John George Lambton 1st Earl of Durham Photo anonyme d’une huile sur toile copiée d’après Thomas Philipps vers 1820 (s.d.) Source : Wikimedia Commons

     John George Lambton est un aristocrate britannique élevé au rang de comte de Durham en 1833. Après une carrière politique en Angleterre et en Europe, il refuse d’abord en 1837 de partir pour le Bas et le Haut-Canada. Le premier ministre anglais William Lamb, Lord Melbourne, revient à la charge en 1838. Lord Durham accepte alors le poste de gouverneur en chef. Il dispose de pouvoirs dictatoriaux pour enquêter sur la nature des troubles politiques et sociaux qui se déroulent dans ces deux colonies.

     La constitution du Bas-Canada est suspendue par le Parlement britannique en février 1838. Durham, lui, reçoit sa commission le 30 mars. Il a déjà amorcé son travail en étudiant les nombreux documents déposés au ministère des Colonies sur la question. Il a aussi rencontré plusieurs personnes pour entendre leur point de vue sur le conflit se déroulant au Bas-Canada. Il arrive à Québec le 27 mai. Durant 5 mois, il dirige la colonie en despote et mène son enquête.

   Le rapport Durham est rendu public en février 1839. Le diagnostic est radical. Le conflit n’est pas celui du peuple contre le gouvernement. Durham conclut que deux nations se font la guerre dans la même colonie : «/…/ et je m’aperçus qu’il serait vain d’essayer d’améliorer les lois et les institutions, avant d’avoir d’abord réussi à mettre un terme à la haine mortelle qui divise maintenant les habitants du Bas-Canada en groupes hostiles de Français et d’Anglais». Sa solution : l’union du Bas et du Haut-Canada.

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David Kirke 1597-1654Reproduction d’un dessin de Wendy Churchill (1999)Source : Queen Elizabeth II LibraryMemorial UniversitySt. John’s, NL

 

     David Kirke est chargé en 1627 par la couronne britannique d’évincer les Français du Canada. La guerre fait rage en Europe. Son expédition est commanditée par une compagnie de marchands de Londres dont son père, Gervase, fait partie. Cette aventure est une véritable affaire de famille puisque David est accompagné de ses quatre frères à bord de la flottille de trois navires qui fait voile à travers l’Atlantique.

    À l’été de 1628, Kirke et ses hommes sont à Québec. Ils font quelques prisonniers mais retournent en Angleterre devant la résistance de la petite colonie française dirigée par Samuel de Champlain. De retour l’année suivante, les Kirke obtiennent la reddition de Québec. Durant près de trois ans, les Anglais règnent sur la capitale de la Nouvelle-France. Les sources manquent pour décrire la vie à Québec durant cette période.

     De retour en France, Champlain apprend que la prise de Québec est survenue après que la paix eut été déclarée entre la France et la Grande-Bretagne. Le 29 mars 1632, le traité de Saint-Germain-en-Laye met officiellement fin au conflit. Québec et l’Acadie sont alors rétrocédés à la France. La domination de la «Company of Adventurers of Canada» sur Québec est terminée.

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Québec, Printemps 1918Photo de Bouches d’une sculpture d’Aline Martineau inaugurée en 1998 et commémorant le souvenir des quatre victimes de 1918 (2012)Source : Wikimedia Commons

     L’appui des Québécois de langue française à la participation canadienne lors de la Grande Guerre évolue entre 1914 et 1918. Au départ, la société québécoise est favorable à cette participation. Cette situation se modifie par la suite. Votée en juillet 1917, la conscription s’avère impopulaire au Québec. Le rejet de cette mesure explique largement le peu de votes que le parti conservateur de Robert Borden reçoit au Québec lors de sa victoire aux élections de décembre 1917. La crise de la conscription, latente depuis des mois, va éclater.

     Dès janvier 1918, près de 400 000 hommes sont appelés au combat. Le recrutement connait aussi des ratés, surtout au Québec. Plusieurs stratagèmes sont utilisés pour éviter la conscription. Des policiers spéciaux surnommés «spotters» sont embauchés par le gouvernement fédéral pour identifier ceux qui se cachent afin d’éviter le service militaire. Le 28 mars 1918, une méprise de deux «spotters» mène à l’arrestation de Joseph Mercier à Québec. Mercier a pourtant des papiers d’exemption. Il est relâché mais l’affaire dégénère. Plusieurs milliers de personnes prennent les «spotters» à partie. La police leur permet de fuir mais ne peut contenir la foule.

     Le lendemain, plus de quinze mille personnes manifestent contre la conscription à la place D’Youville de Québec. Le bâtiment où se trouve les dossiers des conscrits se trouve à proximité. Des vandales saccagent l’immeuble et y allument un incendie. Le 30 mars 1918, les manifestants sont réunis au manège militaire de la Grande Allée. La cavalerie charge la foule qui réplique à coup de pierres. Une accalmie survient pour Pâques, célébrée le 31 mars cette année-là. La manifestation contre la conscription se déroule pacifiquement à la place Jacques-Cartier. Malgré cela, le gouvernement Borden expédie par train 10 000 soldats armés à Québec en provenance de l’Ontario et du Manitoba. Le 1ᵉʳ avril, les affrontements entre les manifestant et l’armée virent à la catastrophe. Quatre hommes sans antécédents sont tués à coup de mitrailleuse et de fusils par les militaires. Une trentaine de manifestants sont blessés. La crise de la conscription atteint son paroxysme. Le Canada est divisé. D’un côté, les Canadiens anglais sont favorables à une participation accrue à la défense de l’Empire britannique. De l’autre, les Canadiens français refusent la conscription qui met en péril leurs structures familiales autarciques au service d’une guerre où ils ont l’impression de servir de chair à canon.

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