Tituan Lamazou sur Écureuil d'Aquitaine (ca 1990)

«Tituan Lamazou sur Écureuil d’Aquitaine II»
Photo anonyme (v. 1990)
Source : www.tituanlamazou.com

     Le 26 novembre 1989, treize concurrents prennent le départ du premier Vendée Globle, la régate autour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. C’est la naissance d’une grande course au large qui fait rêver les marins et leurs supporters. «Le matin du départ, on était treize à pas trop savoir où on allait» rapporte Jean-François Coste, un des concurrents. Sept voiliers réussiront finalement l’exploit.

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Loïck Peyron sur Lada Poch III
Photo : Philippe Chérel (1989)
Source : Ouest-France

  C’est 109 jours plus tard qu’Écureuil d’Aquitaine II, du skipper Titouan Lamazou, franchit la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne en vainqueur. L’épreuve a été difficile : Philippe Poupon a chaviré et a du recevoir l’aide de Loïck Peyron pour s’en tirer. Sur le quai, à l’arrivée, Tituan Lamazou se fait humble après cette victoire du grand tour en solitaire. Le Vendée Globe entre dans l’histoire de la voile.

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Arrivée  Jean-Luc Van Den Heede 2
Photo anonyme (1990)
Source : Archives municipales des Sables d’Olonne

   Le Vendée Globe revient ensuite à tout les quatre ans, avec des voiliers toujours plus performants. Certains skippers prennent le départ pour plus d’une édition. Après sa carrière de navigateur professionnel, Lamazou, lui, passe à une carrière artistique et se démarque comme peintre engagé. En 2003, il est nommé «Artiste de l’UNESCO pour la paix».

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Mort des PP. Lalemant et de Brébeuf
Reproduction d’une estampe parue dans François-Joseph Bressani, Les Jésuites-martyrs du Canada (1877)
Source : BANQ

     Le 16 mars 1649, le jésuite Jean de Brébeuf est martyrisé. Missionnaire au pays des Hurons-Wendats, le père Brébeuf est capturé par des guerriers iroquois durant une guerre qui aboutira par la destruction de la Huronie et la dispersion des survivants. Le supplice de Brébeuf est un des plus atroces des annales du christianisme. Le donné Christophe Regnault,  spectateur des restes du martyr, en donne une description saisissante : «Le Père de Brebœuf avoit les jambes, les cuisses et les bras tous decharnez jusqu’aux os ; Jay veu et touché quantité de grosses ampoules qu’il avoit en plusieurs endroits de son corps ; de l’eau boüillante que ces barbares lui avoient versé en dérision du St Baptesme. Jay veu et touché la plaie d’une ceinture d’écorce toute plaine de poix et de raisine qui grilla tout son corps. Jay veu et touché les bruleures du Collier des haches quon luy mist sur les épaulles et sur l’estomach ; Jay veu et touché ses deux levres quon luy avoit couppées à cause qu’il parloit tousjours de Dieu pendant qu’on le faisoit souffrir. Jay veu et touché tous les endroits de son corps, qui avoit receu plus de deux cents coups de baston. Jay veu et touché le dessus de sa teste ecorché. Jay veu et touché louverture que ces barbares luy firent pour luy arracher le cœur».

Québec : chapelle des jésuites de la Haute-Ville. La châsse contenant des ossements des bienheureux martyrs jésuites Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant et Charles Garnier
Carte postale publiée à Québec par les Pères jésuites
(v. 1925-1930)
Source : BANQ

     Surnommé «le géant des missions huronnes» et «l’apôtre au coeur mangé», Jean de Brébeuf nous laisse dans ses écrits spirituels des traces de son désir d’être martyrisé dans son rôle de missionnaire. Il écrit : «Durant deux jours j’ai éprouvé sans discontinuer un grand désir du martyre et j’ai souhaité endurer tous les tourments qu’ont soufferts les martyrs. Que te rendrai-je, mon Seigneur Jésus , pour tous les biens que tu m’as faits ? Je prendrai ton calice et j’invoquerai ton nom . Je fais donc vœu, en présence de ton Père Eternel et du Saint-Esprit, en présence de ta très sainte Mère et de son très chaste époux Joseph ; devant les anges, les apôtres et les martyrs, et mes bienheureux Pères Ignace et François-Xavier ; je te fais vœu, dis-je, mon Seigneur Jésus, si tu m’offres miséricordieusement la grâce du martyre, à moi ton indigne serviteur, de ne jamais me détourner de cette grâce».

     Après Brébeuf, c’est au tour de son compagnon, le père Gabriel Lalemant d’être martyrisé. Il décède le lendemain, 17 mars, après avoir vécu des supplices tout aussi atroces. La Relation des Jésuites pour 1649 a retenu qu’il a été brûlé sur tout le corps et même dans les yeux qui reçurent des charbons ardents. Les corps des deux missionnaires sont d’abord inhumés sous la chapelle de la résidence à Saint-Maire-au-pays-des-Hurons.  Leurs dépouilles sont ensuite exhumées et transportées à Québec au printemps 1650.

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«Le Monument de Champlain»
Carte postale de
Produits de Qualité I.M.D. Inc.
(v. 1985)
Source : NelsonWeb

 

     Le 15 mars 1603, Samuel de Champlain embarque sur la Bonne-Renommée. Ce navire quitte Honfleur pour naviguer vers le Nouveau Monde. Champlain fait partie de l’expédition dirigée par François Gravé Du Pont. C’est Aymar de Chaste, titulaire du monopole commercial de la Nouvelle-France, qui invite Champlain à se joindre à Gravé Du Pont.

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Champlain
Reproduction d’une gravure attribuée à Pierre-Louis Morin d’après l’original publié à Paris par Imprimerie de Villain en 1854 (v. 1882)
Source : Benjamin Sulte. Histoire des Canadiens français, 1608-1880 : Montréal, Wilson & Cie, 1882-1884.

   Ce dernier est un habitué du Saint-Laurent. Champlain, lui, agit surtout comme géographe. De plus, il est le seul à laisser un récit détaillé de ce voyage. La première étape du périple se déroule à Tadoussac où les Français entrent en relation avec  plusieurs Amérindiens.

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Champlain Trading with the Indians
Photo anonyme d’une huile sur toile de Charles William Jefferys datant de 1911 (s.d.)
Source : Collection Imperial Oil, BAC

     Cette rencontre est le fruit du hasard. Mais, la participation des Français à cette fête est pleine de promesses. La «Grande Tabagie», comme l’événement est surnommé, marque le début d’une alliance entre les fondateurs de la Nouvelle-France et trois nations indiennes. Chacun y trouve son profit. D’un côté, les Français se positionnent comme un allié potentiel dans la lutte contre les nations iroquoises. De l’autre côté, les Algonquins, les Etchemins et les Montagnais démontrent le potentiel de leur appui pour l’exploration et le commerce. Cette alliance de 1603 va durer jusqu’à la chute de la Nouvelle-France.

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