Archive pour avril 2017 | Page d'archive mensuelle

«Jackie Robinson dans l’uniforme #42 des Dodgers de Brooklyn»Photo : Bob Sandberg (1954)Source : Wikimedia Commons

       En 1946, les Royaux de Montréal évolue au sein de la Ligue internationale de baseball et joue leurs matchs locaux au stade De Lorimier.  Cette année-là, les Royaux sont le club-école de niveau AAA des Dodgers de Brooklyn de la Ligue nationale de baseball, une des deux composantes de la Ligue majeure de baseball (MLB).  Branch Rickey, le gérant de Dodgers, décide de faire fi du racisme et embauche trois Noirs au sein des Royaux.  Cette année-là, l’équipe est phénoménale et s’assure de tous les honneurs. Son joueur vedette est Jackie Robinson, un Noir natif de Cairo en Georgie, qui pulvérise tous les records.  Après la conquête du championnat AAA, Robinson est adulé par des milliers de supporteurs montréalais en liesse. Sam Maltin, un journaliste de Pittsburgh, déclare alors qu’il s’agit de la première fois en Amérique qu’un Noir doit fuir une foule de Blancs qui le poursuive par amour et non pour le lyncher !

Baseball. Jack Robinson Photo : Conrad Poirier (1946) Source : BANQ

      Le 15 avril 1947, Jackie Robinson s’aligne avec les Dodgers de Brooklyn pour le match d’ouverture de la saison de baseball au Ebbets Field en banlieue de New York. Au cours des 60 années précédentes, les propriétaires de la MLB interdisaient l’accès à leur circuit aux Noirs en prétendant s’appuyer sur des décisions de la Cour suprême des États-Unis. Robinson brise la «ligne noire» et ouvre la voie aux joueurs de couleurs dans la MLB. Joueur surdoué, Robinson réussit plusieurs exploits sportifs durant sa carrière. En 1949, il est choisi à travers la ligue comme le joueur le plus utile à son équipe. Il est élu en 1962 comme membre du Temple de la renommée du baseball.

     Jackie Robinson devient un symbole d’espoir pour des millions d’Américains. En brisant la ségrégation raciale présente dans le monde du baseball, Robinson a eu un impact sur toute la société américaine. Son excellence au jeu et sa présence en Série mondiale dès 1947 transcendent les frontières du sport. Fortement médiatisée, sa présence dans la MLB devient un véhicule en faveur de l’égalité entre les races.

     Après sa carrière sportive, Robinson devient un porte-parole du mouvement des droits civiques. Il participe à plusieurs manifestations et s’oppose à la guerre du Vietnam. Le 15 avril 2004, la MLB institue le «Jackie Robinson Day» pour commémorer annuellement la carrière de Robinson.

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«Le Titanic quitte Southampton»Photo anonyme (1912)Source : Wikimedia Commons

     Le 14 avril 1912, le Titanic navigue dans l’Atlantique Nord. Malgré de nombreux avis concernant la présence d’iceberg, le navire file à plus de 20 noeuds. À 23h40, la vigie aperçoit un iceberg à 500 mètres droit devant eux. Une manoeuvre est tentée mais le Titanic frappe l’iceberg sur tribord. Moins de trois heures plus tard, le bateau coule à pic.

     Le paquebot britannique est d’abord considéré comme exploit technique. Sa construction fait la fierté de la White Star Line. Lors de sa mise à l’eau, il est le plus luxueux et le plus grand paquebot de tous les temps. Son naufrage paraît inconcevable. Pourtant, le Titanic ne terminera jamais sa traversée inaugurale de l’Atlantique. Le bilan est catastrophique : environ 1 500 morts et aussi peu qu’autour de 700 rescapés.

     Parmi les rescapés, on retrouve Paul Chevré, le célèbre sculpteur qui a réalisé la statue monumentale de Samuel de Champlain commandée par la ville de Québec en 1898. Chevré est d’ailleurs associé à une controverse médiatique quant à son expérience du naufrage du Titanic : un journaliste du Montreal Herald alléguant qu’il avait déclaré avoir vu le capitaine du Titanic, Edward John Smith, se suicider quelque secondes avant le naufrage. Chevré est à bord du Titanic comme invité de Charles Melville Hays, grand patron de la Compagnie de chemin de fer du Grand Tronc du Canada. Chevré doit assister à l’inauguration du Château Laurier à Ottawa, le premier d’un réseau d’hôtels de luxe que le Grand Tronc veut opérer. Hays veut que Chevré installe un buste de Wilfrid Laurier dans le hall de son hôtel.  Malgré le naufrage du Titanic et le décès en mer de Hays, Chevré finalise le projet et participe à une discrète inauguration de l’hôtel en juin 1912.

     La tragédie bouleverse le monde entier. Elle annonce la fin de la Belle Époque et de la confiance infinie des élites dans le progrès technique. Plusieurs enquêtes tenteront d’élucider les causes du désastre. Le récit du naufrage passe ensuite à l’Histoire et prend des proportions mythiques : oeuvres d’art, musées, sociétés d’histoire et films sont quelques unes des manifestations de l’impact du Titanic sur l’imaginaire humain. L’épave, elle, est localisée le 1er septembre 1985.

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Code noirReproduction de la page frontispice de ce recueil réédité à Paris chez les Libraires associés en 1743 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     L’esclavage noir existe en Nouvelle-France. Il est combiné à l’esclavage d’Amérindiens. Cette pratique est fréquente en Louisiane dès le XVIIᵉ siècle. Le Code noir sur l’esclavage en Louisiane est publié dès 1685. Le 13 avril 1709, l’intendant Jacques Raudot légalise cette pratique en Nouvelle-France par une «Ordonnance rendüe au sujet des neigres et des sauvages nommez Panis».

     En agissant ainsi, Raudot régularise une pratique présente dans la colonie. Le terme «Panis» est trompeur car il ne réfère pas véritablement à une nation particulière comme, par exemple, les Pawnees du Missouri. L’expression est plutôt synonyme d’esclaves amérindiens, toute origine ethnique confondue.

Esclave des Indiens Renards ou esclave NépissinguéReproduction d’une estampe anonyme, vers 1732 (s.d.)Source : BNF

     L’historien Marcel Trudel a fouillé la question de l’esclavage en Nouvelle-France dès 1960. Malgré cela, le sujet reste tabou dans les cours d’histoire au Québec. Pourtant, les sources sont claires : l’esclavage est pratiqué et accepté en Nouvelle-France. L’esclavage n’a toutefois pas la même ampleur que dans certaines colonies américaines. Il reste néanmoins un rouage de l’économie coloniale. La valeur des esclaves est d’ailleurs connue : règle générale, un esclave «noir» vaut deux esclaves «rouges».

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