27 décembre 1869

Louis Riel devient chef du gouvernement provisoire de la colonie de la Rivière-Rouge

Louis Riel

Louis Riel, M.P., ex-président du gouvernement provisoire, Manitoba

Gravure anonyme parue dans L’Opinion publique (1873)

Source : Bibliothèque et Archives nationales Québec

     Louis Riel est originaire de la Rivière-Rouge. Après des études au Bas-Canada, ce métis devient un des leaders des opposants à l’arpentage de la colonie par le gouvernement canadien. Riel et ses partisans revendiquent la reconnaissance des droits des Métis dans le cas de l’annexion des territoires de la Compagnie de la Baie d’Hudson par le Canada prévue pour le 1ᵉʳ décembre 1869. En octobre de cette année-là, des cavaliers métis dirigés par Louis Riel forcent l’arrêt de l’arpentage des terres de la colonie de la Rivière-Rouge par les fonctionnaires canadiens. Un Comité national des Métis est alors formé. Sommé de paraître devant le Conseil d’Assiniboia, Riel y déclare que le Comité national des Métis rejettera tout gouverneur canadien sauf si l’union avec le Canada est fondée sur des négociations avec les Métis et la population de la colonie.

     En novembre 1869, une patrouille métisse armée dirigée par Ambroise-Dydime Lépine force le gouverneur William McDougall en route vers Upper Fort Garry à rebrousser chemin. Riel et ses hommes s’emparent à ce moment d’Upper Fort Garry sans avoir à livrer bataille. Cette brillante manœuvre lui permet de contrôler l’accès à la colonie et au Nord-Ouest. La transition pour l’entrée de ces territoires dans la Confédération s’annonce mouvementée… Un gouvernement provisoire est formé avec John Bruce comme président. Le 27 décembre, Louis Riel le remplace comme chef de la Rivière-Rouge.

     Avec l’aide du clergé catholique, le gouvernement provisoire formule ses revendications et dresse une liste de droits qui serviront ensuite d’assise à la future Loi sur le Manitoba. D’intenses négociations permettent d’arriver à un accord avec le Canada et la colonie adhère à la fédération en 1870 avec le statut de province du Manitoba. Dans l’intervalle, le gouvernement provisoire administre la colonie. Cette instance gère, entre autres, la justice dont le tribunal condamne Thomas Scott au peloton d’exécution. Cette affaire force Riel à fuir aux États-Unis et soulève l’ire des orangistes de l’Ontario, fortement opposés à la colonisation du Nord-Ouest par une population catholique de langue française.

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