«Portrait de Pierre-Amable De Bonne (1758-1816)»Gravure anonyme (s.d.)Source : Archives Montréal

    Pierre-Amable De Bonne s’impose comme le leader des francophones soutenant le parti gouvernemental à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada. Il mène une carrière réussie comme juge et haut fonctionnaire. Orateur habile, il se fait élire à plusieurs reprises et ce, dans plusieurs comtés différents. En 1801, il est le député de Trois-Rivières.

    Le 7 février 1801, le juge De Bonne présente un projet de loi visant à créer l’Institution royale pour l’avancement des sciences. Cette loi crée des écoles gratuites avec une prise en charge gouvernementale et la taxation des citoyens pour en financer le fonctionnement. Dès le début de la session, en janvier 1801, l’administrateur de la colonie, Robert Shore Milnes, avait évoqué la volonté du roi de créer des écoles anglaises au Bas-Canada. Adopté par les députés en mars 1801, la loi créant l’Institution Royale est sanctionnée le 7 avril 1802.

     Finalement, l’appel au boycott de l’Institution Royale entraîne son déclin entre 1825 et 1846. Le chanoine Lionel Groulx a étudié l’Institution Royale qu’il critique sévèrement comme un mécanisme d’anglicisation et d’anglicanisation de la population canadienne. Louis-Philippe Audet en 1952 y consacre deux tomes de son ouvrage sur le Système scolaire dans la Province de Québec. Il dénonce pour sa part le refus des élites laïques et religieuses catholiques et francophones de participer à cette institution.

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«Pavillon royal arboré en présence du roi de France de 1638 à 1790»Image vectorielle de Sodacan (2014)Source : Wikimedia Commons

     La guerre d’Indépendance des États-Unis d’Amérique débute en 1775. Les Treize colonies anglaises d’Amérique du Nord revendiquent leur souveraineté et combattent pour cesser d’être sous la domination coloniale de la Grande-Bretagne. En 1776, un comité du Congrès continental est formé pour rédiger un «Traité modèle». Ce document doit guider la politique internationale américaine. Dès septembre 1776, Benjamin Franklin dirige un groupe de représentants du Congrès à Paris. Il est mandaté pour négocier une alliance.

 

Benjamin FranklinDessin de Charles-Nicolas Cochin et gravure d’Augustin de Saint-Aubin (1777)Source : National Portrait Gallery, Smithsonian Institution

 

     D’abord hésitante, la France accorde finalement son appui aux patriotes américains dans leurs revendications. Deux documents sont signés le 6 février 1778 pour officialiser l’alliance. Un premier document traite des relations harmonieuses que les deux pays s’engagent à maintenir. C’est le Traité d’amitié et de commerce.

«Drapeau américain créé par Betsy Rossen usage de 1777 à 1795»Image vectorielle de DevinCook (2008)Source : Wikimedia Commons

     Le second traité formalise l’alliance militaire entre la France et les Américains. Cette entente assure le soutien de la France aux États-Unis durant la guerre d’Indépendance. C’est le Traité d’alliance éventuelle et défensive. Les deux documents sont signés par Conrad Alexandre Gérard pour la France et par Benjamin Franklin, Silas Deane et Arthur Lee pour les États-Unis.

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Lambert ClossePhoto anonyme publiée dans Souvenir de Maisonneuve : esquisse historique de la ville de Montréal et séance d’inauguration du monument de M. de Maisonneuve, le 1er juillet 1895 (Montréal, Desbarats & Cie, 1896)Source : BANQ

     Raphaël-Lambert Closse est un des pionniers de Montréal. Sergent-major de Ville-Marie, Lambert Closse agit avec leadership comme défenseur de la colonie. Il se distingue au plus fort des attaques répétées par les autochtones, surtout des Agniers, qui menacent sans relâche la sécurité du petit établissement montréalais au milieu du XVIIᵉ siècle. Dans sa biographie, Marie-Claire Daveluy le qualifie de «chef d’une trempe héroïque» et de meneur d’hommes qui «savait maintenir les soldats dans une atmosphère de vaillance rendant la moindre action efficace». Le titre de «sauveur de Montréal» se retrouve souvent dans l’historiographie le concernant.

     Durant l’absence en France de Paul Chomedey de Maisonneuve, en 1655, Closse commande à Ville-Marie. Il exerce à cette époque sa profession de notaire et pratique la traite des fourrures, malgré sa piété reconnue. Le 6 février 1662, Lambert Closse se porte à nouveau à la défense de certains de ses compatriotes mis en danger par une attaque iroquoise. Il meurt en soldat, ayant déclaré peu auparavant qu’il était venu en Nouvelle-France «afin d’y mourir pour Dieu en le servant dans la profession des armes, si je n’y croyois pas mourir je quitterois le pays pour aller servir contre le Turc et n’être pas privé de cette gloire» !

      Il n’existe pas de portrait de Lambert Closse. Le sculpteur Louis-Philippe Hébert a imaginé son visage dans le haut-relief qu’il a fait de lui à la fin du XIXᵉ siècle. Au coin sud-est du monument à la mémoire de Maisonneuve érigée en 1895 au centre de la place d’Armes à Montréal, Closse est représenté accroupi l’arme à la main comme une véritable sentinelle redoutant une embuscade ; il est accompagné de sa chienne Pilote qui débusqua l’ennemi et réveilla les Français lors d’une attaque de Ville-Marie en 1648.

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