2 mai 1660

Bataille du Long-Sault

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«Dollard des Ormeaux»
Photo anonyme de la sculpture d’Alfred Laliberté datant de 1920 (1960)
Source : BAC

 

     Adam Dollard des Ormeaux est un personnage mythique de l’Histoire du Canada. Il arrive à Montréal vers 1658 et agit comme «commandant en la garnison du fort de Ville-Marie». Il est injustement accusé par l’historiographie canadienne-anglaise mené par Edward Reginald Adair en 1932 d’être un voleur et une forte tête. Au contraire, il est adulée comme un apôtre de l’évangélisation par plusieurs historiens du XIXᵉ siècle. Bref, une vive controverse sur son rôle exact dans la Nouvelle-France du XVIIᵉ siècle.

     La renommée de Dollard des Ormeaux provient du combat qu’il a mené avec une poignée d’hommes lors de la bataille du Long-Sault en 1660. En avril de cette année-là, Dollard quitte Ville-Marie avec seize autres Français en direction de la rivière des Outaouais. Une première escarmouche avec des guerriers iroquois près de l’île Saint-Paul entraîne la mort de trois de ses hommes. Dollard et sa troupe reviennent ensuite à Ville-Marie pour les obsèques des défunts. Ce sont dix-sept combattants français qui reprennent leur expédition accompagné d’une quarantaine d’Autochtones alliés des tribus huronnes et algonquines.  Ils arrivent au Long-Sault le 1ᵉʳ mai et sont immédiatement repérés par leurs ennemis, largement supérieurs en nombre.  Entre 600 et 800 Agniers, Onontagués et Onneiout sont rassemblés à cet endroit, vraisemblablement pour enhavir la Nouvelle-France. Le combat débute le lendemain, 2 mai, et dure jusqu’au 9, au 10 ou au 12 mai suivant, selon les sources. Après plusieurs assauts, un combat sans merci s’engage. Les Français tentent de lancer un baril de poudre sur leurs assaillants mais une erreur fait exploser la bombe à l’intérieur de leur retranchement. Ceci provoque une brèche qui permet aux attaquants de pénétrer la palissade de protection des positions françaises où ils ne trouvent que neuf survivants.

     Aucun Français ne revient vivant et seuls quelques Amérindiens réussissent à s’échapper pour rapporter les événements à Ville-Marie et à Québec. La présence d’une armée iroquoise aussi nombreuse et la résistance héroïque de Dollard permettent-elle de voir dans la bataille du Long-Sault un fait d’arme qui assure la survie de la colonie ? Idéalisée, cette victoire mythique devient l’objet de célébration identitaire le troisième lundi de mai durant une bonne partie du XXᵉ siècle.  La fête de Dollard devient le pendant canadien-français de la fête de la Reine. Mais l’analyse historique dégonfle le mythe et la biographie écrite par André Vachon en 1966 démontre comment l’exploit du Long-Sault a été instrumentalisé. Véritable «lieu de mémoire», l’histoire de Dollard a laissé une importante trace documentaire. Ce patrimoine «représente une richesse culturelle qui mérite d’être conservée et transmise collectivement si elle permet de comprendre le sens qu’ont pris Dollard des Ormeaux et son combat dans le parcours historique des Canadiens français aux XIXe et XXe siècles».

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