Archive pour novembre 2016 | Page d'archive mensuelle

Wolfred NelsonPhoto anonyme d’un dessin au crayon de plomb de Jean-Joseph Girouard fait en 1837 (s.d.)Source : BAC

     Le 23 novembre 1837, un contingent de 300 soldats de l’armée britannique dirigés par le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore attaque le village de Saint-Denis, au sud de la rivière Richelieu. Les troupes anglaises ont marché toute la nuit au froid et à la pluie pour atteindre Saint-Denis où 200 miliciens patriotes les attendent de pied ferme, barricadés dans des bâtiments de pierre à l’entrée du village.

     La bataille tourne à l’avantage des Patriotes. Prévenus de l’arrivée des Anglais, ils bénéficient de l’effet de surprise. Retranchés au sec avec un meilleur positionnement stratégique, les Patriotes repoussent l’attaque des Anglais obligés de manoeuvrer dans la boue. Après six heures de combat, Gore sonne la retraite. Les pertes des Patriotes s’élèvent à douze morts et sept blessés. Les Britanniques, eux, comptent six morts, dix blessés et six disparus.

    La victoire des Patriotes est largement attribuable au leadership du docteur Wolfred Nelson. Des proches rapportent qu’il déclare au début du combat : «Un peu de courage et la victoire est à nous» ! Ce politicien anglophone paiera cher son titre de héros de Saint-Denis. Capturé comme un traître en décembre 1837, il subit l’année suivante l’exil aux Bermudes loin de sa femme et de ses enfants. Il reviendra à Montréal en 1842 après une procédure de nolle prosequi menée par le procureur général de l’époque, Louis-Hyppolite La Fontaine.

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[John F. Kennedy motorcade,Dallas, Texas, Nov. 22, 1963]Photo : Victor Hugo King (1963)Source : Librairie du Congrès

 

     Le 22 novembre 1963, à 11h40, le président John F. Kennedy et la première dame des États-Unis, Jacqueline Bouvier, descendent de l’avion Air Force One à l’aéroport Love Field de Dallas au Texas. Le couple présidentiel monte dans une Lincoln noire décapotable, en compagnie du gouverneur du Texas, John Connally et de sa femme. Escorté par une douzaine de motards, le cortège présidentiel quitte l’aéroport pour traverser la ville de Dallas, en route vers le Trade Mart où un déjeuner est organisé pour le président Kennedy.

     Des balles atteignent John F. Kennedy à la tête et à la gorge lorsqu’il passe sur Elm Street pour contourner le Dealy Plaza. Quelques minutes plus tard, le décès du président Kennedy est constaté à l’urgence de l’hôpital Parkland. Immédiatement, son cadavre est transporté dans l’Air Force One qui quitte la ville de Dallas. En vol, le vice-président Lyndon B. Johnson, prête le serment pour succéder au président.

     Lee Harvey Oswald est arrêté la journée même pour ce crime. Deux jours plus tard, durant son transfert vers la prison du comté, il est abattu par Jack Ruby. L’assassinat de Kennedy reste entouré de mystère malgré la tenue d’une commission d’enquête sur son décès. Même si la version officielle reste celle du tireur isolé, la théorie du complot demeure bien documentée par plusieurs spécialistes.

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     À Québec, le 13 novembre 1806, Charles Roi imprime le prospectus d’un nouveau papier périodique. Cette publication insiste sur l’importance de la liberté de la presse et sur la nécessité de rétablir les faits suites à certaines insinuations publiées dans les pages du Quebec Mercury. Ce journal hebdomadaire avait été fondé en 1805 par Thomas Cary et publiait des textes défendant les intérêts de la bourgeoisie anglaise au Bas-Canada. Dans un style au vitriol, le Quebec Mercury présentait la montée de la majorité française à la Chambre d’assemblée comme une menace pour les marchands anglophones.

    Le lancement du Canadien le 22 novembre 1806 est la réponse à ces attaques. Le Parti canadien, dirigé par Pierre-Stanislas Bédard et ancêtre du Parti patriote, utilise les pages du Canadien pour véhiculer ses idées politiques et promouvoir la responsabilité ministérielle. Le Canadien adopte la devise «Fiat Justitia ruat Caelum» signifiant «Que justice soit faite même si le ciel s’écroule».

     Rapidement Le Canadien se donne comme mission d’éduquer la majorité de la population de ses droits constitutionnels et d’accélérer la prise de conscience de l’identité nationale des Canadiens. Ce journal permet à l’élite politique du Parti canadien d’exprimer sa vision de la nation canadienne. En quelques années, Le Canadien s’impose comme le principal journal de la colonie, ce qui ne l’empêche pas de voir ses presses saisies par les autorités britanniques lors de la crise sous James Craig en 1810.

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