Panneau frontal du IBM 650 Photo : Mike Cowlishaw

«Panneau frontal du IBM 650»
Photo : Mike Cowlishaw (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     Le 8 décembre 1954, un premier IBM 650 est livré à une compagnie d’assurances de Boston. L’appareil est compétitif selon les standards de l’époque : il coûte environ 500 000 US$ et se loge dans un seule pièce. L’IBM 650 devient le premier «computer» à être commercialisé.  Fabriquée d’abord aux États-Unis, cette machine est ensuite produite en France à partir du printemps 1955. Les Français s’interrogent sur le générique à donner à ce produit. Est-ce un «computeur»? Est-ce une «machine processionnelle» ?

     François Girard est alors le responsable de la publicité d’IBM en France. Il a l’idée de consulter Jacques Perret, son ancien professeur de lettres à l’Université de Paris.  Littéralement, un «computer» se traduit de l’anglais par le mot «calculateur». Ce terme ne rend toutefois pas justice aux fonctions remplies par cette nouvelle machine.

     Dans une lettre datée du 16 avril 1955, Jacques Perret s’adresse à Christian de Waldner, président d’IBM France. Il écrit : «Que diriez-vous d’ordinateur?». Le terme réfère à un ancien terme ecclésiastique, à un ordonnateur qui confère un ordre dans l’Église. Le sens religieux étant désuet et si éloigné du sens moderne que la langue française a conservé le terme ordinateur pour désigner le «computer».

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Blason de la commune de La Rochelle, Charente-Maritime, France
Illustation : Yann Gwilhoù, Moktoipas & Syryatsu (2008)
Source : Wikimedia Commons

 

 

     Jean Fonteneau est un personnage méconnu. Né en 1484 en Saintonge, il amorce sa carrière de marin à l’âge de 12 ans. Encore jeune, quelques années plus tard, il épouse Valentine Alfonse, une portugaise. On le surnomme alors Jean Alfonse, et c’est sous ce nom que sa renommée de navigateur se répand avec des voyages commerciaux dans la Baltique, dans la Méditerranée, le long des côtes de l’Afrique, dans l’océan Indien, dans la mer de Chine et le long de la côte est de l’Amérique du Nord, de la Nouvelle-Écosse aux Antilles. Il a la réputation de ne jamais perdre un navire. Ceci lui vaut d’être nommé capitaine pilote du roi François Iᵉʳ afin de conduire une expédition vers le Canada.

     Le 16 avril 1542, trois navires quittent La Rochelle sous la gouverne de Fonteneau dit Alfonse.  Le marin a été recruté par Jean-François de La Rocque de Roberval qui espère établir une colonie et faire fortune au Canada. Roberval a été nommé lieutenant-général du Canada un an plus tôt. La traversée est rapide, mais elle est aussi marquée par une véritable aventure romanesque.  Marguerite La Roque, cousine de Roberval, fait partie de l’équipage au départ de La Rochelle. Son comportement scandalise Roberval qui l’abandonne sur une île du Saint-Laurent avec son amant dont l’Histoire n’a pas gardé le nom et sa servante Damienne.  Marguerite aura un enfant sur l’île mais il décédera tout comme l’amant et la servante.  Elle va vivre plusieurs années seule sur l’île avant d’être rescapée par les Basques. Son aventure est ensuite racontée  par la reine Marguerite de Navarre dans L’Heptaméron et par André Thévet dans sa Cosmographie.

     L’historien Bernard Allaire a étudié le projet de colonisation de Roberval, son déroulement et son échec. Cette tentative de s’établir à l’embouchure de la rivière du Cap-Rouge, dans une colonie que Roberval nomme France-Roy, s’inscrit dans la mouvance de la «rumeur dorée». Cette rumeur se répand au XVIᵉ siècle en Europe : elle veut que le Nouveau Monde regorge de métaux précieux et qu’une voie traverse l’Amérique pour atteindre facilement la mer de l’Ouest et les richesses de l’Asie. L’établissement du cap Rouge est aussi le moment de tester l’efficacité d’une colonie pénitentiaire composée de prisonniers fortunés et rompus à plusieurs métiers. À Cap-Rouge, finalement, le bilan de Roberval est positif. Il maintient l’ordre sans mutinerie, confirme l’existence de métaux et rationalise la possibilité de se rendre rapidement en Asie par une exploration de l’intérieur jusqu’à Hochelaga.

