Pont historique de Québec. Plimasine pour les personnes actives souffrant d’allergies Carte postale promotionnelle (vers 1952) Source : NelsonWeb

 

     La construction de voies ferrées sur la rive sud de Québec durant la seconde moitié du XIXᵉ siècle prive la capitale d’un lien direct avec ce moteur du développement économique. Entre Lévis et Québec, le transport des passagers et des marchandises doit être assuré par les traversiers et par le pont de glace, en hiver. En 1887, la Compagnie du pont de Québec choisit le site actuel du pont afin de rentabiliser son investissement. La Phoenix Bridge Company, entreprise de Pennsylvanie, amorce les travaux en 1900 sous la direction de l’ingénieur américain Theodore Cooper.

     En cours de réalisation, des problèmes soulèvent l’inquiétude. Le 29 septembre 1907, la structure construite s’effondre et provoque le décès de 76 personnes. Les travaux reprennent, l’année suivante, sous la gouverne de la St. Lawrence Bridge Co.  À nouveau, le 11 septembre 1916, une partie du pont en construction, la travée centrale, s’effondre et cause la mort de 13 autres personnes. Deux tragédies marquent donc l’édification du pont de Québec avant son inauguration.

Une seconde travée centrale est construite rapidement. Le 17 septembre 1917, sept remorqueurs la transporte sur le fleuve depuis l’anse de Sillery pour la hisser à plus de 45 m de haut. Le 20 septembre suivant, la travée centrale est fixée aux bras cantilever. Un des ouvriers se dépêche pour exécuter une gigue sur une poutre d’acier ! Le pont est solide et il tient toujours cent ans plus tard. Qualifié à l’époque de huitième merveille du monde, le pont de Québec est une prouesse du génie. Il est le plus long pont de type cantilever au monde !!

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Le Moyne d’IbervilleReproduction d’une estampe datant de 1881 (s.d.)Source : BAC

     La guerre de la Ligue d’Augsbourg se déroule en Europe de 1688 à 1697. En Amérique, le conflit se déroule avec des enjeux différents et porte les noms de Première Guerre intercoloniale ou encore de King William’s War. Les affrontements se produisent entre la Nouvelle-France et les colonies britanniques au sujet du contrôle des fourrures à la baie d’Hudson et autour des Grands Lacs et aussi pour le contrôle des pêcheries dans le golfe du Saint-Laurent.

     La paix est conclue en 1697 à Ryswick, au Pays-Bas. Ces ententes sont ratifiées par deux traités différents.  Le premier est signé le 20 septembre et traite spécifiquement du destin des colonies. L’article VIII se lit comme suit : «Tous les Pays, Villes, Places, Terres, Forts, Isles et Seigneuries, tant au dedans qu’au dehors de l’Europe, qui pourroient avoir été pris et occupés depuis le commencement de la presente Guerre, seront restitués de part et d’autre au même état, qu’ils étoient pour les Fortifications lors de la prise, et quant aux autres Edifices, dans l’état qu’ils se trouveront, sans qu’on puisse y rien detruire ny deteriorer, sans aussi qu’on puisse pretendre aucun dedommagement pour ce qui auroit pû estre demoli ; Et nommement le Fort et habitation de Pondichery sera rendu aux conditions susdites à la Compagnie des Indes Orientales establie en France ; Et quant à l’Artillerie qui y a esté amenée par la Compagnie des Indes Orientales des Provinces Unies elle luy demeurera ainsi que les munitions de Guerre et de bouche, Esclaves, et tous les autres effets, pour en disposer comme il luy plaira, comme aussi des terres, droits et privileges qu’elle a acquis tant du Prince que des habitans du Pays».

     En d’autres termes, les conquêtes françaises en Amérique du Nord sont toutes annulées. En effet, après la défaite de William Phipps à Québec en 1690, les troupes française sous la direction de Pierre LeMoyne d’Iberville  réussissent, entre 1692 à 1696, à chasser les Anglais de la plus grande partie de l’Acadie et de la baie d’Hudson tout en saccageant les pêcheries anglaises à Terre-Neuve. Les diplomates européens ne réussirent pas à s’entendre sur la portée de ces conquêtes dont certaines persistèrent malgré les dispositions du traité.

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«Portrait de La Galissonière»Photo anonyme d’une estampe non datée (1954)Source : Wikimedia Commons

 

     Roland-Michel Barrin de La Galissonière est officier de marine et commande un navire de la Compagnie des Indes lorsqu’il est appelé à remplir un mandat en Nouvelle-France. En 1747, le convoi qui escorte le nouveau gouverneur Jacques-Pierre Taffanel de la Jonquière vers Québec est attaqué par les Anglais et le marquis de la Jonquière est fait prisonnier. La cour de France songe alors au marquis de La Galissonière pour assumer, par intérim, le commandement de la Nouvelle-France.

    Rompant avec ses ambitions personnelles dans la marine, de La Galissonière s’embarque sur le Northumberland et arrive à Québec le 19 septembre 1747. Il fait preuve de réelles qualités d’administrateur durant son passage dans la colonie. Il prône une politique d’expansion territoriale et lutte contre le développement de l’influence anglaise dans la vallée de l’Ohio, dans la Louisiane, autour des Grands Lacs et en Acadie.  Il s’intéresse aussi au peuplement de la Nouvelle-France.

    Il devient amis des Abénakis et s’affaire à construire une ligne de fort pour contrer les Anglais et leurs alliés. Il fait dresser des cartes de la région des Grands Lacs dans le but de reprendre le contrôle de ce territoire. Il protège aussi les institutions françaises, principalement les communautés religieuses.  De petite apparence, Barrin de La Galissonière fait néanmoins forte impression.  Un chef indien lui déclare même : «Faut-il que ton âme soit belle, pour que ton roi ait fait de toi le chef de son armée».

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