Archive pour avril 2017 | Page d'archive mensuelle

Frontenac en route pour CataracouiReproduction d’une aquarelle de John Henry de Rinzy (v. 1897-1930)Source : BAC

     Le 7 avril 1672, Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau devient gouverneur de la Nouvelle-France pour la première fois. Il quitte La Rochelle à destination de Québec à la fin de juin. Son mandat de gouverneur lui donne le pouvoir de mener les affaires militaires et diplomatiques dans la colonie. Frontenac constate rapidement les possibilités économiques de développement du commerce des fourrures. Son premier gouvernement est d’ailleurs marqué par la découverte de la route vers le Mississippi.

     Dès 1674, il fait construire un fort à la tête du lac Ontario, près de l’embouchure de la rivière Cataracoui. Le fort Frontenac devient une importante tête de pont pour la traite des pelleteries. De plus, le gouverneur s’assure de bonnes relations avec les Autochtones, facilitant ainsi la traite. Malheureusement, les actions de Frontenac dans ce domaine portent ombrage à plusieurs intérêts.

     En fait, le premier mandat de Frontenac est caractérisé par une expansion du territoire de la Nouvelle-France. Le gouverneur charge aussi René-Robert Cavelier de La Salle d’explorer le lac Michigan et de poursuivre la recherche de l’embouchure du Mississippi. Ce travail où se mêle ses intérêts personnels dans le commerce des fourrurres le met en conflit avec les marchands de Montréal et mène à son rappel en 1682.

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«Les premières éditions française et anglaise du Petit Prince exposées lors de l’exposition «Antoine de Saint-Exupéry» au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget à Paris»Photo : Harry Zilber (2008)Source : Wikimedia Commons

     L’écrivain et pilote Antoine de Saint-Exupéry quitte la France après l’armistice de 1940. Il s’établit à New York et milite en faveur de l’entrée en guerre des États-Unis. C’est à cette époque qu’il développe l’idée d’écrire un conte pour enfants. C’est aussi à ce moment qu’il raffine ses talents d’aquarellistes. Ces deux projets aboutissent dans la création du Petit Prince.

Plaque d’Antoine de Saint-Exupéry. Vue avant Photo d’une plaque commémorative apposée en façade de la maison Cirice-Têtu à Québec : Pascale Llobat (2006) Source : Ministère de la Culture et des Communications

     De nombreuses hypothèses ont été émises sur l’origine exacte du conte. Selon plusieurs sources, l’éditeur Eugene Reynal et son épouse Élisabeth ont suggéré à Saint-Exupéry d’écrire cette histoire. D’autres sources soutiennent que les racines de ce chef-d’oeuvre sont québécoises : au printemps 1942, Saint-Exupéry vient prononcer deux conférences au Québec dont une au Palais Montcalm de Québec. Il doit finalement séjourner cinq semaines au Québec, le temps que son visa pour les États-Unis soit validé. Il réside quelque temps dans le Vieux-Québec, chez le philosophe Charles De Koninck. Friand de la compagnie des enfants, Saint-Exupéry rencontre à Québec le jeune Thomas De Koninck, un petit garçon de huit ans, blond et qui pose beaucoup de questions. Une légende urbaine veut que Thomas De Koninck soit le Petit Prince.  Pour le principal intéressé, professeur émérite à l’Université Laval, le Petit Prince est en fait Saint-Exupéry lui-même.

    Le 6 avril 1943, Le Petit Prince est publié à New York par Reynal & Hitchcock Inc. L’écrivain habite alors au Connecticut. Le texte est écrit en 1942, après son séjour au Québec et les illustrations sont complétées par la suite. Une semaine après la publication du Petit Prince, Saint-Exupéry quitte les États-Unis pour rejoindre les Forces françaises libres en Algérie. Il décède lorsque son avion est abattu au cours d’une mission en 1944 et emporte avec lui le secret de l’origine du Petit Prince.

     Dès sa publication, le livre reçoit de bonnes critiques. La première édition américaine de 1943, en anglais et en français, est reprise plusieurs fois par la suite. Les Éditions Gallimard publient en avril 1946 la première édition française, après la mort de l’auteur et la libération de la France. Plus qu’un conte pour enfants, Le Petit Prince est un texte poétique et philosophique dont la portée est universelle. Traduit en plus de 270 langues et vendu à plus de 145 millions d’exemplaires, Le Petit Prince est un phénomène d’édition dont le succès mondial est dépassé uniquement par la Bible.

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«Guy Carleton, gouverneur général des Canadas 1791-1796» Photo d’un portrait anonyme du XVIIIᵉ siècle (s.d.) Source : Wikimedia Commons

     Le 5 avril 1793, la Chambre d’assemblée du Bas-Canada rejette un projet de loi du Conseil législatif. Ce projet impose des amendes à la population alors que l’Assemblée soutient qu’il s’agit d’un de ses privilèges. Le Conseil soutient le contraire.  C’est le premier litige entre les deux chambres.

     L’historien Théophile-Pierre Bédard rapporte ainsi les événements dans son Histoire de cinquante ans 1791-1841. Le projet de loi est repoussé par 30 voix contre 4. Il concerne les officiers-rapporteurs pour les élections des députés. Une amende est imposée à ceux qui enfreignent certaines dispositions de la loi. La Chambre proclame ainsi son droit d’initiative sur toute les questions d’argent, même sous formes de peines pécuniaires.

«Page de titre de Histoire de cinquante ans (1791-1841). Annales parlementaires et politiques du Bas-Canada depuis la Constitution jusqu’à l’Union par T.P. Bédard» Photo : Kevin Audet-Vallée (2010) Source : Ministère de la Culture et des Communications

     Le débat parlementaire dure depuis février 1793. Le 5 avril, la mise au rancart du projet survient en seconde lecture. Un projet similaire est ensuite rédigé par l’Assemblée. Certains conseillers législatifs s’y opposent mais la loi est adoptée. De suite, le 19 avril, les députés adoptent à l’unanimité un règlement qui leur donne le privilège d’initier toutes les législations en matières de subsides et d’amendes. La question est renvoyée à Londres à Henry Dundas, vicomte Melville, secrétaire d’État à l’Intérieur, par le gouverneur Carleton en janvier 1794. La métropole rejète alors la prétention des députés et permet au Conseil législatif d’avoir des prérogatives financières en certaines circonstances.

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