Archive pour mars 2017 | Page d'archive mensuelle

Bégon de La Picardière, Michel Photo d’un portrait anonyme (v. 1940) Source : BANQ

     Le 31 mars 1710, Michel Bégon de la Picardière devient intendant de la Nouvelle-France. Il arrive à Québec en 1712. Le contexte économique est difficile dans la colonie. Le commerce des fourrures fonctionne au ralenti et l’économie coloniale n’est pas diversifiée. De surplus, l’intendant Bégon doit faire face au problème de la monnaie de carte.

     Les carences en numéraires dans la colonie s’amorcent en fait dès 1685. Pour suppléer à ce déficit, les autorités de la Nouvelle-France émettent du papier-monnaie confectionné avec des cartes à jouer ordinaires. Lorsque Bégon arrive en poste, la confiance dans cette monnaie est à son plus bas. Elle entraîne une inflation galopante dans la colonie. Bégon fait rapidement pression sur la couronne pour modifier ce système. Dès 1714, la monnaie de carte est rachetée à la moitié de sa valeur faciale. Elle est retirée de la circulation en 1720.

     Bégon de La Picardière est toutefois soupçonné d’user de ses fonctions officielles pour s’enrichir personnellement. Blâmé pour sa gestion en 1716, il reste néanmoins en poste jusqu’en 1726. Ses interventions relatives à la culture du chanvre et au commerce des esclaves noirs donnent peu de fruits. Son rôle dans le redressement du système financier de la colonie reste finalement marginal.

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John George Lambton 1st Earl of Durham Photo anonyme d’une huile sur toile copiée d’après Thomas Philipps vers 1820 (s.d.) Source : Wikimedia Commons

     John George Lambton est un aristocrate britannique élevé au rang de comte de Durham en 1833. Après une carrière politique en Angleterre et en Europe, il refuse d’abord en 1837 de partir pour le Bas et le Haut-Canada. Le premier ministre anglais William Lamb, Lord Melbourne, revient à la charge en 1838. Lord Durham accepte alors le poste de gouverneur en chef. Il dispose de pouvoirs dictatoriaux pour enquêter sur la nature des troubles politiques et sociaux qui se déroulent dans ces deux colonies.

     La constitution du Bas-Canada est suspendue par le Parlement britannique en février 1838. Durham, lui, reçoit sa commission le 30 mars. Il a déjà amorcé son travail en étudiant les nombreux documents déposés au ministère des Colonies sur la question. Il a aussi rencontré plusieurs personnes pour entendre leur point de vue sur le conflit se déroulant au Bas-Canada. Il arrive à Québec le 27 mai. Durant 5 mois, il dirige la colonie en despote et mène son enquête.

   Le rapport Durham est rendu public en février 1839. Le diagnostic est radical. Le conflit n’est pas celui du peuple contre le gouvernement. Durham conclut que deux nations se font la guerre dans la même colonie : «/…/ et je m’aperçus qu’il serait vain d’essayer d’améliorer les lois et les institutions, avant d’avoir d’abord réussi à mettre un terme à la haine mortelle qui divise maintenant les habitants du Bas-Canada en groupes hostiles de Français et d’Anglais». Sa solution : l’union du Bas et du Haut-Canada.

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David Kirke 1597-1654Reproduction d’un dessin de Wendy Churchill (1999)Source : Queen Elizabeth II LibraryMemorial UniversitySt. John’s, NL

 

     David Kirke est chargé en 1627 par la couronne britannique d’évincer les Français du Canada. La guerre fait rage en Europe. Son expédition est commanditée par une compagnie de marchands de Londres dont son père, Gervase, fait partie. Cette aventure est une véritable affaire de famille puisque David est accompagné de ses quatre frères à bord de la flottille de trois navires qui fait voile à travers l’Atlantique.

    À l’été de 1628, Kirke et ses hommes sont à Québec. Ils font quelques prisonniers mais retournent en Angleterre devant la résistance de la petite colonie française dirigée par Samuel de Champlain. De retour l’année suivante, les Kirke obtiennent la reddition de Québec. Durant près de trois ans, les Anglais règnent sur la capitale de la Nouvelle-France. Les sources manquent pour décrire la vie à Québec durant cette période.

     De retour en France, Champlain apprend que la prise de Québec est survenue après que la paix eut été déclarée entre la France et la Grande-Bretagne. Le 29 mars 1632, le traité de Saint-Germain-en-Laye met officiellement fin au conflit. Québec et l’Acadie sont alors rétrocédés à la France. La domination de la «Company of Adventurers of Canada» sur Québec est terminée.

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