Le Titanic quitte Southampton Photo anonyme (19120

«Le Titanic quitte Southampton»
Photo anonyme (1912)
Source : Wikimedia Commons

     Le 14 avril 1912, le Titanic navigue dans l’Atlantique Nord. Malgré de nombreux avis concernant la présence d’iceberg, le navire file à plus de 20 noeuds. À 23h40, la vigie aperçoit un iceberg à 500 mètres droit devant eux. Une manoeuvre est tentée mais le Titanic frappe l’iceberg sur tribord. Moins de trois heures plus tard, le bateau coule à pic.

     Le paquebot britannique est d’abord considéré comme exploit technique. Sa construction fait la fierté de la White Star Line. Lors de sa mise à l’eau, il est le plus luxueux et le plus grand paquebot de tous les temps. Son naufrage paraît inconcevable. Pourtant, le Titanic ne terminera jamais sa traversée inaugurale de l’Atlantique. Le bilan est catastrophique : environ 1 500 morts et aussi peu qu’autour de 700 rescapés.

     Parmi les rescapés, on retrouve Paul Chevré, le célèbre sculpteur qui a réalisé la statue monumentale de Samuel de Champlain commandée par la ville de Québec en 1898. Chevré est d’ailleurs associé à une controverse médiatique quant à son expérience du naufrage du Titanic : un journaliste du Montreal Herald alléguant qu’il avait déclaré avoir vu le capitaine du Titanic, Edward John Smith, se suicider quelque secondes avant le naufrage. Chevré est à bord du Titanic comme invité de Charles Melville Hays, grand patron de la Compagnie de chemin de fer du Grand Tronc du Canada. Chevré doit assister à l’inauguration du Château Laurier à Ottawa, le premier d’un réseau d’hôtels de luxe que le Grand Tronc veut opérer. Hays veut que Chevré installe un buste de Wilfrid Laurier dans le hall de son hôtel.  Malgré le naufrage du Titanic et le décès en mer de Hays, Chevré finalise le projet et participe à une discrète inauguration de l’hôtel en juin 1912.

     La tragédie bouleverse le monde entier. Elle annonce la fin de la Belle Époque et de la confiance infinie des élites dans le progrès technique. Plusieurs enquêtes tenteront d’élucider les causes du désastre. Le récit du naufrage passe ensuite à l’Histoire et prend des proportions mythiques : oeuvres d’art, musées, sociétés d’histoire et films sont quelques unes des manifestations de l’impact du Titanic sur l’imaginaire humain. L’épave, elle, est localisée le 1er septembre 1985.

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Le Code noir sur l'esclavage en Louisiane. Réédition de 111

Code noir
Reproduction de la page frontispice de ce recueil réédité à Paris chez les Libraires associés en 1743 (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     L’esclavage noir existe en Nouvelle-France. Il est combiné à l’esclavage d’Amérindiens. Cette pratique est fréquente en Louisiane dès le XVIIᵉ siècle. Le Code noir sur l’esclavage en Louisiane est publié dès 1685. Le 13 avril 1709, l’intendant Jacques Raudot légalise cette pratique en Nouvelle-France par une «Ordonnance rendüe au sujet des neigres et des sauvages nommez Panis».

     En agissant ainsi, Raudot régularise une pratique présente dans la colonie. Le terme «Panis» est trompeur car il ne réfère pas véritablement à une nation particulière comme, par exemple, les Pawnees du Missouri. L’expression est plutôt synonyme d’esclaves amérindiens, toute origine ethnique confondue.

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Esclave des Indiens Renards ou esclave Népissingué
Reproduction d’une estampe anonyme, vers 1732 (s.d.)
Source : BNF

     L’historien Marcel Trudel a fouillé la question de l’esclavage en Nouvelle-France dès 1960. Malgré cela, le sujet reste tabou dans les cours d’histoire au Québec. Pourtant, les sources sont claires : l’esclavage est pratiqué et accepté en Nouvelle-France. L’esclavage n’a toutefois pas la même ampleur que dans certaines colonies américaines. Il reste néanmoins un rouage de l’économie coloniale. La valeur des esclaves est d’ailleurs connue : règle générale, un esclave «noir» vaut deux esclaves «rouges».

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The Taking of Vimy Ridge, Easter Monday 1917 Peinture de Richard Jack (ca1919)

The Taking of Vimy Ridge, Easter Monday 1917
Photo anonyme d’une peinture de Richard Jack,  vers 1919 (s.d.)
Source : Musée canadien de la guerre

     La bataille de la crête de Vimy débute le 9 avril 1917. Une première vague de 20 000 soldats canadiens, lourdement équipés, avance vers les lignes ennemis. Ils sont précédés par des tirs intensifs d’artillerie. L’assaut sur les positions allemandes se fait sans relâche. Rapidement, les Canadiens capturent une majeure partie de la crête. La «Côte 145», le point le plus élevé de la crête, est prise le lendemain. Le 12 avril 1917, le «Bourgeon», le dernier poste de défense situé au sommet de la crête tombe. Les Allemands doivent battre en retraite.

     La victoire est éclatante mais les pertes sont lourdes. Plus de 10 500 hommes sont morts ou blessés du côté canadien. Toutefois c’est peu, si on compte les 150 000 combattants alliés français et anglais qui tombèrent au combat à Vimy dans les mois précédents. Un véritable cimetière ! Par ce fait d’armes sans précédent, les troupes canadiennes gagnent la réputation d’être redoutables et efficaces. Bien plus, la victoire de Vimy fait sortir le Canada de l’ombre de la Grande-Bretagne.

     En avril 1917, la crête de Vimy est un endroit fortement défendu en raison de son importance sur le plan stratégique. Pour la première fois, quatre divisions canadiennes sont réunies en un seul groupe de bataille. Ils sont dirigés par le britannique Julian Bing, avec l’aide du général ontarien, Arthur Currie. Cette responsabilité canadienne dans l’ensemble de la prise de la crête de Vimy devient ensuite un événement clé du développement de l’identité du Canada comme nation indépendante de l’Angleterre et figure comme prélude au Statut de Wesminster. Symbole du sacrifice humain nécessaire pour arriver à la victoire lors de la Première Guerre mondiale, le Mémorial de Vimy au nord d’Arras en France est le plus grand monument commémoratif canadien outre-mer.

Croix de Vimy, Citadelle de Québec
Photo : Vimy (2007)
Source : Wikimedia Commons

     Ce Mémorial est inauguré en 1936. Après la bataille, une croix en bois est érigée sur le site des combats en souvenir des 3 598 soldats canadiens morts durant l’assaut de la crête de Vimy. Elle commémore aussi le souvenir de tous les autres soldats canadiens morts lors de la Grande Guerre. En 1923, elle est confiée au Royal 22ᵉ Régiment qui l’installe à la Citadelle de Québec, dans la ville où ce régiment a droit de cité.  La Croix de Vimy est située à l’intérieur des fortifications de Québec et les soldats en uniforme se doivent de la saluer à chaque fois qu’ils passent devant elle.

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