Abraham Lincoln,seizième président desÉtats-UnisPhoto : Alexander Gardner (1863)Source : Librairie du Congrès

     Au début de la guerre de Sécession, le premier objectif d’Abraham Lincoln est de sauver l’Union américaine. Malgré son opposition à l’esclavage, Lincoln craint que les états frontaliers ente le Nord et le sud soit le Maryland, le Delaware, le Kentucky et le Missouri rejoignent les rebelles s’il légifère sur cette question.

     Au milieu de la guerre civile, le 22 septembre 1862, Lincoln donne un avis préliminaire d’émancipation des esclaves. Il donne 100 jours aux États confédérés pour rejoindre l’Union sinon tous les esclaves habitant ces états seront déclarés libres.

     Le 1ᵉʳ janvier 1863, la Proclamation d’émancipation stipule que «toutes les personnes détenues comme esclaves dans les états rebelles sont désormais libres». L’appui aux Sudistes devient ainsi un appui à l’esclavage, une option impossible pour la diplomatie de la Grande-Bretagne et de la France. En jouant cette carte politique, Lincoln s’assure de la caution internationale à l’abolition de l’esclavage aux États-Unis et ouvre la voie vers un amendement constitutionnel sur la question.

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L’Arrivée des Filles du RoiReproduction d’aune aquarelle sur crayond’Eleanor Fortescue-Brickdale (avant 1927)Source : BAC

     En 1663, la Nouvelle-France devient une province royale. Louis XIV décide de soutenir le peuplement en s’attaquant au problème démographique de la disproportion numérique entre les habitants des deux sexes dans la colonie. Le problème semble simple aux yeux du monarque : il n’y a pas assez de femmes en Nouvelle-France pour assurer son peuplement. Son ministre des finances, Jean-Baptiste Colbert, dirige alors vers Québec un mouvement d’immigration féminine. Ce sont les Filles du Roi !

     Le premier contingent arrive à Québec le 22 septembre 1663. Trente-six femmes forment le groupe. Le roi assure leur traversée à ses frais et s’engage à les vêtir. Près de 800 Filles du Roi s’établissent en Nouvelle-France en dix ans. D’origine modestes, les filles sont choisies selon des critères strictes et des certificats de bonne conduite afin de justifier les largesses royales à leur égard. Les recherches historiques montrent qu’on est loin de la mauvaise réputation que certains leur ont affublé.

     Dans un pays où il y a six fois plus d’hommes que de femmes, elles trouvent rapidement un époux intéressant. En peu de temps, elles contribuent à la hausse du taux de natalité dans la colonie. L’intendant Jean Talon appuie d’ailleurs leur présence et facilite leur venue. La Société d’histoire des Filles du Roy s’affaire maintenant à faire connaître leur histoire.

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«La Grande Recrue de 1653. Plaque commémorative posée à laplace De La Dauversière, Montréal»Photo : Jean Gagnon (2011)Source : Wikimedia Commons

 

     En 1653, une centaine d’hommes traverse l’Atlantique pour venir aider la colonie naissante.  C’est la Grande Recrue. Ville-Marie, malgré les efforts de Paul Chomedey de Maisonneuve, est constamment harcelée par les attaques ennemies. Maisonneuve doit aller chercher de l’aide dans la mère patrie. Il ramène alors la Grande Recrue et aussi quelques femmes dont Marguerite Bourgeoys, venue pour ouvrir une école à Ville-Marie. La traversée est éprouvante : le premier navire utilisé est pourri, menace de couler et doit être remplacé. Il faut plus de deux mois avant que ces colons arrivent finalement au pied du Cap-aux-Diamants.

     Le 22 septembre 1653, la Grande Recrue arrive à Québec. Comble de malheur, leur voilier sombre en raison d’un bris de charpente. Cet incident n’efface pas l’espoir que l’arrivée de la Grande Recrue suscite. Un Te Deum est chanté à l’église de Québec.  Le gouverneur Jean de Lauson tente de retenir les arrivants dans la capitale mais Maisonneuve refuse fermement en exhibant un lettre royale confirmant le mandat de la Grande Recrue d’aller aider au développement de Ville-Marie.  Après avoir rencontré Marguerite Bourgeois et les autres membres de la recrue, Jeanne Mance quitte rapidement Québec pour aller annoncer aux Montréalaises que les renforts arrivent.

     Incapable de partir aussitôt pour Montréal, les membres de la Grande Recrue doivent d’abord soigner leurs malades et trouver des barques pour remonter le fleuve. Quatre malades décèdent et sont inhumés à Québec. Puis, début novembre, la Grande Recrue monte à bord des petites embarcations qu’elle a réussi à trouver et navigue vers sa destination. Après avoir le passage des Trois-Rivières, une surprise les attend. Le 14 novembre, la neige tombe en abondance et un froid vif frappe les nouveaux arrivants. La Grande Recrue atteint Montréal le 16 novembre suivant.

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