«Les reliques de sainte Anne au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré»
Photo : Rabbitwmn (2009)
Source : www.fotothing.com

     C’est au XVIIᵉ siècle que le chapitre de Carcassonne en France offre à Mᵍʳ François de Laval une relique de sainte Anne. Celle-ci aurait été amenée en Nouvelle-France par le père Henri Nouvel. Le 12 mars 1670, Mᵍʳ François de Laval amène cette première relique, une partie d’os d’un doigt de la grand-mère du Jésus Christ, au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, près de Québec. Les pèlerinages vers ce lieu sont alors en pleine expansion.

     D’autres reliques de sainte Anne se trouvent également au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. Le 26 juillet 1892, Mᵍʳ Joseph-Calixte Canac-Marquis y apporte un fragment de quatre pouces de l’avant-bras de sainte Anne. Cette relique est un don du pape Léon XIII et provient de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome. Une autre grande relique provenant aussi de l’avant-bras de sainte Anne s’ajoute aux deux autres le 3 juillet 1960. Provenant également de Saint-Paul-hors-les-Murs, cette dernière relique est un don du pape Jean XXIII.

     Cette présence de reliques de la mère de la Vierge Marie au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré s’inscrit dans le culte de sainte Anne à travers le monde.  Cette dévotion commence en Orient avec la diffusion du Protoévangile de Jacques au IIᵉ siècle. Elle se répand ensuite en Occident durant le Moyen Âge, à la faveur des croisades et du développement du christianisme. Importée de France, ce culte apparaît en Amérique du Nord à Sainte-Anne-de-Beaupré à l’époque de François de Laval et se répand par après un peu partout sur le continent.

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«Face à face entre le soldat Patrick Cloutier, du Royal 22ᵉ Régiment, et Brad « Freddy Krueger » Larocque, un guerrier anishinaabe»
Photo : Shaney Komulainen (1990)
Source : Wikimedia Commons

     Le 11 mars 1990, des barrages sont érigés à Oka afin d’empêcher l’agrandissement du terrain de golf.  Ces barricades sont érigées par des Autochtones, principalement des membres de la nation mohawk. Le conflit entre les Amérindiens et la municipalité d’Oka est latent depuis plusieurs années. La ville veut faire respecter sa juridiction, notamment en matière de zonage. Les Mohawks, eux, ne reconnaissent pas ce pouvoir. Dans l’année qui précède l’érection des barricades, un projet de centre de désintoxication autochtone est bloqué par un groupe de citoyens. De plus, la police doit faire plusieurs interventions dans la communauté mohawk.

     Mais les racines du problème remonte au XVIIIᵉ siècle. Les Mohwaks réclament depuis l’époque coloniale la reconnaissance de leur droit foncier sur des terres dites ancestrales. En 1961, un terrain de golf de neuf trous est aménagé sur un espace de la pinède d’Oka que les Mohawks de la réserve indienne de Kanasatake revendiquent comme terres communes. En 1989, le maire d’Oka, Jean Ouellette, dévoile un projet d’agrandissement du golf associé à la construction de 60 logements de luxe dans la pinède. Les Mohawks protestent et soutiennent que le développement va se faire sur un cimetière amérindien. Le gouvernement du Québec, par ses ministères de l’Environnement et des Affaires autochtones, critique aussi le projet qui, malgré tout, va de l’avant.

     La crise d’Oka va durer jusqu’en septembre 1990.  Le 11 juillet, la Sûreté du Québec tente de prendre d’assaut les barricades pour faire respecter des injonctions obligeant la levée des barrages routiers. Durant l’affrontement, le caporal Marcel Lemay est abattu par balles. La tension est à son comble et le conflit s’envenime. Des Autochtones de partout au Canada viennent appuyer les Mohawks de Kanasatake tandis que les Mohawks de Kahnawake bloque le pont Mercier. L’armée canadienne doit alors intervenir pour faire tenter de résoudre le problème. À l’issue de longues négociations, les barricades sont finalement levées le 26 septembre.  La crise d’Oka laisse une lourde cicatrice dans le tissu social des communautés concernées et dans les relations entre les Autochtones et les autorités gouvernementales.

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Page titre de la première édition de Frankenstein Londres, Lackington, Hughes, Harding, Mavor & Jones, 1818

Page titre de la première édition de Frankenstein
Londres : Lackington, Hughes, Harding, Mavor & Jones, 1818

     Mary Wollstonecraft Godwin passe l’été 1816 avec son amant, le poète Percy Shelley, à Cologny, sur le bord du lac Léman près de Genève. Elle a 18 ans. Ils fréquentent l’écrivain romantique George Gordon Byron, mieux connu comme Lord Byron. Byron est en couple avec la demi-soeur de Mary, Claire Clairmont. Le temps estival est pluvieux et inclément. Byron suggère alors à chacun d’écrire une histoire gothique de fantômes. Mary, d’abord réticente, laisse aller sa plume. Elle termine le roman en 1817. Frankenstein ; or, the Modern Prometheus est publié à titre anonyme le 11 mars 1818 par un éditeur de Shelley dont Mary est devenue l’épouse légitime en décembre 1816.

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«Frontispice de la seconde édition de Frankenstein»
Photo anonyme d’une gravure sur métal de Theodore Von Holst publiée dans Mary Shelley, Frankenstein : Londres, Colborn & Bentley, 1831.
Source : Wikimedia Commons

     Frankenstein est un texte puisant son inspiration dans les nouvelles gothiques et dans la littérature romantique. Certains y voient l’origine de la science-fiction. Le récit de Mary Shelley est articulé autour de Victor Frankenstein, un scientifique qui donne la vie à un être créé à partir de corps démembrés. Intelligente et douce, la créature est dotée d’un physique hideux. Rejetée par son créateur, la créature devient ensuite de plus en plus brutale à force d’errer à la recherche d’une compagne.

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«Boris Karloff personnifiant le monstre de Frankenstein»
Photo promotionnelle anonyme du film
The Bride of Frankenstein (1935)
Source : Universal Studios

    Mary Shelley perfectionne son texte avec l’aide de son mari. Elle en livre une version révisée en 1831. Dès sa publication, Frankenstein est bien accueilli par la critique. Le texte devient un classique de la littérature d’horreur au XIXᵉ et au XXᵉ siècle. Frankenstein sert ensuite d’inspiration à plusieurs pièces de théâtre et à plusieurs films très populaires.

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