Archive pour octobre 2017 | Page d'archive mensuelle

«James Murray (military officer)»

Reproduction d’une gravure parue en 1908 dans George M. Wrong, A Canadian Manor and Its Seigneurs. The Story of a Hundred Years, 1761-1861 (s.d.)

Source : Projet Gutenberg

 

     Dès le début de l’administration civile de la province de Québec après la Conquête, de nombreuses difficultés se présentent au gouverneur James Murray dans l’application de la Proclamation royale de 1763. Les nouveaux colons britanniques installés dans la vallée du Saint-Laurent sont frustrés d’être privés d’un gouvernement représentatif. Ils contestent aussi les politiques coloniales qui les empêchent d’occuper les territoires à l’ouest de Montréal habités par les Amérindiens. Ces nouveaux arrivants réclament l’abolition du droit civil français et son remplacement par la Common Law. Ils espèrent aussi la constitution d’une assemblée parlementaire.

     Cette revendication ne rallie pas la majorité de la population qui parle français et qui est catholique.  Les quatre parties du serment du test excluent les catholiques de toute participation aux services civils et militaires de 1763 à 1774. Par contre, dès le 29 octobre 1764, un groupe de 94 marchands se réunissent pour adresser une pétition au roi afin d’obtenir que ses ordres soient disponibles en français : «Depuis quatre ans nous jouissons de la plus grande Tranquilité; Quel bouleversement vient donc nous l’enlever ? De la part de quatre ou cinq persones de Loy, dont nous respectons le Caractère, mais qui n’entendent point notre langue, et qui voudroient, aussitôt qu’elles ont parlé, nous puissions comprendre des Constitutions qu’elles ne nous ont point encore expliquées et auxquelles nous serons toujours prêts de nous soumettre, lorsqu’elles nous seront connües; mais comment les Connoître, si elles ne nous sont point rendües en notre Langue ?».

     Cette pratique de la pétition est nouvelle dans la colonie. Peu fréquente en Nouvelle-France, elle a des racines anciennes en Angleterre. Dans son mémoire sur la question, Gisela Giral résume : «En l’absence d’institutions représentatives traditionnelles, la pratique de pétitionner collectivement aux autorités coloniales est devenue un outil essentiel pour influencer les décisions politiques et administratives». Dans le cas de la pétition du 29 octobre 1764, l’affaire semble la conséquence des démarches du greffier Jean-Claude Panet de convaincre les grands jurys de langue française du district de Québec de rejeter une cause sous le motif qu’ils n’avaient pas compris les représentations faites par leurs collègues de langue anglaise.

#######

Image pieuse de mère Marie de l’Incarnation inspirée d’une gravure post-mortem réalisée par Jean Edelink en 1677

Collection : NelsonWeb

     Florent Guyart, maître-boulanger, et son épouse Jeanne Michelet, issue de la petite noblesse de Touraine, donnent naissance à leur quatrième enfant le 28 octobre 1599. La petite fille est baptisée Marie à Tours, en l’église Saint-Saturnin. Très jeune, Marie Guyart a des rêves prémonitoires qui annoncent l’intense vie spirituelle et mystique qui marquera cette fondatrice de l’Église canadienne.

     Avant de devenir une religieuse ursuline, Marie connaît les joies du mariage et de l’enfantement. Elle agit aussi comme femme d’affaires. Elle prononce enfin ses voeux en 1633 et prend le nom de Marie de l’Incarnation. Puis, en 1639, elle répond à l’appel de Madame de la Peltrie, née Marie-Madeleine de Chauvigny pour devenir une des fondatrices des Ursulines de Québec.

     Pionnière de la Nouvelle-France, mère Marie de l’Incarnation est souvent considérée comme la mère de la colonie naissante. Elle est vénérée comme une sainte dès sa mort en 1672.  Sa mémoire est commémorée un peu partout au Québec et même en France aujourd’hui. Elle est considérée comme une des grandes mystiques de la chrétienté.  Marie de l’Incarnation est canonisée par le pape François le 3 avril 2014.

#######

 

«Les délégués à la Conférence de Québec»

Photo : Jules-Isaïe Livernois (1864)

Source : BAC

 

     Lorsque Jules-Isaï Livernois prend en photo les délégués à la Conférence de Québec le 27 octobre 1864 devant un des murs de l’Hôtel du Parlement, il est loin de se douter qu’il immortalise les «Pères de la Confédération». Il est également loin de se douter que les délibérations qu’ont tenues à huis clos les délégués durant la conférence vont aboutir moins de trois ans plus tard à la constitution d’un nouveau pays : la Puissance ou Dominion du Canada.

     Le titre original de la photo évoque le climat dans lequel elle est prise. Ce portrait de groupe s’intitule «International Convention at Quebec, of Delegates of the Legislatures of Canada, Nova Scotia, New Brunswick, Prince Edward’s Island and Newfoundland, to Settle the Basis of a Union of the British North American Provinces». En français, cet intitulé se traduit par «Conférence internationale à Québec des délégués des législatures du Canada, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve, pour déterminer les bases d’une union des provinces britanniques d’Amérique du Nord».

     En fait, Livernois prend cette photo à l’issue de la conférence.  Il nous laisse une image des délégués de plusieurs législatures qui ont participé à une conférence qualifiée d’internationale.  À l’époque, dans l’est de l’Amérique, la couronne britannique règne sur cinq provinces.  Son autorité y est représentée par des gouverneurs qui partagent le pouvoir avec des législatures dont une partie est élue par la population.  Dans la Province du Canada qui regroupe, depuis l’Union Act de 1840, les anciennes colonies du Bas-Canada et du Haut-Canada, l’exercice du pouvoir est devenu problématique.

Pour plus d’informations, voir «La Conférence de Québec de 1864».

#######