Archive pour septembre 2016 | Page d'archive mensuelle

Louis-Joseph, Marquis de MontcalmPhoto anonyme de la copie d’une huile sur toile datant de ca1871 et conservée par la famille Montcalm (s.d.)Source : BAC

 

     La bataille des plaines d’Abraham est tragique pour les deux généraux adversaires. James Wolfe meurt au combat, frappé de deux balles en pleine poitrine. Louis-Joseph de Montcalm trépasse le lendemain de la bataille, le 14 septembre 1759. Des détails sur les derniers moments de sa vie sont parvenus jusqu’à nous. Blessé, le marquis rentre à Québec sur son cheval noir, soutenu par trois de ses officiers. Il tente de se faire rassurant en déclarant aux femmes qui peinent à le voir en si piteux état : «Ne vous affligez pas pour moi!». Il est conduit à la maison du chirurgien André Arnoux. Ce dernier est absent et c’est son frère qui panse les blessures du chef de l’armée française. Informé de son décès imminent, Montcalm se prépare à mourir en mettant de l’ordre dans ses affaires et en recevant les derniers sacrements.

     Le décès de Montcalm est peu glorieux.  Il réalise peut-être la devise de son blason familial : «La guerre est le tombeau des Montcalm» ; toutefois, les circonstances sont moins intéressantes. Ses décisions sur le champ de bataille à Québec sont critiquées par plus d’un. L’historien William John Eccles, biographe de Montcalm, écrit : «L’ennemi virtuellement à sa merci, Montcalm choisit la seule ligne de conduite qui lui garantissait la défaite. Il décida d’attaquer sur-le-champ avec les troupes qu’il avait sous la main, sans attendre que Bougainville le rejoigne avec ses hommes». Après la défaite, la retraite vers Québec est désordonnée.  Tout juste avant de franchir la porte Saint-Louis, Montcalm est atteint mortellement. Il décède le lendemain matin, à l’aube, son armée vaincue et ses officiers abandonnant la capitale.

     Ses funérailles ont lieu le jour même du décès. Quelques planches sont assemblées à la hâte pour lui servir de cercueil et il est inhumé dans un cratère d’obus, sous la chapelle des ursulines. Louis XV et ses ministres ne le tiennent pas responsable de la capitulation, probablement pour sauver l’honneur de l’armée française. En 1828, un monument à sa mémoire et à celle de Wolfe est érigé dans les jardins du gouverneur, à la Haute-Ville de Québec. En 1859, cent ans après sa mort, une importante cérémonie religieuse a lieu dans la chapelle des Ursulines pour rappeler le souvenir du marquis de Montcalm. Par la suite, l’interprétation de son rôle à Québec est l’affaire des historiens. En 2001, les restes de Montcalm sont transférés dans un mausolée au cimetière de l’Hôpital-Général de Québec dans le cadre de l’inauguration du mémorial de la guerre de Sept Ans.

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«Saint Constantin et sainte Hélène»Icône bulgare du XIXe siècle inspirée de l’oeuvre de Zahari Zograf et photographiée par Brosen (2004)Source : Wikimedia Commons

     Hélène est la mère de l’empereur Constantin. C’est lui qui proclame le christianisme comme religion officielle de l’Empire romain. En 326, elle se rend en pèlerinage en Palestine. Elle fait faire des fouilles sur les lieux du Calvaire afin de trouver la Vraie Croix.

     Cette relique est finalement retrouvée et divers miracles y sont immédiatement associés. Le 14 septembre 335, les Pères de l’Église réunis à Jérusalem décrètent que cette journée servira désormais de fête annuelle d’exaltation de la Croix.

     La fête se répand peu a peu. Elle prend finalement de l’ampleur en 627, suite au périple d’Héraclius Ier, après le retour de la Croix prise à Jérusalem par les Perses au début du VIIᵉ siècle. Plusieurs fragments de la Croix se retrouvent ensuite à travers la chrétienté.

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The Death of General WolfeHuile sur toile de Benjamin West datée de 1770 et photographiée par The Yorck Project (ca1995-2004)Source : Wikimedia Commons

     Au XVIIIᵉ siècle, l’expansion britannique au coeur de l’Amérique du Nord heurte les intérêts mercantilistes de la France sur ce continent. Le conflit est vif, principalement dans la vallée de l’Ohio. La lutte pour le contrôle des pêcheries dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent est également une importante source de friction. En 1754, la guerre de la Conquête débute pour déterminer qui de la France ou de la Grande-Bretagne contrôlera le territoire nord-américain.

     Dans ce contexte, le siège de Québec s’amorce et dure tout l’été 1759. Dès la mi-juillet, la capitale de la Nouvelle-France subit un bombardement en règle qui réduit une partie de la ville en ruine. Le 31 juillet, les troupes françaises repoussent victorieusement une tentative de débarquement à Montmorency, près de Beauport. Le 13 septembre 1759, les troupes anglaises prennent les Français par surprise en escaladant les hauteurs de Québec à partir de l’Anse-au-Foulon. Vers 10h AM, un bref combat est engagé. Les deux commandants, James Wolfe et Louis-Joseph de Montcalm, sont blessés mortellement. Désorganisées, les troupes françaises reculent et se réfugient dans la ville. Québec capitule le 18 septembre suivant.

     En prenant Québec, les Anglais capture la clé de voûte de la Nouvelle-France. Le traité de Paris en 1763 vient sceller cette défaite. La bataille de plaines d’Abraham entre dans l’Histoire. Elle prend ensuite des proportions mythiques, selon les différents courants de l’historiographie. Encore récemment, son récit donne lieu à des publications qui permettent de mieux comprendre cet événement et les interprétations qui en sont données.

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