Archive pour février 2017 | Page d'archive mensuelle

Robert Brodie, Montreal, QC Photo de William Notman (1863). Source : Musée McCord

     Le 12 février 1891, au matin, une bouilloire de la machine à vapeur de l’usine de la Quebec Worsted Company explose. Cette usine se trouve à la Pointe-aux-Lièvres à Québec. Bilan : plus de 20 morts ; après enquête, le coroner conclut que le blocage d’une valve a provoqué de la surpression dans la chaudière. C’est la fin de cette entreprise qui avait démarré en 1881 sous le nom de Canada Worsted Company.

     Cette filature de laine a ouvert ses portes alors que plusieurs entrepreneurs tente de diversifier l’économie de la capitale québécoise, après la crise économique de 1873.  Robert Brodie la réorganise en 1883 sous le nom de Riverside Worsted Company. En 1885, l’entreprise dispose de 200 000 $ de capital mais peine à trouver la rentabilité. L’année suivante, l’usine prend le nom de Quebec Worsted Company mais son capital est limité à 60 000 $. Pierre Garneau dirige le conseil d’administration de la Quebec Worsted Co. mais reste incapable de faire fructifier la filature. La compagnie est vendue en 1890 à la Paton Manufacturing Company, entreprise de textile de Sherbrooke.

     Après la transaction, Robert Brodie demeure le seul Québécois sur le conseil d’administration de la compagnie. Suite à l’explosion de la chaudière, une assemblée spéciale des actionnaires mandate Brodie pour liquider la Quebec Worsted Company. Ceci met un terme momentané aux espoirs de développer l’industrie textile à Québec. La manufacture est en grande partie détruite mais sa machinerie est récupérée par la Paton qui en profite pour ouvrir à Sherbrooke une nouvelle unité de production de quatre étages spécialisée dans les serges.

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«Cellule de Nelson Mandela à la prison de Robben Island»Photo : Paul Mannix (2007)Source : Wikimedia Commons

     Nelson Mandela est incarcéré à Robben Island en 1964 pour trahison et sabotage. Il y passe 18 ans avant d’être transféré à la prison de Pollsmoor en 1982. En juin 1988, un concert est donné pour ses 70 ans au stade Wembley à Londres. Le concert est rediffusé devant un auditoire de 600 millions de personnes. Le retentissement mondial de ce spectacle force le gouvernement sud-africain à relâcher ses conditions de détention et à l’assigner à résidence. Le 11 février 1990, Mandela est libéré.

«Signalisation interdisant l’accès à une plage de Cape Town aux chiens et aux hommes de couleurs»Photo : Ullischnulli (1985)Source : Wikimedia Commons

     L’Afrique du Sud pratique alors la ségrégation de ses habitants en fonction de leur couleur de peau. Ce régime d’apartheid sévit dès le début du XXᵉ siècle et s’est renforcé après 1945. Nelson Mandela milite contre cette ségrégation et doit passer 27 années de sa vie en prison pour ses convictions. Condamné à la prison à vie,  Mandela est finalement libéré lorsque l’apartheid est dénoncé partout à travers le monde.

«Nelson Mandela vote lors des élections générales sud-africaines»Photo : Paul Weinberg (1994)Source : Wikimedia Commons

     Nelson Mandela s’avère un homme de compromis après sa libération. Il collabore avec le président afrikaner Frederik Willem de Klerck pour mettre un terme au régime d’apartheid. En 1993, les deux hommes remportent le prix Nobel de la paix pour ce travail. Le 27 avril 1994, Nelson Mandela devient le premier président de la République d’Afrique du Sud.

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The Rt. Honble. John-George Lambton, Baron Durham. Reproduction anonyme d’une estampe incluant un portrait de v. 1832 et une carte de v. 1834 (v. 1845) Source : BAC

 

     John-George Lambton est né à Londres en 1792. Il est issu d’une famille aristocratique anglaise dont les origines remontent au XIIIᵉ siècle. Créé baron en 1828, il est élevé au rang de vicomte Lambton et de comte de Durham en 1833. Influent personnage du parti Whig, Lord Durham est nommé gouverneur du Bas-Canada et du Haut-Canada en 1838.

     En plus d’être gouverneur en chef de toutes les colonies britanniques de l’Amérique du Nord, Durham est également mandaté comme commissaire enquêteur afin de faire rapport sur la crise politique et sociale qui frappe le Bas et le Haut-Canada. Dès qu’il accepte son poste en janvier 1838, Lord Durham amorce ses consultations sur les problèmes des deux colonies canadiennes. Il arrive à Québec le 27 mai 1838 et organise des comités pour enquêter sur les divers aspects de la vie coloniale. Il doit aussi régler rapidement la question des prisonniers politiques bas-canadiens.  Son ordonnance de juin 1838 à ce sujet semble remplie d’une certaine sagesse pour assurer la paix au Bas-Canada ; cependant, le caractère illégal de celle-ci, notamment le fait de prononcer la peine de mort contre des fugitifs et d’exiler des accusés sans procès provoque son désaveu. En octobre 1838, Durham résigne de son poste et rentre à Londres.

     Déjà, il a une bonne idée du rapport qu’il va présenter. Il en termine la rédaction en janvier 1839. Les ministres du gouvernement à Londres en reçoivent les épreuves le 31 janvier. Le rapport est présenté au ministère des Colonies quatre jours plus tard.  Le contenu du rapport coule alors et l’essentiel du contenu est publié peu à peu, au début février, dans le Times. Finalement, le rapport est déposé au Parlement londonien le 11 février 1839. Durham s’y affiche comme une réformateur avec des idées progressistes en prônant, entre autre, l’octroi du gouvernement responsable. Toutefois, Durham stigmatise la société bas-canadienne pour ses institutions féodales issues de la France d’Ancien Régime. Il constate que deux nations sont en guerre dans cette colonie et il prône l’union législative du Bas et du Haut-Canada pour y mettre un terme.

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