Archive pour août 2016 | Page d'archive mensuelle

«Carrie Chapman Catt»Photo anonyme (ca1914).Source : Librairie du Congrès

     Les revendications américaines en faveur du suffrage féminin débutent au XIXᵉ siècle, pendant la présidence d’Andrew Jackson. En 1838, le Kentucky donne le droit de vote aux femmes lors des élections scolaires. Cette mesure est ensuite reprise dans plusieurs États. En 1869, le Wyoming permet le vote des femmes. En 1887, le Kansas accorde aux femmes le droit de vote lors des élections municipales. Ces mesures novatrices sont copiées dans quelques autres États mais restent des cas isolés à l’aube de la Première Guerre mondiale.

     La lutte pour le droit de vote des femmes est alors menée par la National American Woman Suffrage Association dont la présidente est Carrie Chapman Catt. Elle dévoile en 1916 son «Plan de la victoire» pour obtenir aux États-Unis l’égalité entre les femmes et les hommes en matière de droit de vote.

     Un amendement à la constitution américaine en ce sens reçoit l’appui du président Woodrow Wilson en 1918. Le projet est cependant rejeté au Sénat par quelques votes. En février 1919, la proposition d’amendement est rejetée à nouveau, mais seulement par une voie. Le projet revient devant la Chambre des représentants pour être adopté en mai 1919. Le Sénat en fait de même en juin suivant. Les deux tiers des États américains doivent entérinés cette loi pour qu’elle entre vigueur.  Cette condition est remplie le 18 août 1920 lorsque le XIXᵉ amendement est adopté par le Tennessee.

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«SS Royal William 1834»Reproduction d’une peinture anonyme (s.d.)Source : Wikimedia Commons

 

     Au début du XIXᵉ siècle, la navigation à vapeur se développe en Amérique du Nord.  En août 1809, L’Accommodation devient le premier navire à vapeur à naviguer sur le fleuve Saint-Laurent.  Puis, en 1815, Le Frontenac est le premier bateau à vapeur à naviguer sur le lac Ontario , en instaurant un service régulier entre Prescott et York, futur ville de Toronto.  La présence des vapeurs est de plus en plus fréquente dans les années qui suivent mais leur usage reste réservé au cabotage dans les eaux intérieures.

     La situation change au début des années 1830. John Saxton Campbell et George Black construisent alors dans leur chantier naval de l’anse au Foulon à Québec un immense navire à vapeur, le SS Royal William. Les turbines à vapeur, elles, sont construites et assemblées à Montréal. Le lancement du bateau a lieu le 27 avril 1831 sous le patronage du gouverneur Matthew Withworth-Aylmer et de lady Aylmer, née Louisa Anne Call. Durant deux ans, le Royal William effectue plusieurs voyages entre Québec et les colonies britanniques de l’Atlantique.

     L’épidémie de choléra de 1832 force la mise en quarantaine du Royal William et entraîne des pertes de 16 000£ à ses propriétaires. L’année suivante, ceux-ci décident de l’expédier en Angleterre pour le vendre au plus offrant. Le 18 août 1833, le Royal William quitte Pictou en Nouvelle-Écosse avec sept passagers, une petite cargaison et une pleine charge de charbon. Il arrive à Gravesend, sur le bord de la Tamise, 25 jours plus tard.  Le Royal William est un des premiers navires à réaliser la traversée uniquement à la vapeur, n’ayant fait voile qu’une journée pour s’assurer de l’entretien de la bouilloire.  De 1831 à 1837, le Royal William d’une longueur de 160 pieds et d’une largeur de 44 pieds est le plus important navire de passagers au monde. Il est acquis par la marine espagnole en septembre 1834 et est renommé Isabella II, nom porté jusqu’à son naufrage en janvier 1860 dans la baie de Gibraltar.

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Winston Churchill, politicien et historienPhoto : Youssef Karsh (1941)Source : BAC

 

     Le 10 août 1943, William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada, annonce que le premier ministre de la Grande-Bretagne est à Québec. Bien que les journaux de l’époque annoncent sa participation à une conférence tripartite «Canada – États-Unis – Grande-Bretagne», la présence de Churchill et celle des chefs militaires anglais visent d’abord à faciliter la rencontre avec Franklin Delano Roosevelt et ses généraux.  Quoiqu’en dise à l’origine les médias canadiens, le Canada ne participera pas aux discussions militaires que feront les état-majors en vue de planifier la conduite de la guerre contre l’Allemagne nazie et ses alliés.

     Dès le 31 juillet précédent, le Château Frontenac apprend que le gouvernement canadien réquisitionne l’hôtel. Les 850 clients doivent quitter leur chambre sans autre explication tandis que l’État canadien verse une compensation quotidienne de 8 000$ pour l’usage du Château. Les militaires  y installent dactylos et appareils de communication.  L’armée et la police déploient ses tentes et ses barbelés pour sécuriser les lieux ; le téléphone est coupé et des projecteurs scrutent le ciel pour prévenir une attaque ennemi. Nul ne peut circuler près du Château Frontenac et de la Citadelle sans un laissez-passer.

     L’arrivée de Roosevelt le 17 août marque le début des véritables discussions pour «Quadrant», le nom de code de la conférence. Jusqu’au 24 août suivant, d’importantes décisions sont prises à huis clos. La perspective de la capitulation imminente de l’Italie incite Anglais et Américains à planifier un débarquement en Normandie. Le débarquement est fixé pour le mois de mai 1944 et son organisation est confiée aux Américains, sous le commandement de Dwight David Eisenhower. Il aura finalement lieu le 6 juin. La poursuite de l’offensive aérienne contre l’Allemagne et le Japon est également décidé à Québec en 1943.  En septembre 1944, une seconde conférence réunira les mêmes acteurs à Québec pour planifier la conclusion de la guerre.

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