La traversée et le séjour en Amérique de militaires, de colons et de prisonniers, au total plusieurs centaines, s’effectuent sans naufrage et mutinerie; l’ordre est maintenu. La rumeur fait place à la certitude quant aux pierres et métaux découverts. Elle ouvre la porte à plus de réalisme quant à l’atteinte rapide et facile de l’Asie à partir d’Hochelaga. L’expédition de Roberval au site du cap Rouge et l’exploration de l’intérieur jusqu’à Hochelaga constituent enfin une expérience d’acclimatation et de prise de possession de territoire qui facilitera l’enracinement à compter du 17e siècle.

 

 

Jackie Robinson dans l'uniforme #42 des Dodgers de Brooklyn Photo : Bob Sandberg (1954) Source : Wikimedia Commons

«Jackie Robinson dans l’uniforme #42 des Dodgers de Brooklyn»
Photo : Bob Sandberg (1954)
Source : Wikimedia Commons

       En 1946, les Royaux de Montréal évolue au sein de la Ligue internationale de baseball et joue leurs matchs locaux au stade De Lorimier.  Cette année-là, les Royaux sont le club-école de niveau AAA des Dodgers de Brooklyn de la Ligue nationale de baseball, une des deux composantes de la Ligue majeure de baseball (MLB).  Branch Rickey, le gérant de Dodgers, décide de faire fi du racisme et embauche trois Noirs au sein des Royaux.  Cette année-là, l’équipe est phénoménale et s’assure de tous les honneurs. Son joueur vedette est Jackie Robinson, un Noir natif de Cairo en Georgie, qui pulvérise tous les records.  Après la conquête du championnat AAA, Robinson est adulé par des milliers de supporteurs montréalais en liesse. Sam Maltin, un journaliste de Pittsburgh, déclare alors qu’il s’agit de la première fois en Amérique qu’un Noir doit fuir une foule de Blancs qui le poursuive par amour et non pour le lyncher !

Baseball. Jack Robinson
Photo : Conrad Poirier (1946)
Source : BANQ

      Le 15 avril 1947, Jackie Robinson s’aligne avec les Dodgers de Brooklyn pour le match d’ouverture de la saison de baseball au Ebbets Field en banlieue de New York. Au cours des 60 années précédentes, les propriétaires de la MLB interdisaient l’accès à leur circuit aux Noirs en prétendant s’appuyer sur des décisions de la Cour suprême des États-Unis. Robinson brise la «ligne noire» et ouvre la voie aux joueurs de couleurs dans la MLB. Joueur surdoué, Robinson réussit plusieurs exploits sportifs durant sa carrière. En 1949, il est choisi à travers la ligue comme le joueur le plus utile à son équipe. Il est élu en 1962 comme membre du Temple de la renommée du baseball.

     Jackie Robinson devient un symbole d’espoir pour des millions d’Américains. En brisant la ségrégation raciale présente dans le monde du baseball, Robinson a eu un impact sur toute la société américaine. Son excellence au jeu et sa présence en Série mondiale dès 1947 transcendent les frontières du sport. Fortement médiatisée, sa présence dans la MLB devient un véhicule en faveur de l’égalité entre les races.

     Après sa carrière sportive, Robinson devient un porte-parole du mouvement des droits civiques. Il participe à plusieurs manifestations et s’oppose à la guerre du Vietnam. Le 15 avril 2004, la MLB institue le «Jackie Robinson Day» pour commémorer annuellement la carrière de Robinson.

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