Archive pour mars 2017 | Page d'archive mensuelle

Québec, Printemps 1918Photo de Bouches d’une sculpture d’Aline Martineau inaugurée en 1998 et commémorant le souvenir des quatre victimes de 1918 (2012)Source : Wikimedia Commons

     L’appui des Québécois de langue française à la participation canadienne lors de la Grande Guerre évolue entre 1914 et 1918. Au départ, la société québécoise est favorable à cette participation. Cette situation se modifie par la suite. Votée en juillet 1917, la conscription s’avère impopulaire au Québec. Le rejet de cette mesure explique largement le peu de votes que le parti conservateur de Robert Borden reçoit au Québec lors de sa victoire aux élections de décembre 1917. La crise de la conscription, latente depuis des mois, va éclater.

     Dès janvier 1918, près de 400 000 hommes sont appelés au combat. Le recrutement connait aussi des ratés, surtout au Québec. Plusieurs stratagèmes sont utilisés pour éviter la conscription. Des policiers spéciaux surnommés «spotters» sont embauchés par le gouvernement fédéral pour identifier ceux qui se cachent afin d’éviter le service militaire. Le 28 mars 1918, une méprise de deux «spotters» mène à l’arrestation de Joseph Mercier à Québec. Mercier a pourtant des papiers d’exemption. Il est relâché mais l’affaire dégénère. Plusieurs milliers de personnes prennent les «spotters» à partie. La police leur permet de fuir mais ne peut contenir la foule.

     Le lendemain, plus de quinze mille personnes manifestent contre la conscription à la place D’Youville de Québec. Le bâtiment où se trouve les dossiers des conscrits se trouve à proximité. Des vandales saccagent l’immeuble et y allument un incendie. Le 30 mars 1918, les manifestants sont réunis au manège militaire de la Grande Allée. La cavalerie charge la foule qui réplique à coup de pierres. Une accalmie survient pour Pâques, célébrée le 31 mars cette année-là. La manifestation contre la conscription se déroule pacifiquement à la place Jacques-Cartier. Malgré cela, le gouvernement Borden expédie par train 10 000 soldats armés à Québec en provenance de l’Ontario et du Manitoba. Le 1ᵉʳ avril, les affrontements entre les manifestant et l’armée virent à la catastrophe. Quatre hommes sans antécédents sont tués à coup de mitrailleuse et de fusils par les militaires. Une trentaine de manifestants sont blessés. La crise de la conscription atteint son paroxysme. Le Canada est divisé. D’un côté, les Canadiens anglais sont favorables à une participation accrue à la défense de l’Empire britannique. De l’autre, les Canadiens français refusent la conscription qui met en péril leurs structures familiales autarciques au service d’une guerre où ils ont l’impression de servir de chair à canon.

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«Charles Huault de Montmagny»Artiste inconnuSource : Archives de Montréal

     En 1645, la Compagnie des Cent-Associés conclut un accord avec la Communauté des Habitants de la Nouvelle-France. Cette entente vise le lucratif commerce des fourrures. Les Cent-Associés gardent la propriété de la colonie. Ils continuent également de nommer le gouverneur, de nommer les juges et de distribuer les terres. La Communauté, elle, obtient le monopole de la traite des pelleteries qu’elle peut réglementer à sa guise tout comme le commerce des marchandises européennes. En contre-partie, elle doit assumer les dépenses de la colonie et fournir une redevance de mille castors aux Cent-Associés.

     Le 27 mars 1647, le roi Louis XIV décide de restructurer l’administration de la Nouvelle-France. Il fait face à une nouvelle réalité. Ses conseillers l’incitent à adopter un «règlement pour établir un bon ordre et police en Canada». Le roi crée le Conseil de Québec. Ce conseil est composé du gouverneur du pays, Charles Huault de Montmagny, du supérieur des Jésuites à Québec, Jérôme Lalemant, et du gouverneur particulier de Montréal, Paul de Chomedey de Maisonneuve.

     Pourquoi ce conseil ? Sous la direction de Pierre Legardeur de Repentigny, la Communauté des Habitants pris rapidement l’aspect d’une affaire de famille. Les protestations du peuple sont transmises au roi par Maisonneuve et par Robert Giffard en 1646. La constitution du Conseil de Québec crée un organisme de gestion et de surveillance. Le Conseil a juridiction sur toute les questions relatives à l’intérêt du pays en général et à la traite des fourrures en particulier.

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«La cour du Vieux Séminaire de Québec»Photo de Hgig.geo (2008)Source : Wikimedia commons

     Le 26 mars 1663, François de Laval s’inspire du Concile de Trente pour créer officiellement le Séminaire de Québec. Il agit à titre d’évêque de Pétrée et de vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Il a de plus la confiance du roi de France, étant déjà désigné comme premier évêque du pays, en attente de l’érection du diocèse de Québec.  L’organisation du clergé en séminaire dote la colonie des ecclésiastiques nécessaires à l’évangélisation. L’établissement du Séminaire de Québec va permettre l’instruction et le renouvellement des prêtres. Le système assure aussi les moyens de disposer des revenus nécessaires pour assumer les charges.

     Le Séminaire de Québec est une société de prêtres diocésains. Après sa création à Paris, Mᵍʳ de Laval revient à Québec où il fait enregistrer cette entreprise. La dîme est également instituée en Nouvelle-France à la même occasion. Ainsi le modèle de séminaire conçu par Mᵍʳ de Laval diffère un peu de celui qu’on retrouve en Europe. Les prêtres du Séminaire de Québec deviennent responsables des paroisses de la colonie avec des cures amovibles.

     En 1665, le Séminaire de Québec est uni au Séminaire des Missions-Étrangères de Paris. Cette union dure jusqu’à la Conquête. Le sigle SME continue toutefois d’être utilisé par la suite comme héritage et comme une volonté de fidélité à la vocation historique de l’institution. Ce monogramme surmonte encore aujourd’hui la porte cochère donnant accès au Vieux-Séminaire en haut de la côte de la Fabrique à Québec.

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