L'Assomption Détail d'une oeuvre sur soie de Guido Reni datée de 1642 et photographié par Brian J. McMorrow (2006) Source : Wikimedia Commons

L’Assomption
Détail d’une oeuvre sur soie de Guido Reni datée de 1642 et photographiée par
Brian J. McMorrow (2006)
Source : Wikimedia Commons

     Le fait saillant de la Convention de Memramcook en 1881 est le choix du jour de la fête nationale des Acadiens.  Des discussions animées opposent alors deux groupes sur la date à retenir.  Certains prônent le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, afin de stimuler le lien entre tous les Canadiens français face à la majorité anglophone du Canada. On espère ainsi resserrer les liens entre l’Acadie et le Québec.  Une majorité des délégués, à l’instar de l’abbé Marcel-François Richard, soutiennent cependant que les Acadiens ont une identité nationale qui leur est propre. La Convention adopte finalement la date du 15 août, jour de la fête de l’Assomption.

     La première convention nationale des Acadiens attirent plus de 5 000 personnes à Memramcook en 1881.  Plusieurs discussions s’y déroulent pour mieux définir ce qu’est un Acadien.  Les délégués se positionnent pour affirmer leur identité nationale, en réaction à celle plus large de Canadiens français.  En fait, seulement quelques centaines de personnes participent directement aux délibérations organisées autour de cinq commissions. Les thèmes abordés sont la fête nationale, l’éducation, l’immigration et l’agriculture et le rôle de la presse.

     Le choix du patronage de Notre-Dame de l’Assomption s’explique par l’histoire. Le peuple acadien se place sous la protection de la Vierge car, à l’époque de la fondation de l’Acadie, la France est consacrée à Marie sous le règne de Louis XIII. D’autres symboles de l’Acadie seront ensuite retenus.  En 1884, lors de la Convention de Miscouche, le drapeau acadien est adopté et l’Ave Maris Stella devient l’hymne national.  En 1994, une version en français inspirée de ce chant en latin est chantée lors du premier Congrès mondial acadien.

#######

«Attaques des forts de Chouaguen en Amerique...» par le lieutenant Therbu (1789). Source : Barry Lawrence Ruderman Antique Maps Inc.

«Attaques des forts de Chouaguen en Amerique…»
Reproduction d’une carte du lieutenant Therbu datant de 1789 (s.d.)
Source : Barry Lawrence Ruderman Antique Maps Inc.

     L’arrivée à Québec des régiments de La Sarre et de Royal-Roussillon en mai 1756 est accompagnée de celle d’un nouveau commandant, le marquis Louis-Joseph de Montcalm. Malgré ses réticences, Montcalm se rallie au plan élaboré par le gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil en vue d’attaquer le «fort de Chouaguen» (Oswego) à l’embouchure de la rivière du même nom. Cette campagne vise le contrôle de l’embouchure du lac Ontario.

     Les troupes françaises se positionnent le 10 août 1756 pour bombarder le fort Ontario qui tombe rapidement. La garnison anglaise se replie alors au fort Oswego, de l’autre côté de la rive.  Le verrou militaire sur la rivière Oswego est ainsi démoli. Le bombardement français se poursuit sur le fort.  Le 14 août au matin, le commandant des troupes anglaises, le colonel James Mercer est décapité par un boulet de canon.  Une heure plus tard, Oswego capitule.

     Montcalm fait détruire le fort et poursuit l’avancée française jusqu’au fort William-Henry qui domine la vallée de l’Hudson. Ses troupes contrôlent alors la région des Grands Lacs. La première phase de la guerre de la Conquête tourne ainsi à l’avantage de la France.

#######

France_Canada_BS30_2008_couv

«Couverture d’un souvenir philatélique. Fondation de Québec 2008 – Savignon»
Photo anonyme d’une illustration de Francis Back (s.d.)
Source : http://www.phil-ouest.com/Timbre.php?Nom_timbre=France_Canada_BS30_2008

     Après la fondation de Québec en 1608, Samuel de Champlain noue des alliances avec plusieurs nations amérindiennes.  Aidés de représentants des Anishinabegs, des Wendats et des Innus, Champlain et les troupes françaises attaquent les Mohawks à l’été 1609.  La bataille décisive a lieu dans l’actuel État de de New York, près de Ticonderoga.  Grâce à l’utilisation de son arquebuse, Champlain sème la déroute dans le camps iroquois et gagne en prestige auprès de ses nouveaux alliés.  Il se rend alors dans des villages innus pour observer leur rite de victoire. Champlain passe ensuite l’hiver en France et revient livrer une nouvelle bataille aux Mohawks en 1610, toujours aidé de ses alliés autochtones. Pour conforter ces alliances, Champlain confie alors le jeune Étienne Brûlé au chef anishinabe Iroquet, avec mission d’apprendre leur langue.  De son côté, Champlain prend sous sa protection un jeune Wendat nommé Savignon. Informé de l’assassinat d’Henri IV, Champlain retourne en France le 13 août 1610 pour s’assurer d’un soutien continu en faveur de la Nouvelle-France.  Il est accompagné de Savignon, envoyé par sa tribu afin d’observer les us et coutumes de France.

     L’échange entre Savignon et Étienne Brûlé se fait à l’embouchure de l’actuelle rivière Richelieu lors d’une rencontre après la bataille de 1610 contre les Mohawks.  Champlain négocie cette entente avec Iroquet et avec Outchetaguin, un chef wendat, afin de créer des interprètes qui vont agir pour le compte de la France dans les territoires amérindiens.  En traversant l’Atlantique, Savigon devient le premier Wendat à se rendre en France. Invité à la cour royale, il se déclare impressionné par les «orignaux sans panache» qui tirent le carrosse doré du roi.

     De retour en 1611, Savignon est envoyé en amont des rapides de Lachine pour hâter le retour des alliés autochtones de Champlain. Après une mésaventure en canot, aux abords d’un lieu connu aujourd’hui comme l’île aux Hérons près de Montréal, et où deux de ses compagnons perdent la vie, Savignon revient rencontrer Champlain avec son frère, Tregouaroti.  Ils sont accompagnés de plusieurs hommes dont les chefs Iroquet et Outchetaguin.  Brûlé fait un rapport positif de son séjour hivernal en pays autochtone.  Savignon raconte alors comment il a été bien traité en France.  À regret, Savignon fait ses adieux à Champlain avec qui il s’est lié d’amitié et il reprend le chemin vers son pays. Pour Champlain, il s’agit plutôt d’un grand soulagement puisqu’il n’a dès lors plus la responsabilité du bien-être du jeune homme. En effet, s’il lui était arrivé malheur, les conséquences diplomatiques auraient été graves.

#######