Archive pour mars 2017 | Page d'archive mensuelle

Les Forges du Saint-MauricePhoto anonyme d’une huile sur toile d’Henry Richard S. Bunnett datant de 1886 (s.d.)Source : Musée McCord

     François Poulin de Francheville est un marchand-bourgeois de Montréal dont les activités sont associées au commerce des fourrures. Il est également seigneur de Saint-Maurice. En 1729, il écrit au ministre de la Marine de Louis XV, Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas. Il sollicite un monopole pour exploiter les gisements de fer de sa seigneurie de Saint-Maurice.

     Francheville a l’appui de l’intendant Gilles Hocquart et du gouverneur Charles de Beauharnois de la Boische dans son projet. Le 25 mars 1730, Francheville reçoit un brevet du roi. Il obtient un monopole de 20 ans à compter de la première fonte. Il peut aussi exploiter toutes les terres, cultivées ou en friche, attenantes à ses propres terres. Ce privilège couronne les requêtes présentées par les administrateurs de la Nouvelle-France depuis le début du XVIIᵉ siècle pour exploiter les ressources minérales de la colonie.

     L’entreprise va prendre de l’ampleur. Francheville reçoit un prêt de 10 000 livres. En 1733, il fonde la Compagnie des Forges de Saint-Maurice, mais il meurt en fin d’année. Une petite forge est mise en opération; toutefois, le procédé utilisé à l’origine s’avère peu rentable. Les forges sont ensuite reconstruites sous la direction du maître de forges Pierre-François Olivier de Vézin. Les Forges du Saint-Maurice restent en opération jusqu’en 1883. C’est la première entreprise sidérurgique du Québec et un lieu historique national du Canada.

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Queen Victoria and Prince Albert with their nine children at Osborne HousePhoto attribuée à Leonida Caldesi & Mattia Montecchi (1857)Source : Royal Collection Trust

    En 1857, les parlementaires de la Province du Canada demandent officiellement à la reine Victoria de déterminer une nouvelle capitale permanente pour la colonie. Durant la décennie précédente, Québec, Montréal, Kingston et Toronto alternent comme capitale. Le Parlement se déplace ainsi entre ces villes à divers intervalles. Le 24 mars 1857, des résolutions sont adoptées pour établir un siège permanent de la capitale. Une importante somme d’argent est aussi octroyée pour construire un parlement fixe. Une résolution propose de plus d’expédier une adresse à la reine pour la prier de choisir la future capitale.

City of Ottawa, Canada WestReproduction d’une lithographie de Stent & Liver (v. 1859)Source : BAC

     À la surprise générale, la reine Victoria choisit Ottawa comme siège de la capitale du Canada. Cette ville est alors une communauté de rude bûcherons. En fait, ce site est un compromis politique et géographique.  La ville d’Ottawa est située au milieu des anciennes colonies du Haut et du Bas-Canada. De plus, elle offre plus de sécurité en raison de son éloignement de la frontière américaine.

West Block looking from S.E. Wellington St.Photo de Samuel McLaughlin (1867)Source : BAC

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«Bas-relief représentant Champlain et Jean Dolbeau lors de l’arrivée de ce dernier à Québec en 1615. Monument de la Foi à la place d’Armes de Québec» Photo : Jean-François Caron (2015) Source : www.facebook.com

 

     Les premières inhumations en Nouvelle-France se déroulent en l’absence de prêtre. Le père récollet Jean Dolbeau est le premier ecclésiastique à venir à Québec à la demande de Samuel de Champlain. Il traverse l’Atlantique en 1615 et arrive à Québec le 2 juin. Il sera rejoint ensuite par les pères Denis James et Joseph Le Caron et le frère Pacifique Duplessis. Jusqu’alors, les enterrements se font de manière profane. Le 24 mars 1616, Michel Colin, un employé de la Compagnie de Rouen intéressée par la traite des fourrures, reçoit les premières funérailles religieuses de la colonie naissante.

     Cette première sépulture catholique à Québec a vraisemblablement lieu dans le cimetière de la côte de la Montagne. L’acte de sépulture de Michel Collin a disparu des registres de catholicité de Notre-Dame-de-Québec avec l’incendie des registres en 1640.  La sépulture de Michel Collin nous est connue par l’Histoire du Canada publiée par le père Gabriel Sagard en 1636.

     L’événement est aussi relaté par le père Odoric-Marie Jouve dans son Dictionnaire biographique des récollets missionnaires en Nouvelle-France, paru à titre posthume chez Bellarmin en 1996. Il écrit : «Le 24 mars, le père Dolbeau célèbre les funérailles et procède à l’inhumation de Michel Colin «avec les cérémonies usitées de la Sainte Église Romaine».

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