Sir John Colborne Portrait de George Théodore Beton (ca1884) Source : Wikipédia Commons

Sir John Colborne
Photo anonyme d’un portrait de George Théodore Berthon datant d’environ 1884 (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     Le 10 février 1838, l’Acte constitutionnel de 1791 est suspendu. Le gouverneur devient responsable de la direction de toutes les affaires publiques du Bas-Canda. Il est assisté d’un conseil dont il nomme les membres. La Chambre d’assemblée est mise en veilleuse et ce Conseil spécial gouverne la colonie sans mandat électoral durant les trois années suivantes.

     Cette loi britannique établit «des dispositions temporaires pour le gouvernement du Bas-Canada». Le Conseil spécial a le pouvoir d’émettre des ordonnances et des lois mais n’a pas de pouvoir de taxation. La loi est promulguée par proclamation dans La Gazette de Québec le 28 mars suivant. Le 2 avril, les membres du Conseil spécial sont nommés. Le 18 avril 1838, le Conseil spécial tient sa première session au Château Ramezay à Montréal. James Cuthbert en devient le premier président.

  Le 27 février 1838, John Colborne avait été nommé administrateur de la colonie pour cette période de transition. Il a déjà démontré ses qualités de chef militaire en réprimant par la force les prétentions des Patriotes. Sa conduite en 1837 et 1838 lui valent le surnom de «vieux Brûlot», plusieurs le considérant comme un symbole de brutalité, de fanatisme anglo-saxon et d’anticatholicisme. C’est lui qui nomme les membres du Conseil spécial et qui agit comme premier gouverneur et chef de l’exécutif avant l’arrivée à Québec de John George Lambton, 1er comte de Durham.

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Jean Chrétien, ministre fédéral de la Justice, signe la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 Photo : PC

«Jean Chrétien, ministre fédéral de la Justice, signe la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982»
Photo : PC (1982)

     Ancienne colonie britannique, le Canada rapatrie sa constitution en 1982. Après la victoire du NON lors du référendum de 1980 au Québec, le premier ministre du Canada, le libéral Pierre Elliott Trudeau amorce un ronde de négociations constitutionnelles. Il obtient l’accord du gouvernement de 9 provinces pour procéder au rapatriement en apportant deux ajouts au texte initial : une charte des droits et des libertés et une formule d’amendement.

     La cérémonie de la proclamation de la nouvelle constitution a lieu le 17 avril 1982 à Ottawa, par une température pluvieuse, en présence de la reine Elizabeth II. Trudeau prononce une allocution à l’occasion. Il déclare : «Le Canada célèbre aujourd’hui son accession à la pleine souveraineté. La Constitution canadienne est enfin revenue au pays, et nous pourrons désormais la modifier nous-mêmes sans recourir au Parlement du Royaume-Uni».

     Le gouvernement du Québec ne participe pas à la cérémonie. Les demandes québécoises de réorganiser le partage des pouvoirs et de décentraliser la fédération ont été rejetées. Depuis 1982, les Québécois refusent de reconnaître officiellement cette constitution même si elle s’applique de droit sur leur territoire. Cette dissension est rapportée dans les archives de Radio-Canada sous le titre : «Le rapatriement de la Constitution sème la zizanie».

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Panneau frontal du IBM 650 Photo : Mike Cowlishaw

«Panneau frontal du IBM 650»
Photo : Mike Cowlishaw (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     Le 8 décembre 1954, un premier IBM 650 est livré à une compagnie d’assurances de Boston. L’appareil est compétitif selon les standards de l’époque : il coûte environ 500 000 US$ et se loge dans un seule pièce. L’IBM 650 devient le premier «computer» à être commercialisé.  Fabriquée d’abord aux États-Unis, cette machine est ensuite produite en France à partir du printemps 1955. Les Français s’interrogent sur le générique à donner à ce produit. Est-ce un «computeur»? Est-ce une «machine processionnelle» ?

     François Girard est alors le responsable de la publicité d’IBM en France. Il a l’idée de consulter Jacques Perret, son ancien professeur de lettres à l’Université de Paris.  Littéralement, un «computer» se traduit de l’anglais par le mot «calculateur». Ce terme ne rend toutefois pas justice aux fonctions remplies par cette nouvelle machine.

     Dans une lettre datée du 16 avril 1955, Jacques Perret s’adresse à Christian de Waldner, président d’IBM France. Il écrit : «Que diriez-vous d’ordinateur?». Le terme réfère à un ancien terme ecclésiastique, à un ordonnateur qui confère un ordre dans l’Église. Le sens religieux étant désuet et si éloigné du sens moderne que la langue française a conservé le terme ordinateur pour désigner le «computer».

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