Archive pour septembre 2016 | Page d'archive mensuelle

«Enseigne du Joel Stone Heritage Park»Photo : ARuddock (2015)Source : Wikimedia Commons

 

     La proximité de la frontière américaine avec celle du Haut-Canada le long du fleuve Saint-Laurent est une source de préoccupation pour l’armée britannique dès le début du XIXᵉ siècle. Quelques ouvrages sont aménagés le long de cette voie d’eau afin d’en améliorer la défense en cas de conflit.  Le 21 septembre 1812, au début de la guerre de 1812, les Américains font un raid contre Gananoque, un petit village du Haut-Canada où se trouve un dépôt d’armes. Le capitaine Benjamin Forsyth commande cette attaque à la tête des troupes américaines formées d’environ 200 hommes, soldats réguliers et miliciens en provenance de Sackets Harbor dans l’État de New York.

     Gananoque joue alors un rôle important dans la ligne d’approvisionnement entre Kingston et Montréal. Une petite garnison de trois cents hommes de milice dirigée par le colonel Joel Stone assure la sécurité du comté de Leeds où se trouve Gananoque. Lors du raid de 1812, le colonel Stone est absent et moins de 70 miliciens peuvent affronter les Américains. Grâce à sa supériorité numérique, le capitaine Forsyth maîtrise rapidement les lieux. Il s’empare des magasins du gouvernement britannique et les détruit. Il pille aussi la résidence du colonel Stone dont l’épouse est blessée par balle.

     Les Américains retraitent ensuite à Sackets Harbor avec leurs prisonniers, bien conscients qu’ils ne peuvent affronter une armée de soldats réguliers. Rapidement, une petite armée de réguliers et de miliciens est dépêchée à Gananoque dont l’importance stratégique devient évidente. Bien que la majorité des biens nécessaires à la guerre est transportée par bateau, les ordres et les documents secrets sont aussi transportés à cheval entre Prescott et Kingston. Sous l’impulsion du colonel Stone, un fortin militaire est construit à Gananoque et une garnison de réguliers y est stationnée.  Gananoque n’a jamais plus été attaqué depuis.

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Affiche du festival en 1946 par LeblancSource : Wikilinks

     Au début des années 1930, la Biennale de Venise organise un festival cinématographique, la Mostra. La montée du fascisme italien transforme l’événement en démonstration politique. Les vainqueurs sont imposés au jury international et servent la propagande faciste et nazie. Les Français réagissent en décidant d’organiser un festival à Cannes qui sera ouvert à tous les pays et libre de pressions politiques. Ce festival doit débuter en septembre 1939 mais l’invasion de la Pologne par l’Allemagne met le projet en veilleuse.

     L’aventure renaît après la guerre. Le 20 septembre 1946, le Festival international du film débute. L’événement gardera ce nom jusqu’en 2002. Les projections se déroulent dans l’ancien casino de Cannes. Avec des oeuvres provenant de 18 pays, le festival est un succès immédiat.

     À ses débuts, le festival est un événement mondain. Presque tout les films obtiennent un prix. Peu à peu, la venue des vedettes et les efforts de promotion des distributeurs transforment le Festival de Cannes en un des événements les plus médiatisés de la planète.

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Le Moyne d’IbervilleReproduction d’une estampe datant de 1881 (s.d.)Source : BAC

     La guerre de la Ligue d’Augsbourg se déroule en Europe de 1688 à 1697. En Amérique, le conflit se déroule avec des enjeux différents et porte les noms de Première Guerre intercoloniale ou encore de King William’s War. Les affrontements se produisent entre la Nouvelle-France et les colonies britanniques au sujet du contrôle des fourrures à la baie d’Hudson et autour des Grands Lacs et aussi pour le contrôle des pêcheries dans le golfe du Saint-Laurent.

     La paix est conclue en 1697 à Ryswick, au Pays-Bas. Ces ententes sont ratifiées par deux traités différents.  Le premier est signé le 20 septembre et traite spécifiquement du destin des colonies. L’article VIII se lit comme suit : «Tous les Pays, Villes, Places, Terres, Forts, Isles et Seigneuries, tant au dedans qu’au dehors de l’Europe, qui pourroient avoir été pris et occupés depuis le commencement de la presente Guerre, seront restitués de part et d’autre au même état, qu’ils étoient pour les Fortifications lors de la prise, et quant aux autres Edifices, dans l’état qu’ils se trouveront, sans qu’on puisse y rien detruire ny deteriorer, sans aussi qu’on puisse pretendre aucun dedommagement pour ce qui auroit pû estre demoli ; Et nommement le Fort et habitation de Pondichery sera rendu aux conditions susdites à la Compagnie des Indes Orientales establie en France ; Et quant à l’Artillerie qui y a esté amenée par la Compagnie des Indes Orientales des Provinces Unies elle luy demeurera ainsi que les munitions de Guerre et de bouche, Esclaves, et tous les autres effets, pour en disposer comme il luy plaira, comme aussi des terres, droits et privileges qu’elle a acquis tant du Prince que des habitans du Pays».

     En d’autres termes, les conquêtes françaises en Amérique du Nord sont toutes annulées. En effet, après la défaite de William Phipps à Québec en 1690, les troupes française sous la direction de Pierre LeMoyne d’Iberville  réussissent, entre 1692 à 1696, à chasser les Anglais de la plus grande partie de l’Acadie et de la baie d’Hudson tout en saccageant les pêcheries anglaises à Terre-Neuve. Les diplomates européens ne réussirent pas à s’entendre sur la portée de ces conquêtes dont certaines persistèrent malgré les dispositions du traité.

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