Archive pour avril 2017 | Page d'archive mensuelle

JolietBronze de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté livré en 1928 pour orner une niche de la façade de l’Hôtel du ParlementPhoto : Jean Gagnon (2009)Source : Wikimedia Commons

     Le 30 avril 1697, Louis Jolliet reçoit son brevet de maître d’hydrographie à Québec. Cette nomination officielle concrétise une charge qu’il occupe probablement depuis quelques années déjà au Collège des Jésuites de Québec. En effet, dès 1692, un document d’archives lui donne le titre de maître d’hydrographie. D’ailleurs, le nom de Jolliet revient fréquemment durant la dernière décennie du XVIIᵉ siècle lorsqu’il est question de la navigation dans le fleuve et le golfe du Saint-Laurent.

     Louis Jolliet a alors 51 ans et termine une carrière d’explorateur qui a fait sa renommée. Coureur des bois, ce natif de Québec est le premier, avec le père Jacques Marquette, à explorer officiellement le Mississippi en 1673. Seigneur de vastes territoires sur la Côte-Nord, il se rend à pied à la Baie d’Hudson en 1679 et explore la côte du Labrador en 1694.

     Durant les années 1690, Jolliet est probablement le meilleur navigateur de la colonie. Les autorités coloniales, Frontenac en tête, lui confient certaines missions de pilotage de navires sur le fleuve Saint-Laurent. Son décès mystérieux en 1700 laisse la Nouvelle-France entière en deuil d’un de ses plus illustres citoyens.

########

Cardinal de RichelieuPhoto anonyme d’une huile sur toile de Philippe de Champagne, vers 1633-1640 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     En 1622, Armand Jean du Plessis est intronisé cardinal de Richelieu. Deux ans plus tard, il entre au Conseil du roi. Avec l’aide de la reine-mère, Marie de Médicis, il devient rapidement le ministre le plus influent de Louis XIII. Les Jésuites se tournent alors vers lui pour faire appliquer leur programme missionnaire en Nouvelle-France. Dans ce contexte, Richelieu soutient la création d’une nouvelle compagnie pour gérer la colonie française d’Amérique du Nord.

     Le 29 avril 1627, le cardinal Richelieu et un groupe de commerçants français établissent la Compagnie des Cent Associés pour le commerce du Canada. Les Cent Associés reçoivent, à perpétuité, le monopole du commerce dans la colonie, sauf pour celui des fourrures dont le privilège est de 15 ans. La Compagnie doit installer à ses frais 4 000 colons, administrer la colonie, assurer la défense du territoire et se consacrer à la conversion des Amérindiens.

     Dès le début, la guerre opposant la France et l’Angleterre freine les efforts des Cent Associés. La prise de Québec de 1629 à 1632 laisse la Compagnie au bord de la ruine. La menace iroquoise ralentit aussi les efforts de peuplement. En 1645, la Compagnie cède son monopole sur la traite des fourrures à la Communauté des Habitants. Puis, en 1663, les Cent Associés perdent leur privilège ; la compagnie est dissoute et la Nouvelle-France devient une colonie royale.

#######

The Battle of Sainte-FoyPhoto anonyme d’une aquarelle de George Bryant Campion, vers 1850 (s.d.)Source : BAC

     Le 27 avril 1760, François de Lévis arrive devant Québec avec une armée de 7 000 hommes, dont 3 000 miliciens. Ils ont quitté Montréal la semaine précédente. Les glaces n’ont pas encore libéré le fleuve. La marche dans la neige et la boue est ardue pour se rendre à la capitale.

Lévis (Francois Gaston, duc de) Reproduction d’une estampe non datée ; gravure originale de Jules Porreau (v. 1845-1866) Source : BAC

     Informé de la situation, le colonel James Murray fait évacuer la population de Québec, de Sainte-Foy et de L’Ancienne-Lorette. Il fait raser les quartiers Saint-Roch et Sainte-Famille. Les troupes anglaises se positionnent dans des retranchements à Sainte-Foy. L’affrontement a lieu le 28 avril. La bataille de Sainte-Foy dure plus de trois heures. Elle donne lieu à des combats très violents, notamment entre le régiment de La Sarre et les 40ᵉ et 60ᵉ régiments britanniques au moulin Dumont.

     Les tactiques d’encerclement de Lévis sur le champ de bataille portent fruits. Devant la pression, Murray doit ordonner la retraite à l’intérieur des murs de la ville.  Les Anglais tournent le dos à leurs assaillants et prennent la fuite. Le bilan est lourd : les hommes de Murray comptent 229 tués, 837 blessés et 53 prisonniers ; Lévis, lui, a 193 hommes tués et 640 blessés.

#######