Archive pour juin 2017 | Page d'archive mensuelle

Couverture pop art de l’albumPhoto et concept : Peter Blake, Michael Cooper, Robert Fraser, Jann Haworth (1987)

     Le 1ᵉʳ juin 1967, Sgt. Peppers Lonely Club Band est lancé en Grande-Bretagne. Le microsillon sort le lendemain aux États-Unis. Rappelons le contexte : la société sur la côte ouest américaine est en ébullition. À San Francisco, 1967 est synonyme de «Summer of Love». Le slogan «Peace and Love !» se répand auprès de la jeunesse nord-américaine. Sgt. Pepper devient alors un des albums-phares de ce mouvement en élargissant le message à l’internationale

      Sgt. Peppers Lonely Club Band est un des symboles de la contre-culture ! Premier album concept de la musique populaire, Sgt. Pepper marque pour plusieurs historiens une transition pour la civilisation occidentale. Paul McCartney reste plus terre-à-terre lorsqu’il analyse en rétrospective Sgt. Pepper : l’album confirme que les Beatles ne sont plus des adolescents, qu’ils ont gagné en maturité.  À sa première écoute du disque, Bob Dylan déclare à Paul McCartneyv : «I get it. You don’t want to be cute anymore».

     Par exemple, la chanson A Day in Life est immédiatement censurée par la BBC. Malgré cela, Sgt. Pepper est un succès immédiat. Le titre figure maintenant comme un classique de la musique. Numéro un de plusieurs palmarès,  Sgt. Peppers Lonely Club Band est en tête de liste comme le meilleur album de tous les temps selon le magazine Rolling Stones.

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«Page couverture de Cité libre, vol. 1, no. 1, juin 1950» Photo anonyme (s.d.) Source : Wikimedia Commons

     C’est en juin 1950 que le premier numéro de Cité libre est publié. Cette revue réunit des intellectuels qui tiennent un discours moderniste contestant les valeurs traditionnelles de la société québécoise. La publication est laïque mais s’inscrit dans la mouvance de la gauche chrétienne. Elle devient rapidement un véhicule de contestation du duplessisme. Leur objectif est ainsi défini : «Nous avons quelque chose à dire. Mais le silence n’est pas facile à rompre publiquement ; il fallait qu’une équipe s’en fît une obligation. Ceci n’est donc qu’un premier mot, une intervention initiale et qui doit déclencher le débat. Chacun de nos articles veut être une invitation à ceux de trente ans et moins qui n’ont pas encore parlé, à ceux-là aussi qui en ont eu l’occasion mais qui n’ont pas pu dire ce qui leur tenait le plus à coeur».

     À l’origine, la revue est la propriété de l’équipe de rédaction. Le premier numéro est tiré à cinq cents exemplaires et a coûté 250 $. En vendant chacun cinquante exemplaires à 50 ¢, les dix fondateurs réussissent à faire leur frais. Cette liste initiale de rédacteurs comprend : Maurice Blain, Réginald Boisvert, Guy Cormier, Jean-Paul Geoffroy, Pierre Juneau, Jean Le Moyne, Gérard Pelletier, Roger Rolland, Pierre Elliot Trudeau et Pierre Vadeboncoeur.

     Les idées véhiculées par Cité libre sont influencées à l’origine par le personalisme tel que diffusé par Édouard Mounier et la revue Esprit. Cette idéologie cherche une voie humaniste entre le capitalisme libéral et le marxisme. Cependant, Cité libre ne fait pas l’unanimité chez les intellectuels. Ainsi, le philosophe Charles De Koninck va démontrer les problèmes que pose au bien commun, la vision désincarnée d’un «Grand état» universel et multicurel que prône la revue.

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