30 juin 1665

Alexandre de Prouville, marquis de Tracy, débarque à Québec

Réception donnée par mgr de Laval pour le marquis de Tracy et l’intendant Talon, 1665

Photo anonyme d’une huile sur toile datant de 1908 par Frank Craig (s.d.)

Source : Bibliothèque et Archives Canada

     La présence d’Alexandre de Prouville en Nouvelle-France s’explique par la volonté royale de mettre un terme par la force à la menace iroquoise envers la stabilité de la colonie. L’alliance faite dès le début du XVIIᵉ siècle entre les Français et les nations amérindiennes montagnaises et huronnes place la Nouvelle-France en conflit incessant avec leurs ennemis, principalement les Mohawks. Le marquis Prouville de Tracy agit alors comme lieutenant-général de la colonie et commandant des troupes françaises.

     Il est un militaire de carrière, un officier qui monte en grade au fil des ans. Capitaine de chevau-légers en 1632, Prouville participe à la guerre de Trente Ans et commande un régiment lors de plusieurs batailles en Allemagne. Nommé commissaire général du roi, il est chargé des négociations menant à l’armistice d’Ulm en 1647. Six ans plus tard, il devient lieutenant-général des armées du roi et sert en Guyenne. En 1663, il est choisi pour représenter en Amérique le vice-roi de la Nouvelle-France, Godefroi, comte d’Estrades.

     La mission du marquis de Tracy est double. Il doit chasser les Hollandais des Antilles et porter la guerre dans les foyers des Iroquois pour tenter de les exterminer. Après son départ de La Rochelle en février 1664, Prouville de Tracy mène une campagne fructueuse en délogeant les Hollandais de Cayenne et en installant des gouverneurs français en Martinique, à l’île de la Tortue, à la Guadeloupe, à La Grenade et à l’île de Marie-Galante. En avril 1665, sa flotte remonte vers le nord en direction du golfe du Saint-Laurent. Il atteint Québec le 30 juin 1665. La capitale est en liesse; Prouville de Tracy est accueilli comme le sauveur de la colonie bien qu’il soit fort amoché du périple et qu’il se présente « si faible & si abbattu de la fievre, qu’il ne pouvait estre soustenu que par son courage ».

Par François Droüin; version révisée le 7 août 2018.

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