12 octobre 1535

Jacques Cartier découvre l’usage du tabac

« Jean Nicot 1530-1600 »

Illustration : Albin Michel, éd. (1876)

Source : Wikimedia Commons

     Entre 1300 et 1500, environ vingt-cinq nations de langues iroquoises habitent dans la vallée du Saint-Laurent et à l’est des Grands Lacs. Ce sont des membres de ces Premières Nations que l’explorateur français Jacques Cartier rencontre lors de ses voyages de 1534, 1535 et 1542. Stadaconé et Hochelaga sont autant de villages iroquois que le navigateur malouin va visiter et revendiquer au nom du roi François Ier. Les recherches archéologiques et linguistiques des dernières années ont permis de mieux connaître ces populations. Nous savons maintenant que les « /…/ Iroquoiens du Saint-Laurent étaient un peuple semi-sédentaire qui pratiquait une agriculture basée sur le maïs et une horticulture produisant les haricots, les courges, le tabac et les tournesols ».

     En octobre 1535, Jacques Cartier a complété son voyage à Hochelaga. Le 11 octobre, il est de retour au havre Sainte-Croix, situé au confluent des rivières Saint-Charles et Lairet, là où l’on retrouve aujourd’hui le parc Cartier-Brébeuf. Le lendemain, il est invité à Stadaconé. Il est stupéfait de voir les scalps de cinq hommes, des ennemis des Stadaconiens. Mais il va aussi découvrir l’usage du tabac. Voici comment il décrit cette première expérience : « Ils ont aussi une herbe, de quoi ils font grand amas durant l’été pour l’hiver, laquelle ils estiment fort, et les hommes seulement en usent, en la façon qui ensuit : ils la font sécher au soleil, et la portent à leur cou en une petite peau de bête, en lieu de sac, avec un cornet de pierre ou de bois. Puis, à toute heure, font poudre de ladite herbe, et la mettent en l’un des deux bouts dudit cornet. Puis, ils mettent un charbon de feu dessus et sucent par l’autre bout, tant qu’ils s’enflent le corps de fumée, tellement qu’elle leur sort par la bouche et par les narines, comme par un tuyau de cheminée. Ils disent que cela les tient sains et chaudement; ils ne vont jamais sans avoir ces choses. Nous avons expérimenté ladite fumée. Après l’avoir mise dans notre bouche, semble y avoir mis de la poudre de poivre, tant est chaude ».

     Les Espagnols avaient eux aussi constaté que les habitants de l’Amérique consommaient ce produit qui fut d’abord nommé pétun. La plante a même des vertus médicinales selon certains. En 1560, Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal, en fait cadeau à Catherine de Médicis pour soigner les migraines de son fils. Même si la poudre est alors nommée herbe à Nicot, c’est finalement le terme tabac qui est retenu!

Par François Droüin; version révisée le 7 janvier 2019.

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