«Attaques des forts de Chouaguen en Amerique...» par le lieutenant Therbu (1789). Source : Barry Lawrence Ruderman Antique Maps Inc.

«Attaques des forts de Chouaguen en Amerique…»
Reproduction d’une carte du lieutenant Therbu datant de 1789 (s.d.)
Source : Barry Lawrence Ruderman Antique Maps Inc.

     L’arrivée à Québec des régiments de La Sarre et de Royal-Roussillon en mai 1756 est accompagnée de celle d’un nouveau commandant, le marquis Louis-Joseph de Montcalm. Malgré ses réticences, Montcalm se rallie au plan élaboré par le gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil en vue d’attaquer le «fort de Chouaguen» (Oswego) à l’embouchure de la rivière du même nom. Cette campagne vise le contrôle de l’embouchure du lac Ontario.

     Les troupes françaises se positionnent le 10 août 1756 pour bombarder le fort Ontario qui tombe rapidement. La garnison anglaise se replie alors au fort Oswego, de l’autre côté de la rive.  Le verrou militaire sur la rivière Oswego est ainsi démoli. Le bombardement français se poursuit sur le fort.  Le 14 août au matin, le commandant des troupes anglaises, le colonel James Mercer est décapité par un boulet de canon.  Une heure plus tard, Oswego capitule.

     Montcalm fait détruire le fort et poursuit l’avancée française jusqu’au fort William-Henry qui domine la vallée de l’Hudson. Ses troupes contrôlent alors la région des Grands Lacs. La première phase de la guerre de la Conquête tourne ainsi à l’avantage de la France.

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«Couverture d’un souvenir philatélique. Fondation de Québec 2008 – Savignon»
Photo anonyme d’une illustration de Francis Back (s.d.)
Source : http://www.phil-ouest.com/Timbre.php?Nom_timbre=France_Canada_BS30_2008

     Après la fondation de Québec en 1608, Samuel de Champlain noue des alliances avec plusieurs nations amérindiennes.  Aidés de représentants des Anishinabegs, des Wendats et des Innus, Champlain et les troupes françaises attaquent les Mohawks à l’été 1609.  La bataille décisive a lieu dans l’actuel État de de New York, près de Ticonderoga.  Grâce à l’utilisation de son arquebuse, Champlain sème la déroute dans le camps iroquois et gagne en prestige auprès de ses nouveaux alliés.  Il se rend alors dans des villages innus pour observer leur rite de victoire. Champlain passe ensuite l’hiver en France et revient livrer une nouvelle bataille aux Mohawks en 1610, toujours aidé de ses alliés autochtones. Pour conforter ces alliances, Champlain confie alors le jeune Étienne Brûlé au chef anishinabe Iroquet, avec mission d’apprendre leur langue.  De son côté, Champlain prend sous sa protection un jeune Wendat nommé Savignon. Informé de l’assassinat d’Henri IV, Champlain retourne en France le 13 août 1610 pour s’assurer d’un soutien continu en faveur de la Nouvelle-France.  Il est accompagné de Savignon, envoyé par sa tribu afin d’observer les us et coutumes de France.

     L’échange entre Savignon et Étienne Brûlé se fait à l’embouchure de l’actuelle rivière Richelieu lors d’une rencontre après la bataille de 1610 contre les Mohawks.  Champlain négocie cette entente avec Iroquet et avec Outchetaguin, un chef wendat, afin de créer des interprètes qui vont agir pour le compte de la France dans les territoires amérindiens.  En traversant l’Atlantique, Savigon devient le premier Wendat à se rendre en France. Invité à la cour royale, il se déclare impressionné par les «orignaux sans panache» qui tirent le carrosse doré du roi.

     De retour en 1611, Savignon est envoyé en amont des rapides de Lachine pour hâter le retour des alliés autochtones de Champlain. Après une mésaventure en canot, aux abords d’un lieu connu aujourd’hui comme l’île aux Hérons près de Montréal, et où deux de ses compagnons perdent la vie, Savignon revient rencontrer Champlain avec son frère, Tregouaroti.  Ils sont accompagnés de plusieurs hommes dont les chefs Iroquet et Outchetaguin.  Brûlé fait un rapport positif de son séjour hivernal en pays autochtone.  Savignon raconte alors comment il a été bien traité en France.  À regret, Savignon fait ses adieux à Champlain avec qui il s’est lié d’amitié et il reprend le chemin vers son pays. Pour Champlain, il s’agit plutôt d’un grand soulagement puisqu’il n’a dès lors plus la responsabilité du bien-être du jeune homme. En effet, s’il lui était arrivé malheur, les conséquences diplomatiques auraient été graves.

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Scène du marché à Tenochtitlan.  Murale de Diego Rivera.  Palacio National, Mexico.

«Scène du marché à Tenochtitlán»
Détails d’une murale de Diego Rivera peinte en 1945 au Palacio National à Mexico
Photo : El Comandante (ca2011)
Source : Wikimedia Commons

     Tenochtitlán est la capitale de l’empire aztèque. Au XVᵉ siècle, la ville est devenue un centre dominant, régissant la croissance d’une civilisation à son apogée. En 1519, l’espagnol Hernan Cortés débarque sur la côte du golfe du Mexique. Il entend parler de la richesse de Tenochtitlán et décide rapidement de s’y rendre afin de s’accaparer de ses richesses.

     Les premiers affrontements entre les Aztèques et les troupes de Cortés tournent au désavantage des conquistadores.  L’épisode de la «Noche Triste» en 1520 est bien connu des historiens : Cortés échappe de justesse à la mort mais la moitié de ses troupes est massacrée.

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Metztitlan
Photo d’une illustration datant du XVIᵉ siècle
par Mireille Vautier (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

      L’année suivante, Cortés fait un long siège de la ville pour la couper de ses sources d’approvisionnements. La variole frappe les Aztèques au même moment. Leur système immunitaire ne résiste pas à cette maladie inconnue au Nouveau Monde. Le 13 août 1521, les Espagnols maîtrisent Tenochtitlán. L’empire aztèque s’écroule; Tenochtitlán sera rasée pour laisser la place à Mexico, centre de la colonisation espagnole au Mexique.

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