Archive pour octobre 2017 | Page d'archive mensuelle

«Abraham Martin»

Reproduction d’un dessin datant de 1908 par Charles Huot (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

     Le 24 octobre 1621, Eustache Martin est baptisé à Québec. Depuis 1615, la mission catholique au Canada est confiée aux récollets. C’est le père Denis Jamet qui en est le supérieur et c’est lui qui fait office de curé pour le baptême d’Eustache Martin. Selon les registres de catholicité de Notre-Dame-de-Québec, l’acte de baptême d’Eustache Martin est détruit par le feu et est reconstitué de mémoire en 1640. Il est le fils d’Abraham Martin dit l’Écossais et de Marguerite Langlois. Il est vraisemblable d’écrire qu’il est le premier Québécois de naissance dont les origines sont françaises. Son parrain est Eustache Boullé, beau-frère de Samuel de Champlain, et sa marraine est Guillemette Hébert, l’épouse de Guillaume Couillard.

     Eustache est donc le fils aîné d’Abraham Martin, un personnage important du début de la Nouvelle-France. Pilote, pêcheur et agriculteur, Abraham a marqué la toponymie québécoise. Son nom est associé aux célèbres plaines d’Abraham et à la côte d’Abraham, sentier qu’il utilisait pour mener ses animaux s’abreuver à la rivière Saint-Charles. Emprisonné en 1649 pour conduite répréhensible envers une jeune fille, Abraham Martin décède à Québec en 1664, âgé d’environ 75 ans.

     La vie d’Eustache est beaucoup moins bien connue. Les registres de Notre-Dame-de-Québec sont sont muets sur la date exacte de sa naissance. Selon Cyprien Tanguay, Eustache ne vivait pas avec sa famille en 1629 lors de la prise de Québec par les Kirke. Il est possible qu’Eustache Martin soit un des jeunes hommes mentionnés dans les Relations des Jésuites comme s’étant rendu en Huronie en 1634-1635. Les généalogistes ne s’entendent pas sur la date de son décès.

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Manifestation des Canadiens contre le gouvernement anglais, à Saint-Charles, en 1837

Photo anonyme d’une huile sur toile de Charles Alexander Smith datant de 1890 et conservée au Musée des beaux-arts du Canada (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

     La démocratie parlementaire apparaît dans la vallée du Saint-Laurent après 1791. La Chambre d’assemblée du Bas-Canada est le lieu où une première génération de députés canadiens font l’apprentissage des institutions démocratiques. Toutefois, le contexte reste celui d’une colonie et ce système montre rapidement ses limites. L’affrontement se développe entre le gouverneur et la majorité élue, le Parti patriote dirigé par Louis-Joseph Papineau.  La principale pierre d’achoppement est la question des subsides.  En 1834, l’assemblée du Bas-Canada adopte 92 résolutions pour demander une réforme en profondeur de l’administration coloniale.

     Au printemps 1837, une fin de non-recevoir aux 92 résolutions est exprimée par John Russell, le secrétaire des colonies du Royaume-Uni.  Il présente au parlement de Londres dix résolutions qui rejettent les réformes demandées par les Patriotes. Des assemblées publiques sont alors convoquées un peu partout au Bas-Canada.  L’opinion publique se radicalise.  Le 23 octobre 1837, une gigantesque assemblée publique à lieu à Saint-Charles dans la vallée du Richelieu.  C’est l’Assemblée des Six-Comtés.

     Près de 5 000 personnes assistent aux discussions qui se prolongent sur deux jours. Le docteur Wolfred Nelson préside aux débats. Le premier jour, plusieurs personnalités prononcent des discours. Treize résolutions sont également passées au vote.  Elles dénoncent le gouvernement colonial et appelle le peuple à prendre en main ses destinées. Le lendemain, un comité est formé pour rédiger une adresse à la population du Bas-Canada et préparer un projet de constitution.

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«Le monument de Madeleine de Verchères»

Photo anonyme (1934)

Source : BAC

 

     François Jarret est enseigne dans le régiment de Carignan lorsqu’il débarque à Québec en 1665. Il fait partie des soldats envoyés en Nouvelle-France combattre la menace iroquoise. En récompense de ses services, après la guerre, Jean Talon lui octroie une terre bordant le Saint-Laurent, à l’ouest du Richelieu. La nouvelle seigneurie prend le nom de Verchères. C’est là que va naître Marie-Madeleine surnommée Madelon le 3 mars 1678.

     Le seigneur de Verchères fait alors construire un fort pour protéger sa famille et ses censitaires de la menace iroquoise renouvelée. En 1690, en l’absence du seigneur, la mère de Madeleine, Marie Perrot, doit prendre la défense du fort avec l’aide de quelques hommes afin de repousser une attaque. Deux ans plus tard, le 22 octobre 1692, c’est sa fille qui joue le même rôle.

     Les différents récits de la défense du fort, un siège qui aurait duré huit jours, se sont transformés en mythe. La jeune fille de 14 ans échappe-t-elle aux mains de son poursuivant iroquois en détachant son foulard ? Assume-t-elle le leadership de tromper une quarantaine d’assaillants en se déguisant et en tirant du canon ? Réussit-elle à sortir de leur torpeur et à secouer les femmes et les enfants terrorisés ? Quoiqu’il en soit, l’héroïne de Verchères est immortalisée en 1913, lorsque qu’un monument est érigé son l’honneur.

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