Archive pour novembre 2017 | Page d'archive mensuelle

« Horloge de l’Observatoire royal de Greenwich, au Royaume-Uni »

Photo : Joaquim Alves Gaspar ( 2007)

Source : Wikimedia Commons

     Sandford Fleming est un arpenteur et ingénieur né en Écosse qui immigre au Canada en 1845. Il se signale par son implication dans le développement du réseau ferroviaire entre les Maritimes et le Pacifique. Il agit, entre autres, comme ingénieur en chef lors de la construction du chemin de fer du Pacifique jusqu’en 1880. Grand voyageur, il constate la confusion régnant à travers le monde dans la mesure du temps. À l’époque, l’heure locale domine partout les horaires sauf en Grande-Bretagne où un système d’heure normale est en vigueur. En collaboration avec le météorologue américain Cleveland Abbe, Fleming se sert de ses contacts dans le monde du chemin de fer pour promouvoir la standardisation de la mesure du temps. Le 18 novembre 1883, les compagnies de chemins de fer du Canada et des États-Unis adoptent le système des fuseaux horaires qui est encore en vigueur de nos jours.

     Simple et efficace, l’heure des chemins de fer devient la norme sur le continent nord-américain. Depuis les années 1860, Fleming militait en faveur d’imposer une heure nationale pour chaque pays. En 1879, il avait proposé de diviser le monde en 24 fuseaux horaires égaux de 15° chacun. Restait à régler la question du méridien d’origine. En octobre 1884, les représentants de 25 pays se réunissent à Washington pour régler le problème. Par un vote majoritaire de 22 États contre un et deux abstentions, le méridien de Greenwich est reconnu comme le méridien d’origine dans le calcul des longitudes. La proposition adoptée se lit comme suit : « That the Conference proposes to the Governments here represented the adoption of the meridian passing through the centre of the transit instrument at the Observatory of Greenwich as the initial meridian for longitude ».

     Cette décision fixe l’heure normale dans le monde. Dès lors toutes les cartes et les horloges sont ajustées en référence avec le temps solaire moyen à l’Observatoire royal de Greenwich au Royaume-Uni (GMT). En 1928, l’Union astronomique internationale introduit le concept de temps universel (UT) pour prolonger le principe d’utilisation du GMT en basant son échelle de temps sur la rotation de la terre. Cette pratique dure jusqu’à l’invention des horloges atomiques au césium en 1955 d’une part, et, d’autre part, jusqu’à la coordination des émissions par ondes courtes de ces mesures du temps en 1960. Ces deux événements donnent naissance, respectivement, au temps atomique international (TAI) et au temps universel coordonné (UTC).

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« Linant Pacha de Bellefonds »

Anonyme (1883)

Source : Bibliothèque nationale de France

     L’idée de créer un lien la mer Méditerranée et la mer Rouge remonte à l’époque des pharaons d’Égypte. Ce projet de relier l’Orient et l’Occident est également étudié par les ingénieurs français sous le règne de Napoléon Iᵉʳ. La recherche pour la construction d’un canal à travers l’isthme de Suez se développe alors auprès des ingénieurs saint-simoniens. Le mérite de produire les devis techniques nécessaires au succès de l’entreprise revient finalement à l’ingénieur Louis-Maurice-Adolphe Linant de Bellefonds, connu en Égypte comme Linant Pacha de Bellefonds. Ses travaux sont à l’origine du canal de Suez.

     Linant de Bellefonds intéresse le diplomate français Ferdinand de Lesseps à son projet en 1844. Ce dernier réussit à convaincre le khédive égyptien Mohammed Saïd à y souscrire malgré l’opposition des Britanniques. En 1854, de Lesseps obtient une concession de 99 ans sur les terrains nécessaires à la construction du canal. La Compagnie universelle du canal maritime de Suez est fondée en 1858 et Linant de Bellefonds en devient l’ingénieur en chef.

     Le 17 novembre 1869, le canal est inauguré en présence de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, et de François-Joseph, empereur d’Autriche. Le canal de Suez mesure 162 kilomètres de long par 54 mètres de large avec une profondeur de 8 mètres. Il permet d’abréger de 8 000 km la distance entre Londres et Bombay. Cette réalisation est célébrée à nouveau en décembre 1871 lorsque qu’on y présente la première de l’opéra Aïda de Giuseppe Verdi. L’entreprise devient ensuite une stricte affaire franco-britannique au détriment des intérêts égyptiens. Le canal sera nationalisé en 1956 par le gouvernement Gamal Abdel Nasser.

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Bastille. Façade orientale

Reproduction d’un dessin anonyme daté d’environ 1790-1791 et conservé à la Bibliothèque nationale de France (s.d.)

Source : Wikimedia commons

 

     François Bigot est le dernier intendant de la Nouvelle-France. Il est en poste à Québec au moment de la Conquête. Après la capitulation de Montréal et de toute la colonie, il retourne en France en septembre 1760 à bord du Fanny, un navire britannique mis à sa disposition particulière selon les termes de l’article 15 de la capitulation qui se lit : « Il en sera de même destiné un pour le passage (en France) de M. Bigot, intendant, et de sa suite, dans lequel vaisseau il sera fait les aménagements convenables pour lui et les personnes qu’il emmènera; il y embarquera également ses papiers, qui ne seront point visités, ses équipages, vaisselles et bagages et ceux de sa suite; ce vaisseau sera pourvu de subsistance comme il est dit ci-devant ».

     Le 17 novembre 1761, Bigot est emprisonné à la Bastille dans un des épisodes de « l’Affaire du Canada ». Ce procès criminel est intenté par l’État français contre plusieurs officiers civils et militaires ainsi que contre plusieurs marchands, tous accusé d’abus de confiance et de conflits d’intérêts. La procédure judiciaire se déroule à Paris. En tout 57 individus, dont deux étaient décédés furent accusés d’abus en raison de leurs agissements durant l’intendance de Bigot.

     Ces graves accusations aboutissent en 1763 par plusieurs condamnation qui visent, selon des recherches récentes, à permettre au trésor royal de racheter à rabais le papier-monnaie émis pour payer les dépenses dans la colonie. Un montant de 74 689 972 livres aurait ainsi été économisé. Quant à Bigot, il est condamné à l’exil. Il termine ses jours à Neuchâtel à Suisse, vivant dans une certaine opulence en raison de l’aide financière qu’il reçoit d’Abraham Gradis, un de ses anciens partenaires d’affaires.

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