The General Hospital, Quebec

Photo anonyme d’une huile sur toile d’Henri Richard S. Burnett datée de 1887 et conservée au Musée McCord (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

 

     Mᴳᴿ Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier désire fonder en Nouvelle-France un hôpital pour les invalides.  Il amorce son projet en ouvrant une maison pour les indigents dans la Haute-Ville de Québec. Puis, il acquiert le couvent de Notre-Dame-des-Anges que les Récollets occupent sur les bords de la rivière Saint-Charles. Le 30 octobre 1692, les pauvres de l’hospice de la Haute-Ville sont conduits dans le nouvel hôpital à Notre-Dame-des-Anges par soeur Sainte-Ursule et par madame Marie Pelletier, veuve du sieur Denis Jean.  Ils arrivent en procession, deux par deux : «Monseigneur les attendait dans l’église pour les offrir à Dieu et les mettre en possession de leur nouvelle maison».

     Dès 1693, la direction de l’Hôpital général est confiée aux Augustines de la Miséricorde de Jésus.  Les religieuses sont déjà en charge de l’Hôtel-Dieu de Québec. Cependant, les Augustines créent une nouvelle communauté cloîtrée autonome pour gérer l’Hôpital général.  L’évêque de Québec reste toutefois impliqué dans le développement de l’établissement en faisant construire de nouveaux bâtiment comme l’aile de l’Hôpital en 1711-1712 et l’aile de l’Apothicairerie en 1714.

     Encore aujourd’hui, cette institution reste un legs de Mᴳᴿ de Saint-Vallier.  En confiant cette mission à une communauté hospitalière, le prélat voulait une oeuvre qui bravait les siècles.  Malgré l’opposition initiale au projet de Louis XIV, les Augustines persistent dans leur travail à l’Hôpital général de Québec, avec le soutien incessant de leur évêque.  Ainsi, depuis plus de trois siècles, l’hôpital dispense des soins et poursuit aujourd’hui sa mission comme centre d’hébergement de longue durée.

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Extrait du journal maintenu à UCLA décrivant la transmission du premier message sous le contrôle de Charles S. Kline

     En 1958, le gouvernement américain crée une agence chargée des projets de recherche en matière de défense militaire. Cette agence est nommée DARPA pour «Defense Advanced Research Projects Agency». La DARPA est à l’origine du premier réseau informatique, précurseur de l’Internet. En 1966, ce réseau est lancé entre certaines universités américaines et prend le nom d’Arpanet.

     Le 29 octobre 1969, le premier lien entre ordinateurs est réalisé sur l’Arpanet. Étudiant en programmation, Charles S. Kline envoie un premier message très simple: «LOGIN». Un bogue survient: uniquement les lettres L et O sont transmises puis le système cesse de fonctionner !

     Le réseau compte quatre universités au départ. Le nombre de centres reliés monte à 23 en 1971 et à 111 en 1977.  En 1975, l’Arpanet est déclaré fonctionnel. Le protocole utilisé est le IMP développé par la DARPA. Ce protocole est éventuellement remplacé par les protocoles TCP/IP durant les années 1980. L’Arpanet cesse d’être soutenu par les autorités américaines en 1990 qui favorisent alors le développement du réseau Internet.

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«James Murray (military officer)»

Reproduction d’une gravure parue en 1908 dans George M. Wrong, A Canadian Manor and Its Seigneurs. The Story of a Hundred Years, 1761-1861 (s.d.)

Source : Projet Gutenberg

 

     Dès le début de l’administration civile de la province de Québec après la Conquête, de nombreuses difficultés se présentent au gouverneur James Murray dans l’application de la Proclamation royale de 1763. Les nouveaux colons britanniques installés dans la vallée du Saint-Laurent sont frustrés d’être privés d’un gouvernement représentatif. Ils contestent aussi les politiques coloniales qui les empêchent d’occuper les territoires à l’ouest de Montréal habités par les Amérindiens. Ces nouveaux arrivants réclament l’abolition du droit civil français et son remplacement par la Common Law. Ils espèrent aussi la constitution d’une assemblée parlementaire.

     Cette revendication ne rallie pas la majorité de la population qui parle français et qui est catholique.  Les quatre parties du serment du test excluent les catholiques de toute participation aux services civils et militaires de 1763 à 1774. Par contre, dès le 29 octobre 1764, un groupe de 94 marchands se réunissent pour adresser une pétition au roi afin d’obtenir que ses ordres soient disponibles en français : «Depuis quatre ans nous jouissons de la plus grande Tranquilité; Quel bouleversement vient donc nous l’enlever ? De la part de quatre ou cinq persones de Loy, dont nous respectons le Caractère, mais qui n’entendent point notre langue, et qui voudroient, aussitôt qu’elles ont parlé, nous puissions comprendre des Constitutions qu’elles ne nous ont point encore expliquées et auxquelles nous serons toujours prêts de nous soumettre, lorsqu’elles nous seront connües; mais comment les Connoître, si elles ne nous sont point rendües en notre Langue ?».

     Cette pratique de la pétition est nouvelle dans la colonie. Peu fréquente en Nouvelle-France, elle a des racines anciennes en Angleterre. Dans son mémoire sur la question, Gisela Giral résume : «En l’absence d’institutions représentatives traditionnelles, la pratique de pétitionner collectivement aux autorités coloniales est devenue un outil essentiel pour influencer les décisions politiques et administratives». Dans le cas de la pétition du 29 octobre 1764, l’affaire semble la conséquence des démarches du greffier Jean-Claude Panet de convaincre les grands jurys de langue française du district de Québec de rejeter une cause sous le motif qu’ils n’avaient pas compris les représentations faites par leurs collègues de langue anglaise.

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