Archive pour mai 2017 | Page d'archive mensuelle

«Agnes Campbell Macphail est la première femme élue à la Chambre des Communes en 1921»Photo : Yousuf Karsh (1934)Source : BAC

     Le 24 mai 1918, la Loi ayant pour objet de conférer le droit de suffrage aux femmes est sanctionnée. Ce droit est conféré aux femmes canadiennes qui sont sujets britanniques et qui sont âgées de 21 ans et plus. Elles partagent alors ce privilège aux mêmes conditions que les personnes de sexe masculin.

     Le contexte de la Première Guerre mondiale explique en partie ce changement. Dès septembre 1917, le gouvernement fédéral accorde le droit de vote aux femmes qui ont un lien de parenté avec une personne servant, ou ayant servi, dans les forces militaires. La loi de 1918 étend ce droit à presque toutes les femmes. Cependant les immigrantes asiatiques et leurs descendants, les membres de certains groupes religieux, les Inuits et les membres des peuples autochtones restent exclus.

     Le mouvement des suffragettes est aussi au coeur de cette revendication. Dès le début du XXᵉ siècle, ce mouvement amorce sa lutte pour faire abolir la discrimination électorale envers les femmes. La lutte sur le plan fédéral débute dès 1912 avec la création de la «Montreal Suffrage Association». Paradoxalement, le Québec sera la dernière province à reconnaître ce droit en 1940.

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«Patineurs sur le canal Rideau»Photo : Earl Andrew (2005)Source : Wikimedia Commons

     L’indépendance des États-Unis en 1776 modifie l’équilibre politique en Amérique du Nord. Durant les décennies qui suivent, les Américains envisagent à quelques reprises la possibilité d’annexer certains des territoires dominés par la couronne britannique au nord de leur frontière. La colonie du Haut-Canada, et particulièrement les établissements situés le long du fleuve Saint-Laurent entre Montréal et Kingston, sont particulièrement sensibles à la menace d’une invasion américaine puisque la majeure partie du sud du fleuve à cet endroit est entre les mains des Américains.  La tension atteint d’ailleurs son paroxysme lors de la guerre de 1812 avec les nombreux combats armés qui ont lieu le long de cette frontière. Le besoin d’une route sûre vers le Haut-Canada s’impose alors afin d’éviter que cette colonie soit coupée de son accès aux autres colonies britanniques d’Amérique du Nord et à la mère-patrie.

    En 1826, l’officier et ingénieur militaire John By est chargé de construire une voie navigable d’un minimum de 5 pieds de profond entre la rivière des Outaouais et Kingston, sur le lac Ontario. Ces importants travaux d’ingénierie doivent se faire à travers une région peu développée, couverte de forêts vierges et très faiblement peuplées.  Les rivières Rideau et Cataraqui servent de base à ce projet de canalisation. La construction du canal se fait en cinq saisons de travail et l’ouvrage est complété en novembre 1831 : il comporte 47 écluses et 52 barrages.  Des milliers de travailleurs doivent oeuvrer sur le chantier dans des conditions difficiles, étant même frappés par une épidémie de malaria.

  L’ouverture du canal a lieu le 24 mai 1832. À ce moment, l’hostilité entre les colonies britanniques et les États-Unis est chose du passé. Il faut trouver d’autres utilités au canal puisque sa nécessité militaire s‘évanouit. Le canal devient un moyen efficace de transporter des civils et des marchandises et développe une importante vocation commerciale. Plus récemment, la navigation de plaisance s’y développe également et le canal devient une attraction touristique servant même comme patinoire en hiver.

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«Tournage du film Les ordres» Photo : Projet Éléphant Source : http://ici.radio-canada.ca/

     Octobre 1970 : le Parlement du Canada proclame la Loi sur les mesures de guerre pour la première fois en temps de paix. L’armée canadienne et la police de plusieurs villes du Québec utilisent ces pouvoirs extraordinaires pour arrêter plus de 400 personnes en raison de leurs activités. Les ordres de Michel Brault raconte leurs histoires.

     Brault, réalisateur du film, remporte le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1975 pour cette oeuvre. Le scénario est basé sur l’interview d’une cinquantaine de personnes emprisonnés en 1970 en raison de l’application de la Loi des mesures de guerre. Bien que relatant des événements de la Crise d’octobre de 1970, le film ne mentionne jamais le FLQ, Robert Bourassa, Pierre Laporte, James Cross ou Pierre Trudeau.

     Les ordres est devenu un classique du cinéma québécois. Excellent cinéaste, Brault y présente un film «/… truffé/ de cadrage et de mouvements de caméra audacieux, originaux, libérateurs oserions-nous dire, et toujours riches de sens». Chef d’oeuvre cinématographique, Les ordres permet de jeter un regard artistique et lucide sur la Crise d’octobre.

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