26 février 1925

La « Loi Tétreau » décrète que la Saint-Jean-Baptiste est une fête légale

Saint Jean-Baptiste au désert

Photo de Photolouis SA d’une huile sur toile d’Émile Thivier datant de 1880 (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

     Le 26 février 1925, l’Assemblée législative du Québec adopte à l’unanimité une loi qui fait du 24 juin, fête de la Saint-Jean-Baptiste, un jour férié et pour fixer officiellement dans le calendrier une célébration qui, dans les différentes régions du Québec, se faisaient chaque année entre le 20 juin et le 15 juillet, selon les aléas de la température. L’Histoire a gardé souvenir de cette loi sous le nom de « Loi Tétreau ». Élu en 1923, dans Montréal-Dorion, Ernest Tétreau est un libéral indépendant qui s’affiche comme libéral à Ottawa et conservateur à Québec! Lors du débat menant à l’adoption de la loi sur la Saint-Jean-Baptiste, il prononce un vibrant discours patriotique qui souligne le consensus autour de cette mesure commémorant l’origine canadienne-française de plus de 85 % de la population du Québec.

M. Ernest Tétreau

Reproduction anonyme d’une caricature de chicoine datant de 1935 (s.d.)

Source : Archives de Montréal

Cette fête est célébrée depuis 1834 lorsque des Patriotes du Bas-Canada s’assemblent pour un banquet mémorable organisé par Ludger Duvernay. Depuis 1925, la Saint-Jean-Baptiste est un jour de congé au Québec. Dès le 24 juin 1925, la fête fait l’unanimité. « À Montréal, un imposant défilé patriotique organisé par la Société Saint-Jean-Baptiste serpente les rues de la ville ». En 1977, la Saint-Jean devient la Fête nationale du Québec.

     En 1925, lors de l’adoption de la loi par le Conseil législatif, Henry Miles se fait le représentant de la minorité anglophone pour appuyer la loi sans réserve. Il y a bien quelques notes discordantes. Le Monde ouvrier, un journal lié aux syndicats internationaux, critique la mesure qui permettra à certains travailleurs immigrants de prendre l’emploi de ceux qui respecteront ce jour férié. L’Événement reprend ces arguments et se montre méfiant face à cette loi qui est issue de l’idéologie nationaliste. Au sein du gouvernement du Québec, seul le ministre Antonin Galipeault émet quelques réserves en soulignant qu’il serait injuste de ne pas accorder aussi un congé férié aux Écossais et aux Irlandais lors de la Saint-André et de la Saint-Patrick!

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