Archive pour avril 2017 | Page d'archive mensuelle

«Ayrton Senna en route vers la victoire à Estoril»Photo anonyme (1985)Source : https://thejudge13.com/2014/04/21/on-this-day-in-f1-21st-april-1985/

     C’est le 21 avril 1985 que le brésilien Ayrton Senna remporte son premier Grand Prix de Formule 1 à Estoril au Portugal. Le jeune pilote est au volant d’une Lotus 97T et amorce la course en pôle-position. Sur une piste détrempée par une pluie incessante, Senna mène la course du premier au dernier tour. Patrick Tambay, un de ses adversaires, déclare : «Cette course fut un cauchemar. Il pleuvait des clous du début à la fin avec une piste inondée de partout, un plafond nuageux  très bas et une visibilité réduite. Piloter était une question de survie, au mieux».

     À sa seconde course pour Lotus et sa dix-septième en carrière, la performance de Senna sous la pluie à Estoril reste gravée dans la mémoire des connaisseurs de sport automobile. Cette victoire est aussi la première d’une série de 41 qui va mener Senna à la gloire et à trois championnats du monde. Au Portugal, ce jour-là, Senna est dominant et détecte les lignes de course mieux que quiconque. La pluie ne semble pas affecter son pilotage qui lui permet de finir plus d’une minute en tête de l’épreuve.

     Plusieurs monoplaces sont incapables de suivre le rythme du leader et doivent abandonner. Les tête-à-queue se multiplient tandis que Senna, confiant, semble trouver de l’adhérence partout où il roule. Le résultat final est clair : Ayrton Senna enregistre le tour le plus rapide, mène le peloton à chacun des 67 tours et gagne le Grand Prix.  Lui-même reconnaît sa part de chance : «Les gens pensent que je n’ai pas fait d’erreur mais c’est faux – Je ne sais pas combien de fois j’ai perdu le contrôle ! Il y eu même un moment où j’ai quitté le circuit et mes quatre roues étaient sur le gazon sans que je puisse rien y faire, mais heureusement, la voiture glissa pour retourner sur la piste».

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«Hon. T.-Damien Bouchard. Ministre de la Voirie. Ministre des Travaux publics» Photo : Livernois (1940)

 

     Télesphore-Damien Bouchard devient le député de Saint-Hyacinthe en 1912. Ce politicien libéral est un homme d’affaires important de la région, étant entre autres propriétaire du Clairon de Saint-Hyacinthe. Il oeuvre aussi en politique municipale et sert la population maskoutaine comme échevin puis comme maire de 1917 à 1930 et de 1932 à 1944.  Il fait parti du cabinet de Louis-Alexandre Taschereau comme ministre des Affaires municipales, de l’Industrie et du Commerce en 1935 et 1936, puis du cabinet Godbout en 1936, toujours comme ministre des Affaires municipales. De 1936 à 1939, il agit comme chef de l’opposition à l’Assemblée législative du Québec. Il revient ensuite au pouvoir avec les libéraux à titre de ministre des Travaux publics de 1939 à 1942 et de ministre de la Voirie de 1939 à 1944. Le 6 mars 1944, il démissionne de son poste de député suite à sa nomination comme sénateur de la division des Laurentides.

     Il devient le premier président d’Hydro-Québec le 21 avril 1944. Cet orateur fougueux a longtemps milité en faveur de la municipalisation et de l’étatisation des services d’électricité au Québec. Malgré cette affinité avec son nouveau mandat, il doit démissionner rapidement en raison de la grogne que suscite son premier discours au Sénat où il dénonce l’ingérence de l’Église dans les affaires de l’État. Il quitte ses fonctions le 23 juin 1944 avant l’achèvement du processus d’étatisation qu’il a contribué à amorcer.

     T.-D. Bouchard est un personnage controversé qui a lutté toute sa vie contre le fanatisme religieux. Partisan de la laïcité, il portait le surnom de «diable de Saint-Hyacinthe». Même sa biographie écrite en 2013 par Frank M. Guttman ne fait pas l’unanimité puisque l’auteur associe Bouchard à la lutte contre la Charte des valeurs proposée à la même époque par le gouvernement de Pauline Marois.  Ainsi, le traducteur de l’étude de Guttman sur Bouchard, Daniel Laprès, refusera de laisser son nom associé à la biographie pour ensuite en publier une nouvelle afin de rectifier les faits.

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Lupa CapitolinaPhoto : Jean-Pol Grandmont (2011)Source : Wikimedia Commons

     Le 21 avril 753 avant Jésus-Christ est une date mythique. C’est le jour retenu pour la fondation légendaire de Rome. L’origine de la ville est d’abord racontée dans l’Énéide par Virgile. Selon cette légende, Romulus et Rémus sont les descendants d’Énée par leur mère, Rhéa Silvia. Cette vestale rompt ses voeux de chasteté avec le dieu Mars pour enfanter les fondateurs de Rome.

     Les deux enfants doivent être exécutés à leur naissance car un oracle prédit qu’ils apporteront le malheur au pouvoir établi à Albe la Longue. Abandonnés dans un lieu désert, Romulus et Rémus sont recueillis par une louve et survivent. Adultes, ils décident de fonder une ville là où la louve les a sauvé. L’endroit n’est pas clair dans leur esprit. Rémus s’établit sur l’Aventin et Romulus sur le Palatin. Lorsque Romulus voit plus de vautours que Rémus en présage, le site du Palatin est choisi.

     Romulus trace l’enceinte de sa ville en creusant un simple fossé avec une charrue tirée par des boeufs. Rémus est cependant déçu de ne pas avoir été favorisé par le ciel. Il se moque de l’enceinte de son frère qu’il franchit d’un saut pour pénétrer à l’intérieur du périmètre consacré. Irrité par ce sacrilège, Romulus tire son épée et tue Rémus. Il donne ensuite son nom à la ville. La légende se construit dès lors. La date du 21 avril est en fait établie plus tard par l’écrivain Varron.

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