«Spoutnik 1 – Spoutnik 2 – Laïka»

Reproduction d’un timbre-poste hongrois émis en 1957 (2007)

Source : Wikimedia Commons

     Le programme Spoutnik permet à l’Union soviétique de lancer la conquête de l’espace par les humains. Dès les années 1930, les Soviétiques développent un programme scientifique de recherche sur les fusées. Les missiles R-7 s’imposent alors comme le moyen le plus efficace pour mettre des satellites artificiels en orbite.

     Après la mise en orbite du premier Spoutnik en octobre 1957, les autorités soviétiques se précipitent pour imposer l’envoi d’êtres vivants dans l’espace. L’objectif est éventuellement d’envoyer le premier humain dans l’espace. Le 3 novembre 1957, la chienne Laïka est expédiée en orbite autour de la Terre.

     La petite chienne est sur haute surveillance.  Malheureusement, la précipitation dans laquelle se prépare ce vol orbital laisse trop peu de temps pour prévoir un retour sur Terre. Laïka survit au lancement et prouve qu’un être vivant pour aller dans l’espace. Après quatre orbites, la télémétrie utilisée pour mesurer les réactions physiologiques de Laïka cesse d’émettre des données. La petite chienne est décédée. Ces informations seront révélées uniquement récemment.

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«Plaque commémorant le mariage de Martin Prévost et de Marie Manitouabe8ich en 1644»

Photo anonyme de la plaque commémorative érigée à Beauport en 1994 par l’Association de Prévost-Provost d’Amérique (2015)

Source : www.ipublishpress.ca

     Martin Prévost est un des pionniers de la Nouvelle-France. Après son départ de France, sa présence est signalée à Québec dès 1639. Il travaille d’abord comme magasinier pour la Compagnie de Cent-Associés. Le 3 novembre 1644, Prévost épouse Marie-Olivier-Sylvestre Manitouabe8ich, une jeune Amérindienne. Cette alliance entre un Français et une femme autochtone est la plus ancienne que l’on retrouve dans les registres de catholicité de la colonie. Il est possible que le métissage ait débuté avec d’autres unions mais le mariage entre Prévost et Manitouabe8ich est le premier à être «officiel». Par après, le couple s’installe à Beauport, sur une terre que lui a concédé la Compagnie.

     Marie-Olivier-Sylvestre Manitouabe8ich a une histoire particulière. Elle est la fille de Roch Manitouabe8ich et de Outchibahanoukoueou. Ses origines restent sujet de discussion : il est admis que sa mère était une Abénaki mais il est possible que son père soit un Wendat bien qu’il est plus probable qu’il soit un Algonquin. Marie-Olivier-Sylvestre est baptisée par un missionnaire jésuite à la mission de Sillery. Le prénom Marie lui est donnée en l’honneur de la Vierge.  Son parrain est l’interprète Olivier Letardif de qui elle tient son second prénom, comme le veut la coutume. L’ajout du prénom Sylvestre signifie «Celle qui vient de la forêt».

     À l’âge de 10 ans, la petite fille est adoptée par Olivier Letardif qui prend à sa charge de la faire éduquer par les Ursulines. Pensionnaire du couvent, elle va ensuite résider chez Guillaume Hubou et Marie Rollet. La veuve de Louis Hébert et son nouvel époux abritent alors plusieurs orphelins et enfants amérindiens. Hubou travaille lui aussi pour les Cent-Associés. Bien éduquée, Marie-Olivier-Sylvestre Manitouabe8ich fait alors la connaissance de Martin Prévost. Son père adoptif donne sa bénédictin à leur union. Après leur mariage, le couple va donner naissance à huit enfants.

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«Au Roy. Mémoire sur le Canada»

Reproduction de la première page d’un manuscrit de Jean Talon daté du 2 novembre 1671 (s.d.)

Source : BAC

 

     Le passage de Jean Talon en Nouvelle-France est remarquable.  L’intendant a l’appui du roi Louis XIV pour développer la colonie.  L’essor qu’il donne à l’agriculture dans la vallée du Saint-Laurent est particulièrement notable. Par exemple, Talon s’affaire à développer la culture des céréales. Il est aussi un ardent promoteur de la bière. Dès 1666, il investit de ses propres deniers pour ouvrir une brasserie dotée de deux chaudières qu’il a importé de France. Talon prévoit utiliser le surplus des récoltes du pays et inciter ainsi les habitants à cultiver la terre. Il espère également que l’accoutumance à la bière plutôt qu’à l’eau-de-vie permettra de diminuer l’ivrognerie. Talon voit grand ; dans son mémoire au roi du 2 novembre 1671, il estime pouvoir produire 4 000 barriques de bières par année et espère en écouler la moitié aux Antilles.

     Dans le même mémoire, Talon fait aussi la promotion de la culture commerciale du tabac : «On a fait épreuve de tabac qui se cultive et mûrit comme ailleurs: si le Roi ne trouve pas d’inconvénient d’en souffrir ici la culture, à cause de ce que les Antilles en fournissent, je porterai les habitants à la faire dans les terres qui seront propres à cette plante». L’initiative fait long feu. La culture du tabac pour des fins commerciales ne se fera pas en Nouvelle-France afin de ne pas nuire à d’autres colonies. Il en est de même de la production de la bière qui sera concurrencée directement par les importations européennes et par l’autorisation donnée aux habitants de produire de la bière pour leur usage.

     Talon répond aux instructions de la métropole de permettre à la colonie d’assurer sa subsistance alimentaire. Mais sur le plan de l’agriculture commerciale, ses initiatives prennent fin peu après son départ en 1672. André Vachon, dans sa biographie de l’intendant, conclut que le passage de Talon en Nouvelle-France a été trop rapide : «Après lui, néanmoins, la culture des plantes industrielles, avec laquelle les colons n’avaient pas eu le temps de se familiariser, tomba quasi entièrement, faute d’encouragement et de débouchés ; on en revint vite au blé et à une agriculture de subsistance».

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