Archive pour mars 2017 | Page d'archive mensuelle

«Le Maurice et d’autres East Indiamen»Photo anonyme d’une huile sur toile d’Hendrick Cornelis Vroom du XVIIe siècle (s.d.)Source : Rijksmuseum, Amsterdam

     Au début du XVIIᵉ siècle, des expéditions outre-mer sont lancées par plusieurs compagnies néerlandaises de taille modeste. Leur faible pouvoir commercial et politique rend ces entreprises vaines. L’avocat des États de Hollande, Johan van Oldenbarnevelt, entreprend alors de réunir les compagnies des Provinces-Unies impliquées dans le commerce outre-mer. Cette fusion débouche le 20 mars 1602 sur la création de la Compagnie des Indes orientales.

«Logo de la Verenidge Oost-Indische Compagnie»Reproduction numérique de Goldradir (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Cette compagnie est connue sous le monogramme VOC, d’après son nom en néerlandais. Son objectif est de commercer avec les pays de l’océan Indien et de l’Insulinde. L’attrait est d’abord celui des épices mais, au fil des ans, la VOC se diversifie. À force de conquêtes, cette entreprise privée va créer le deuxième empire colonial mondial au XVIIIᵉ siècle, devançant des pays comme la France et l’Espagne. Seul l’empire britannique prime sur la VOC en terme de richesses.

«VOC gravé à l’entrée du fort de Bonne-Espérance, Le Cap»Photo : Andrew Massyn (2007)Source : Wikimedia Commons

     La Verenigde Oost-Indische Compagnie est ainsi pendant deux siècles un des piliers de la puissante bourgeoisie néerlandaise et un des moteurs du développement du capitalisme en Europe. Par exemple, la VOC est la première compagnie anonyme de l’histoire à être doter d’un capital divisé en actions. La compagnie reçoit alors le monopole du commerce des Provinces-Unies autour du Cap de Bonne-Espérance et du Cap Horn. Son capital est investi pour une période de 10 ans renouvelable afin de permettre l’affrètement de navires aux meilleurs conditions possibles.

#######

Prise de possession de la Louisiane et du Fleuve MississipiReproduction d’une lithographie couleur attribuée à Jean-Adolphe Bocquin (v. 1870)Source : The Historic New Orleans Collection

     Cavelier de La Salle est un personnage controversé de l’histoire de la Nouvelle-France. Son rôle dans l’exploration du Mississipi reste à préciser. Certains historiens lui attribuent le mérite d’avoir trouvé la route vers ce grand fleuve, avant Louis Jolliet et Jacques Marquette en 1673.  Les sources restent cependant contradictoires sur la véridicité de cette découverte. Quoiqu’il en soit, il est sûr que Cavelier de La Salle est le premier à avoir exploré l’embouchure du Mississipi. En 1682, il prend possession de ce territoire pour la France et crée ainsi la Louisiane, en honneur du roi Louis XIV.

R. René Cavelier de La Salle Reproduction d’une estampe anonyme (s.d.) Source : BAC

    Le détail du récit des aventures de La Salle en Louisiane peut sembler rocambolesque. Il suffit de rappeler qu’en 1684, il est chargé par le roi de fonder un établissement français aux bouches du Mississipi. Son expédition connait plusieurs péripéties pour finalement aboutir à la construction d’un fort au Texas. Des recherches archéologiques récentes ont d’ailleurs permis de retrouver les vestiges d’un de ses navires, La Belle, ainsi que de son établissement, le fort Saint-Louis.

Bronze cannons found during excavationPhoto anonyme (v. 1995-2002)Source : The Texas Historical Commission

   L’entreprise de Cavelier de La Salle en Louisiane vire à la catastrophe. En 1687, il ne reste plus qu’une quarantaine de survivants du groupe initial de 180 personnes. En janvier, La Salle forme un groupe de dix-sept personnes pour remonter vers le pays des Illinois à la recherche de secours. Mal lui en pris : une mutinerie se développe chez certains de ses compagnons. Le 19 mars 1687, quelques traîtres l’attirent dans une embuscade. Cavelier de La Salle est abattu d’une balle à la tête. Son cadavre est abandonné, nu, en pâture aux bêtes sauvages. Ses assassins, eux, s’entretuent sur la route du retour. Les deux seuls survivants finissent dans une prison espagnole…

Place en mémoire de René Robert Cavelier de La Salle à Rouen, FrancePhoto : Bodoklecksel (2008)Source : Wikimedia Commons

 

#######

 

La BarricadePhoto anonyme d’une aquarelle sur papierd’Édouard Manet datant de 1871 (s.d.)Source : Musée des beaux-arts de Budapest

     Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris sur la butte Montmartre. Les Parisiens se révoltent. Humiliés par la signature de l’armistice avec la Prusse, les soldats de la Garde nationale parisienne refusent de remettre leurs canons. Ce mouvement populaire regroupe aussi les travailleurs de la capitale française. Le gouvernement d’Adolphe Thiers, lui, est réfugié à Versailles. La Commune de Paris débute.

La barricade de la place Blanche défendue par des Femmes Reproduction d’une lithographie Barousse(v. 1871) Source : Léonce Schérer.  Souvenirs de la Commune : Paris, Deforet & César, 1871

     Des militants socialistes, des anarchistes, des utopistes et des jacobins nostalgiques de 1789 prennent le contrôle de Paris. Le 26 mars, des élections municipales sont organisées. Deux jours plus tard, la Commune est proclamée officiellement. Paris est ensuite soumise au siège de l’armée républicaine française. Fin mai, le soulèvement de la Commune de Paris est réprimée lors de la Semaine sanglante.

François FuretPhoto anonyme (ca1997)Source : www.academie-francaise.fr

     La Commune de Paris ne dure que deux mois. Ses conséquences immédiates sont mineures. Pourtant, à long terme, elle laisse la France divisée entre la gauche et la droite. Karl Marx écrit dès 1871 un texte sur La guerre civile en France 1871 (La Commune de Paris). Plusieurs historiens soviétiques associent la Commune à la généalogie de la Révolution russe. D’autres historiens, comme François Furet, dénonce le surinvestissement d’interprétations de la Commune de Paris et rappelle l’importance de la conjoncture de 1871 dans le soulèvement.

#######