4 février 1944

André Laurendeau, chef du Bloc populaire canadien au Québec

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Photo anonyme datant de 1944 publiée dans Robert Comeau et Lucille Beaudry, André Laurendeau. Un intellectuel d’ici : Montréal, Les Presses de l’Université du Québec, 1990

Source : Les Classiques de sciences sociales, http://classiques.uqac.ca/contemporains/comeau_robert/andre_laurend/photographies/photo_06.html

     Le 4 février 1944, durant le congrès du Bloc populaire canadien, Maxime Raymond, le chef du parti, délègue ses pouvoirs au Québec à André Laurendeau qui en devient le chef au niveau provincial. Ce nouveau parti avait été fondé en 1942 par un groupe d’opposants à la conscription. Dès le mois d’août 1944, Laurendeau est élu député dans Montréal-Laurier. Trois autres représentants du Bloc populaire sont aussi élus. Laurendeau est un nationaliste militant : directeur de L’Action nationale de 1937 jusqu’à sa démission en 1943, il devient secrétaire du Bloc populaire cette même année. Sa nomination s’inscrit en continuité de son implication dans le parti.

     Chef, Laurendeau déclare que le programme du Bloc est fondé sur la défense de l’autonomie provinciale. Son manifeste est publié dans Le Devoir le 7 février 1944. Ce texte contient un « appel à l’union » : « Le Bloc populaire canadien a été fondé, non pas pour diviser, mais pour unir tous les véritables Canadiens français du Québec et des autres provinces. Sa politique, comme l’a proclamé son chef, est procanadienne à Ottawa et procanadienne-française à Québec sans aucunement léser les droits des autres groupes de la population ».

     L’engagement politique de cet intellectuel surprend : frêle et sans charisme, Laurendeau aboutit au Bloc populaire en raison de son succès à la Ligue de défense du Canada et de son manifeste anti-conscription. Mais Laurendeau est déçu de ce qu’il découvre comme chef d’un tiers parti. Paul-André Comeau rapporte ainsi sa participation au Bloc : « Cette découverte de la vie politique “provinciale” va rapidement enlever à Laurendeau ses dernières illusions en la matière. Il prend rapidement conscience de l’emprise de Duplessis sur une bonne partie de ses compatriotes. La politique partisane et la vie parlementaire déçoivent profondément celui qui était venu au Bloc pour y défendre des idées… ». En 1948, il ne se représente pas aux élections et retourne au journalisme. Il y fait une brillante carrière devenant rédacteur en chef du Devoir en 1957. Il est aussi nommé coprésident de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme en 1963, commission qu’il dirige avec Davidson Dunton. Il décède en 1968 à l’âge de 56 ans.

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