Manifestation des Canadiens contre le gouvernement anglais, à Saint-Charles, en 1837 Huile sur toile de Charles Alexander Smith (1890) Source : MNBAQ

Manifestation des Canadiens contre le gouvernement anglais, à Saint-Charles, en 1837
Photo anonyme d’une huile sur toile de Charles Alexander Smith datant de 1890 (s.d.)
Source : MNBAQ

     En 1937, des citoyens de Saint-Denis-sur-Richelieu organisent des célébrations pour commémorer le centenaire de la lutte des Patriotes en 1837-1838. Les fêtes se déroulent un peu partout au Québec. Les revendications des Patriotes pour la liberté, la démocratie et la reconnaissance de leur identité nationale sont au coeur des célébrations. Il faut cependant attendre 1962, lors du 125e anniversaire de la bataille de Saint-Denis, pour que la tradition d’une commémoration annuelle des Patriotes débute. La fête a alors lieu en novembre.

     Le 6 octobre 1982, le gouvernement du Québec décrète comme «Journée des Patriotes», le dimanche le plus proche du 23 novembre, en souvenir de la victoire patriote à Saint-Denis. Cette commémoration ne satisfait pas l’opinion publique. La création d’un nouveau congé ou la modification d’un jour férié existant sont réclamées pour témoigner de l’importance historique du mouvement patriote. En 1994, la Chambre des communes à Ottawa reconnaît officiellement la contribution des Patriotes à l’établissement de la démocratie au Canada.

     Le 20 novembre 2002, le gouvernement québécois modifie la «Journée des Patriotes». Afin de rappeler que les assemblées publiques débutèrent au Bas-Canada en mai 1837, la fête de novembre est déplacée vers le mois de mai. Le décret 1322-2002 proclame que dorénavant la «Journée nationale des Patriotes» coïncide avec le lundi précédant immédiatement le 25 mai de chaque année. Ce jour est férié et met un terme à l’ambiguïté qui existait auparavant au Québec quant à la pertinence de commémorer la date de naissance de la reine Victoria du Royaume-Uni ou celle du décès d’Adam Dollard des Ormeaux. Le 19 mai 2003, la «Journée nationale des Patriotes» est célébrée pour la première fois.

Pour en savoir plus : LaFontaine et son temps, Monument Louis-Joseph Papineau

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Affiche allemande célébrant le Pacte d'Acier (1939). Source : B&S Éditions

«Affiche allemande célébrant
le Pacte d’Acier de 1939»
Source : B&S Éditions

     Le 22 mai 1939, le «Pacte d’acier» est signé à Berlin. Dès l’automne 1938, l’Allemagne nazie tente de signer une alliance avec l’Italie. Mussolini est d’abord réticent. Il accepte finalement ce principe en janvier 1939. Même si l’Italie n’est pas prête à faire la guerre, ce pacte d’amitié et d’alliance entre Allemands et Italiens a un caractère automatique et offensif.

     L’entente est conclue après négociations entre les deux ministres des Affaires étrangères : Joachim von Ribbentrop, représentant du IIIe Reich, et Galeazzo Ciano, représentant de l’Italie fasciste. Le document précise que les deux pays sont «fermement liés ensemble par l’unité intérieure de leurs idéologies et de la solidarité complète de leurs intérêts». Les signataires s’engagent à maintenir leur espace vital respectif afin de mette sur pied les bases d’une nouvelle culture européenne…D’abord nommé le «Pacte du sang», un terme qui déplait à Mussolini, l’alliance prend rapidement le nom de «Pacte d’acier»

     Ce geste scelle officiellement le début du regroupement des forces de l’Axe dont l’union est complétée en 1940 avec l’ajout du Japon.  Plusieurs autres pays joindront aussi cette entente tripartite. Le «Pacte d’acier» est finalement abrogé en 1943 avec la chute militaire de l’Italie au main des Alliés.

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Forillon_National_Park_of_Canada_4

«Formation rocheuse appelée «Le Vieux» et phare de Cap Gaspé»
Photo : Danielle Langlois (2005)
Source : Wikimedia Commons

     Le 21 mai 1969, la création du parc Forillon en Gaspésie est annoncée par Jean Chrétien, alors ministre des Affaires indiennes du Canada. Cet aménagement est rendu possible suite à une entente avec le gouvernement du Québec qui met le site à la disposition du fédéral pour 99 ans. Bien que Québec peut récupérer le parc après 60 ans contre une compensation financière, les partis d’opposition à l’Assemblée nationale du Québec critiquent l’entente et accuse le premier ministre Jean-Jacques Bertrand de mollesse dans cette négociation.

     Au début des années 1960, une vaste enquête gouvernementale sur le développement régional s’amorce dans la région Bas-Saint-Laurent/Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine. En 1966, le Bureau d’aménagement de l’est du Québec (BAEQ) dépose un important rapport avec de multiples recommandations. Une d’elles est la création d’un parc à l’extrémité de la péninsule gaspésienne afin de stimuler le tourisme et de créer des milliers d’emploi. Le gouvernement fédéral est prêt à investir s’il obtient la propriété du territoire d’où le compromis du bail emphythéotique. L’accord officiel créant le parc national Forillon sera signé peu de temps après l’accession au pouvoir du nouveau premier ministre provincial, Robert Bourassa.

     L’entente officielle est signée le 8 juin 1970 entre Ottawa et Québec. Toutefois des centaines de personnes doivent être expropriés pour créer le parc. Le processus est difficile. En 1972, les expropriés entament des procédures judiciaires devant la Régie des services publics. Dans sa thèse et son livre sur la question, l’historienne Aryanne Babin conclut à l’injustice : «Dépossédés, volés, expulsés, traités injustement. Oui, ils se sont fait voler». De plus, en terme de création d’emplois, les Gaspésiens sont loin du compte puisque seulement une centaine de poste sont finalement ouverts au parc Forillon.

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