Archive pour novembre 2016 | Page d'archive mensuelle

«Louis Hector de Callière»Reproduction d’une illustration anonyme (s.d.)Source : BANQ

 

     À la fin du XVIIᵉ siècle, la guerre fait rage entre la Nouvelle-France et les nations iroquoises. En 1696, Louis-Hector de Callière, gouverneur de Montréal, dirige l’attaque de 2 000 hommes contre les Onontagués et les Onneiouts. Même si cette armée n’engage pas le combat directement, elle saccage le territoire du sud du lac Ontario où réside les Amérindiens et porte un rude coup à leur moral. Callière s’impose alors comme chef militaire de la colonie, dirigeant les troupes en selle sur un cheval qui lui a été amené depuis Montréal. Officiellement, le gouverneur Louis de Buade, comte de Frontenac, commande les opérations mais sa santé le force à être porté dans un fauteuil, à l’arrière de l’armée.

     Au décès de Frontenac, Callière lui succède par intérim.  Son frère, François de Callières, est le premier à annoncer cette nouvelle au roi Louis XIV tout en soumettant la requête de Louis-Hector d’accéder au poste de gouverneur de la Nouvelle-France. Le roi y consent immédiatement laissant l’émissaire de Philippe de Rigaud de Vaudreuil, qui convoitait le poste, revenir à Québec bredouille. Callière demeure gouverneur jusqu’à sa mort en 1703. C’est à ce titre qu’il négocie et signe la Grande Paix de Montréal le 4 août 1701.

     Le gouverneur de Callière met par contre en doute l’ouverture d’un fort à Détroit, craignant de rompre la paix conclue avec les Amérindiens. Il réclame également de gouverner la Louisiane mais sa requête reste sans succès.  Un plaque commémore l’emplacement de son château à Montréal.

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«Statue de Frontenac sur la façade de l’Hôtel du Parlement de Québec»Photo : Jean Gagnon (2009)Source : Wikimedia Commons

     Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, est un militaire de carrière.  Il devient le gouverneur de la Nouvelle-France en 1672. Il occupe ce poste une dizaine d’années avant d’être rappelé en France. Frontenac revient dans la colonie pour un second mandat en 1689.  Sa défense de Québec face à la flotte de William Phipps a fait sa renommée.

     À l’automne 1698, la santé de Frontenac décline.  En proie à des crises d’asthme, il doit dormir assis dans un fauteuil.  Son état empirant, il fait la paix avec deux adversaires de ses politiques, l’intendant Jean Bochart de Champigny et l’évêque Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier.

     Le 28 novembre 1698, Frontenac décède après avoir reçu l’extrême-onction. Ses obsèques ont lieu à l’église des Récollets où il est inhumé. Son coeur est enfermé dans une urne métallique et envoyé à son épouse pour être déposé dans la chapelle des Montmort en l’église de Saint-Nicolas-des-Champs à Paris. Une rumeur invérifiable veut que cette dernière l’a retourné à Québec. Après l’incendie de l’église des Récollets en 1796, les restes de Frontenac sont déposés dans la cathédrale Notre-Dame-de-Québec.

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«L’arrestation d’un Patriote»Reproduction d’un dessin anonyme datant de ca1837-1838 (2000)Source : www.1837.qc.ca

     Au début de novembre 1838, le Conseil spécial du Bas-Canada émet une ordonnance pour suspendre l’habeas corpus. C’est la seconde fois en un an que cette mesure d’exception est appliquée. L’arrestation de 855 Patriotes va suivre : 816 à Montréal, 19 à Sherbrooke, 18 à Québec et 2 à Trois-Rivières. Le 27 novembre 1838 la cour martiale est instituée pour juger 108 Patriotes.

     Entre le 6 décembre 1838 et le 1ᵉʳ mai 1839, ce sont 108 Patriotes du Bas-Canada qui sont traduits en cour martiale. De ce nombre, seulement neuf sont acquittés alors que les 99 autres sont condamnés à mort. Parmi ceux-ci, 12 sont pendus en public; 58 voient leur peine commuée en déportation vers l’Australie, 26 sont libérés sous caution et 3 sont libérés sous condition.

     La répression du mouvement patriote au Bas-Canada est cependant beaucoup plus intense dans son ensemble.  Pour en saisir l’ampleur, il faut tenir compte de tous ceux qui ont été emprisonnés, déportés, exilés ou pendus entre 1837 et 1840 pour avoir été un Patriote. C’est un total de 1 366 hommes qui sont incarcérés : 228 en 1837, 890 en 1838, 119 en 1938 et un en 1840.

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