Bataille de PoitiersPeinture d’Eugène Delacroix datant de 1830 et photographiée parMartine Beck-Coppola (2011)Source : Musée du Louvre

     Après son mariage avec Henri Plantagenêt, Aliénor d’Aquitaine est sacrée reine d’Angleterre en 1154. De suite, une partie du royaume de France devient anglais. Cette dualité aboutit au XIVᵉ siècle en un conflit entre les deux pays lorsque le roi Edouard III d’Angleterre réclame la couronne de France au détriment de Philippe de Valois. Il s’ensuit une période trouble de confrontations entre la France et l’Angleterre, entre la dynastie des Valois et la dynastie des Plantagenêt. Ces affrontements sont connus sous le nom de guerre de Cent ans.

     En septembre 1355, Edouard de Woodstock, prince de Galles, débarque à Bordeaux avec ses troupes estimées entre 6 000 et 11 000 hommes selon les sources. Surnommé le Prince noir en raison de son armure particulière, il se lance dans une chevauchée à travers la France. Les Anglais pillent alors tous sur leur passage. Pour défendre son royaume, le roi Jean le Bon réunit des états généraux en décembre 1355. À cette occasion, il réussit à obtenir les subsides nécessaires à la levée d’une armée pour affronter celle du Prince noir.

     Le 19 septembre 1356, la bataille est engagée sur le plateau de Maupertuis, près de Poitiers. La suite est un désastre pour les troupes françaises. Malgré une supériorité numérique, l’armée française est décimée et le roi Jean est fait prisonnier. La chevalerie française en sort affaiblie et le pays doit payer une forte rançon pour son roi. Seul point de consolation pour les Français, le traité de Bretigny qui règle la question de la captivité de Jean le Bon à Bordeaux reconnaît la légitimité de ce dernier comme monarque de France.

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«The Panic – Run on the Fourth National Bank, No. 20 Nassau Street»Reproduction d’une gravure sur bois anonyme publiée dans le Frank Leslie’s Illustrated Newspaper(4 oct.1873), p. 67Source : Librairie du Congrès

     Au début des années 1870, une série de mauvais prêts hypothécaires mine l’économie européenne. Lorsque survient une chute du prix des aliments au printemps 1873, l’Europe centrale vit un véritable krach. Les banques continentales coulent une après l’autre tandis que les banques anglaises retiennent leur capital. Les coûts du crédit deviennent prohibitifs et la crise s’étend à l’Amérique à l’automne suivant.

     Les compagnies de chemin de fer américaines avaient alors construit des instruments financiers complexes qui ne résistent pas à la défaillance du crédit. Les investisseurs deviennent sceptiques sur la solidité réelle de ces compagnies. Lorsque la Northern Pacific Railway lance une nouvelle émission obligataire, la méfiance s’installe.

     Le 18 septembre 1873, la Jay Cooke & Co. fait faillite et ferme ses portes. Elle était un des plus importants bailleurs de fonds des compagnies ferroviaires et la première banque américaine. La panique s’empare de Wall Street et le marché boursier s’effondre. Le marasme économique s’installe pour quatre ans aux États-Unis et pour deux années de plus en Europe.

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«Vue de la maison de l’évêque et des ruines, à partir de la côte à gravir pour passer de la basse-ville à la haute-ville»Reproduction d’un dessin de Richard Short fait en 1760 et gravé en 1761 (s.d.)Source : BAC

 

 

    Le montréalais  Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay est lieutenant du roi en 1759. Au début du siège de Québec, il est responsable de la défense de la Haute-Ville. Il a sous ses ordres 700 soldats, quelques canonniers et des miliciens issus de la bourgeoisie locale. Malade, il doit être hospitalisé à l’Hôpital Général de Québec au milieu d’août. C’est là qu’il se trouve lorsque la bataille des plaines d’Abraham a lieu le 13 septembre. Après la défaite française, Montcalm mourant, Ramezay revient dans la ville pour prendre le commandement des troupes françaises. Il participe au conseil de guerre le 13 au soir. La retraite de l’armée française vers le fort Jacques-Cartier est voté mais Ramezay reçoit l’ordre de tenir la ville aussi longtemps que possible sans avoir à soutenir une attaque.

     Le lendemain Ramezay passe ses troupes en revue : il dispose de 2 200 hommes et de rations pour environ huit jours. Il reçoit le 15 septembre une «Requeste des Bourgeois de Québec» lui demandant de capituler honorablement pour éviter de nouveaux bombardements sur la ville. Il convoque un nouveau conseil de guerre avec les officiers restés à Québec. Treize sur quatorze se prononcent en faveur de la capitulation. Vers 15 heures, le 17 septembre 1759, Ramezay fait hisser le drapeau blanc et négocie les termes de la capitulation avec l’amiral Charles Saunders et le général George Townshend. À 23 heures, Ramezay accepte la capitulation de Québec, ne tenant pas compte d’un nouvel ordre qu’il reçoit du gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnal qui l’enjoint de tenir bon à Québec jusqu’à l’arrivée des renforts.

    La capitulation de Québec continent onze articles. Les deux premiers articles stipulent que la garnison française reçoit les honneurs de la guerre et que les habitants de Québec peuvent conserver leurs maisons. D’autres articles précisent que le pardon est accordé aux miliciens, que les maisons vacantes ne doivent pas être pillées, que les habitants de Québec ne seront pas déportés et que le catholicisme sera toléré. On trouve aussi des articles sur l’inventaire des armes, sur les blessés et sur les modalités de la reddition. Le 18 septembre 1759, au matin, la capitulation de Québec est signée.

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