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« Des habitants de la République démocratique allemande (RDA) passent à l’ouest en République fédérale d’Allemagne en novembre 1989 »

Photo : afp.com/Gérard Malie (1989)

Source : www.murdeberlin.fr

     La chute du Mur de Berlin a pris le monde par surprise. La RDA ne tolérait pas la contestation politique du régime au pouvoir. Le bouleversement des structures vient de l’extérieur : la « Glasnot » pratiquée par Mikhaïl Gorbatchev en Union soviétique mène à l’effritement du bloc communiste. Un fossé se creuse entre la RDA et son voisin soviétique. Dès l’été 1989, la Hongrie ouvre sa frontière avec l’Autriche. Plusieurs Allemands de l’Est en profitent pour passer à l’ouest.

     Le 9 novembre 1989, peu avant 19 h, le secrétaire du comité central Günter Schabowski annonce en fin de conférence de presse une nouvelle règlementation pour les sorties du territoire de RDA. La pression populaire a raison des résistances du régime communiste de RDA. Des dizaines de milliers de personnes se présentent aux postes-frontières de Berlin. L’affluence est telle que les responsables doivent lever les barrières et cesser les contrôles. En fin de soirée, le Mur de Berlin « tombe »!

     La possibilité de réunir les deux Allemagnes devient une réalité. Le 28 novembre suivant, le chancelier Helmut Kohl propose un plan pour aboutir à cette fin. La chute du Mur de Berlin est un point tournant de l’histoire européenne. C’est le symbole concret de la fin des régimes socialistes de l’Europe de l’Est.

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The Battle of Odelltown

Photo : Edgar Gariépy d’après une gravure de D. McCallun (vers 1930)

Source : BANQ

 

 

 

     Odelltown est un lieu-dit de la municipalité de Lacolle. L’origine de l’endroit remonte à la fin du XVIIIᵉ siècle lorsque le loyaliste Joseph Odell s’y installe. Situé aux abords du Richelieu et de la frontière de l’État de New York, Odelltown est une véritable enclave britannique dans la région. Dès 1823, une église méthodiste en pierre est construite dans le village. C’est dans cette église qu’un groupe de volontaires loyaux à la couronne britannique se sont réfugiés pour combattre les Patriotes le 9 novembre 1838.

     À la bataille d’Odelltown, 200 volontaires loyaux sont dirigés par le lieutenant-colonel Charles Cyril Taylor et le lieutenant Lewis Odell. Ils ont un canon qu’ils ont réussi à subtiliser aux Patriotes quelques jours auparavant. L’armée patriote est dirigée par Robert Nelson, Charles Hindenlang et Médard Hébert. Elle est composée de 600 Frères chasseurs, une association secrète formée au printemps 1838 pour organiser l’établissement d’une république au Bas-Canada en déclarant son indépendance face à la Grande-Bretagne. Au début des combats, les Patriotes forment trois colonnes pour assiéger Taylor, Odell et leurs hommes. La bataille tire à l’avantage des Frères chasseurs jusqu’à ce que « /…/ des volontaires loyaux en provenance d’Hemmingford et de L’Île-aux-Noix viennent en renfort et les obligent à se disperser ».

     La bataille d’Odelltown est la dernière lutte armée des Patriotes. Lors d’un conseil de guerre tenu après la bataille, les chefs patriotes constatent leur impuissance. Ils sont incapables d’affronter les 5 000 hommes de l’armée anglaise dirigée par John Colborne qui fait route vers Napierville situé à une journée de marche des positions patriotes. La fuite devient leur seule issue. Robert Nelson, président du gouvernement provisoire de la République du Bas-Canada, traverse la frontière américaine; il passe le reste de sa vie aux États-Unis. Charles Hindenlang est capturé par les Britanniques; jugé, il est pendu le 15 février 1839. De nombreux Frères chasseurs sont emprisonnés. L’issue de la bataille d’Odelltown est cruelle : la République de 1838 est un échec et démontre l’impossibilité d’aboutir à la rupture du lien colonial au Bas-Canada par un processus révolutionnaire armé.

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«Richard Montgomery»

Reproduction d’une gravure d’E. Mackenzie d’après une peinture de Charles Willson Peale (s.d.)

Source : Musée McCord

 

     Les premiers affrontements armés entre les troupes britanniques et les colons américains surviennent en avril 1775 à Lexington et à Concord au Massachusetts. Malgré le succès initial de quelques raids frontaliers au lac Champlain et dans le Haut-Richelieu, le Congrès continental interdit l’invasion de la province de Québec le 1ᵉᴿ juin 1775. Des représentations faites par Ethan Allen et Benedict Arnold modifient cette politique. Le 27 juin suivant, le Congrès autorise la prise de l’île aux Noix, de Saint-Jean et de Montréal. « Le mot d’ordre est lancé : sous le commandement de Benedict Arnold et du général Richard Montgomery, il est convenu de prendre le contrôle de la province et d’en évincer les autorités coloniales britanniques ».

     Les troupes révolutionnaires américaines pénètrent dans la province de Québec par la vallée du Richelieu, en route pour assiéger Montréal. Les Britanniques disposent d’une faible garnison pour assurer la défense de la colonie. De plus, la milice canadienne est peu fiable, plusieurs habitants appuyant la cause américaine. Après la chute des forts Chambly et Saint-Jean, c’est au tour de Trois-Rivières de tomber sans résistance aux mains des envahisseurs le 9 novembre 1775.

     Le notaire Jean-Baptiste Badeaux a laissé un récit des événements survenus à l’époque. Ce manuscrit est publié une première fois en 1870 dans la Revue canadienne sous le titre : « Journal des opérations de l’armée américaine, lors de l’invasion du Canada en 1775–76, par M. J. B. Badeaux, notaire de la ville des Trois-Rivières ». En date du 9 novembre, on peut lire les motifs de la reddition de Trois-Rivières : « Voyant qu’il n’y avait plus d’espérance ni de ressources pour nous, nous nous assemblâmes dans la maison des Révérends pères Récollets pour délibérer sur le parti le plus avantageux à la conservation de nos biens ; il fut décidé que n’ayant aucune force ni munition et ne pouvant espérer de pouvoir faire une capitulation que l’on députerait deux personnes vers M. de Montgomery qui seraient porteurs d’une requête conçue en ces termes ».

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