées. C’est la loi 16 qui vise à faire des femmes mariées des citoyennes à part entière, elles, qui jusqu’alors sont considérées comme des mineures irresponsables et soumises à l’autorité de leurs maris.

     Le 14 février 1964, la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée permet à la femme mariée de signer un contrat sans le consentement de son mari ou d’exercer une profession différente de celui-ci. Plusieurs hommes voient cette mesure progressiste d’un mauvais oeil. Un certain nombre de femmes mariées critiquent aussi la loi : les dispositions s’appliquent uniquement aux femmes mariées en séparation de biens et non à celles mariées en communauté de biens.  Il faudra attendre quelques années encore pour que ces dernières accèdent aussi à la majorité juridique.

    La loi entre en vigueur en juillet 1964. Il reste cependant des points où l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas totale.  Le mari garde préséance sur l’administration familiale : il choisit la résidence de la famille et exerce l’autorité envers les enfants. La femme doit agir comme suppléante de cette autorité. La primauté du mari est finalement abolie en 1977.

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Saint Valentin à genoux devant la Vierge Huile sur toile de David Teniers l'Ancien (XVIIe siècle) Source : Wikimedia Commons

Saint Valentin à genoux devant la Vierge
Photo anonyme d’une huile sur toile de David Teniers l’Ancien datant du XVIIᵉ siècle (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     Saint Valentin est un prêtre chrétien martyrisé le 14 février 270. À l’époque, l’empereur Claude II le Gothique abolit le mariage considérant que les hommes mariés faisaient de piètres soldats. Valentin encourage alors les fiancés à venir le voir pour faire bénir leur mariage en secret. Lorsque l’empereur apprend ce subterfuge, il décide de faire décapiter Valentin.

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Valentin bénissant le mariage de Sabino et Sérapia
Photo anonyme d’un vitrail de la basilique Saint-Valentin à Terni en Italie (s.d.)
Source : RCIP

     Une autre tradition présente Valentin comme un évêque et martyr de Terni. Valentin de Terni obtient la conversion au christianisme du philosophe Craton lorsqu’il opère la guérison miraculeuse de sa fille. Après avoir réussi plusieurs autres conversions, Valentin de Terni est décapité sur ordre du préfet Placide en 273.

     L’histoire de saint Valentin reste mystérieuse. D’autres écrits rapportent qu’il fut plutôt un martyr en Afrique. En 1969, ce patron des amoureux est retiré du calendrier des fêtes catholiques. La fête du 14 février devient alors celle des apôtres slaves saint Cyrille et saint Méthode.

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Dépôt alimentaire, Thetford Mines, QC. Photo anonyme (1949). Source : Centre d’archives de la région de Thetford

     Le 13 février 1949, 2 000 mineurs de la Canadian Johns-Manville à Asbestos déclenchent la grève. Trois mille autres mineurs de Thetford Mines les suivent le lendemain. Le conflit oppose les travailleurs regroupés au sein de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) à trois compagnies minières. La grève de l’amiante à Asbestos va devenir un moment important pour le syndicalisme québécois. Les éléments progressistes militants au sein de la CTCC vont prôner une remise en question des relations de travail au Québec.

     Dès le 15 février, le gouvernement de l’Union Nationale dirigé par Maurice Duplessis déclare la grève illégale. Quelques jours plus tard, la Commission des relations ouvrières révoque les certificat d’accréditation des syndicats impliqués dans la grève. La Johns-Manville embauche des briseurs de grève et, par injonction et par la force policière, force l’accès au chantier. Le conflit s’envenime et la violence éclate. Malgré le soutien de l’épiscopat et du clergé catholique du Québec et un important appui financier du mouvement syndical québécois et canadien, l’employeur refuse la négociation. Mᵍᴿ Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal, prononce un sermon en faveur des travailleurs en grève et organise des quêtes pour soutenir les familles de Thetford Mines et d’Asbestos. En mai 1949, les grévistes occupent Asbestos et l’acte d’émeute doit être proclamé.

Plusieurs manifestants sont arrêtés et les chefs syndicaux doivent subir un procès. En juin 1949, grâce à la médiation de Mᵍᴿ Maurice Roy, archevêque de Québec, les négociations progressent et le 24, une entente est conclue avec les travailleurs de Thetford Mines. Le 1ᵉᴿ juillet, la grève se termine aussi à Asbestos. Antonio Barette, ministre du Travail du gouvernement Duplessis, résume la situation dans ses Mémoires publiés en 1966 : «Ce n’est que le 23 juin que les dirigeants de la CTCC décidèrent d’y mettre fin, en ordonnant aux grévistes de retourner au travail. Ils proclamaient avoir gagné la grève. En fait, ils n’avaient rien obtenu depuis le 14 février. Ils devaient d’abord retourner au travail avant de négocier, comme je l’avais toujours demandé». Finalement, l’arbitrage du juge Thomas Tremblay solutionne le conflit par une sentence rendue le 16 décembre 1949.

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