21 décembre 1838

Les Patriotes Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquet sont pendus

« Façade de la prison du Pied-du-Courant à Montréal, Québec »

Photo : Chicoutimi (2011)

Source : Wikimedia Commons

     Soixante-quatre Patriotes recherchés par l’armée anglaise sont capturés dans un guet-apens au village iroquois du Sault-Saint-Louis en novembre 1838. Dix sont condamnés à mort mais six sont graciés. Des quatre autres, deux sont bannis et exilés du Bas-Canada. La peine de mort est cependant maintenue pour Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquet. Vendredi le 21 décembre 1838, les deux hommes périssent sur l’échafaud malgré les nombreuses requêtes faites au gouverneur John Colborne. « La corde fatale a tranché le fils de leurs jours », écrit le journal Le Canadien.

     Le notaire Cardinal exerce sa profession à Châteauguay. Il est élu sans opposition député de Laprairie en 1834. Chef patriote, Cardinal ne participe pas aux combats en 1837 mais s’exile toutefois aux États-Unis. Membre de l’Association des frères-chasseurs, Robert Nelson le charge d’organiser le soulèvement dans Laprairie.  De retour au Bas-Canada à titre de brigadier général, il dirige les Patriotes à Châteauguay mais il est capturé par des Amérindiens du Sault-Saint-Louis. Emprisonné à Montréal, il est reconnu coupable de haute trahison par le conseil de guerre le 8 décembre 1838. Joseph-Narcisse Cardinal est le premier à être pendu pour avoir appuyé la lutte des Patriotes pour la démocratie et la liberté.

     Après cette exécution, Joseph Duquet monte sur la potence à son tour. Son supplice est atroce : en gravissant les marches, Duquet frémit, claque des dents et il doit être soutenu; la corde est mal placée par le bourreau et, lorsque la trappe tombe, elle glisse sous le nez du condamné qui est projeté de côté pour heurter avec violence la charpente en fer du gibet. Duquet est toujours conscient, saigne abondamment et râle bruyamment. Malgré les cris de la foule qui scande « Grâce! Grâce! », son agonie se prolonge une vingtaine de minutes, le temps qu’une nouvelle corde soit installée.

     Ces pendaisons ont lieu à la prison du Pied-du-Courant. Cardinal et Duquet sont ensuite inhumés dans la même fosse, dans l’ancien cimetière de Montréal, là où on trouve aujourd’hui le Square Victoria. Par la suite, les restes des deux Patriotes sont exhumés et transportés en 1858 au cimetière Notre-Dame-des-Neiges où ils reposent toujours sous le Monument des Patriotes.

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