1er juin 1950

Premier numéro de Cité libre

« Page couverture de Cité libre, vol. 1, no. 1, juin 1950 »

Photo anonyme (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

     C’est en juin 1950 que le premier numéro de Cité libre est publié. Cette revue réunit des intellectuels qui tiennent un discours moderniste contestant les valeurs traditionnelles de la société québécoise. La publication est laïque mais s’inscrit dans la mouvance de la gauche chrétienne. Elle devient rapidement un véhicule de contestation du duplessisme. Leur objectif est ainsi défini : « Nous avons quelque chose à dire. Mais le silence n’est pas facile à rompre publiquement; il fallait qu’une équipe s’en fît une obligation. Ceci n’est donc qu’un premier mot, une intervention initiale et qui doit déclencher le débat. Chacun de nos articles veut être une invitation à ceux de trente ans et moins qui n’ont pas encore parlé, à ceux-là aussi qui en ont eu l’occasion mais qui n’ont pas pu dire ce qui leur tenait le plus à cœur ».

     À l’origine, la revue est la propriété de l’équipe de rédaction. Le premier numéro est tiré à cinq cents exemplaires et a coûté 250 $. En vendant chacun cinquante exemplaires à 50 ¢, les dix fondateurs réussissent à faire leur frais. Cette liste initiale de rédacteurs comprend : Maurice Blain, Réginald Boisvert, Guy Cormier, Jean-Paul Geoffroy, Pierre Juneau, Jean Le Moyne, Gérard Pelletier, Roger Rolland, Pierre Elliot Trudeau et Pierre Vadeboncoeur.

     Les idées véhiculées par Cité libre sont influencées à l’origine par le personnalisme tel que diffusé par Édouard Mounier et la revue Esprit. Cette idéologie cherche une voie humaniste entre le capitalisme libéral et le marxisme. Cependant, Cité libre ne fait pas l’unanimité chez les intellectuels. Ainsi, le philosophe Charles De Koninck va démontrer les problèmes que pose au bien commun, la vision désincarnée d’un « Grand état » universel et multiculturel que prône la revue.

Par François Droüin; version révisée le 28 mai 2018.

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